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Répartition des richesses et vérité des prix

par Jacques COTTA, le 3 avril 2019

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La répar­ti­tion des riches­ses, le pou­voir d’achat, la pos­si­bi­lité de finir le mois, la volonté d’une vie digne sont les exi­gen­ces qui se trou­vent au centre du mou­ve­ment social des GJ. Les macro­nis­tes en géné­ral trou­vent ces argu­ments exa­gé­rés. Il n’y a qu’un pas pour qua­li­fier de popu­lis­tes ceux qui les emploient. Macron lui-même à force de long blabla bap­tisé « grand débat » a tenté de détour­ner de son véri­ta­ble objet la signi­fi­ca­tion du mou­ve­ment social des GJ. Mais la réa­lité rat­trape tout ce beau monde au galop. Les chif­fres sont impla­ca­bles.

  • 36,8 millions d’euros, c’est le montant des indemnités que touchera le patron d’Airbus, Tom Enders, à compter de son départ à la retraite le 10 avril prochain.

Il n’y aurait rien à dire puis­que l’entre­prise est basée ailleurs, dans un para­dis fiscal bien utile pour l’occa­sion…
Mais il ne s’agit pas d’un cas isolé. Il n’est que l’illus­tra­tion du sys­tème qui per­dure.

  • Thierry Pilenko touchera un paquet global « de 14 millions d’euros » pour son départ en mai 2019, malgré la perte de près de 2 milliards de dollars essuyée en 2018 par le groupe franco-américain d’équipements pétroliers, TechnipFMC.
  • Benjamin Smith à la tête d’Air-France KLM est concerné par 4,25 millions d’euros par an, dont 900.000 euros de fixe, trois fois plus que son prédécesseur Jean-Marc Janaillac, qui touchait 1,12 million d’euros en 2017, dont 600.000 euros de fixe.

A noter au pas­sage les licen­cie­ments, les blo­ca­ges de salai­res, les absen­ces de recru­te­ment au nom de la dif­fi­culté de la com­pa­gnie aérienne… Ceci expli­quant sans doute cela.
En remon­tant dans le temps, on voit bien que malgré les grands dis­cours mora­li­sa­teurs les mêmes pra­ti­ques per­du­rent. Les action­nai­res bien servis votent d’une seule main des pri­vi­lè­ges inouïs aux patrons des boites qui n’ont eu de cesse que de leur verser divi­den­des sur divi­den­des…

  • Les actionnaires du groupe carrefour avaient approuvé à une large majorité une rémunération de 13,17 millions d’euros en 2017 pour l’ancien patron de Carrefour, Georges Plassat.
  • Le 29 mars 2016, l’AG du groupe automobile PSA approuve à 76,53% le quasi-doublement du salaire du président du directoire Carlos Tavares, à 5,24 millions d’euros
  • En août 2015, un parachute doré de 14 millions d’euros sur trois ans est offert à Michel Combes par l’équipementier télécom Alcatel-Lucent à l’occasion de son départ pour la direction de Numéricable-SFR. Après un tollé général il ne touchera que 7 millions d’euros environ, une misère…

Le cas sanofi est par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant. Près de trois mil­lions d’euros sont versés par le groupe phar­ma­ceu­ti­que à Chris Viehbacher, comme indem­nité après son éviction… Il est rem­placé par un nou­veau direc­teur géné­ral, Olivier Brandicourt. Et bien en février 2015, syn­di­cats et petits action­nai­res s’élèvent contre la prime de bien­ve­nue de 4 mil­lions d’euros qui lui est attri­buée. Sans doute le jack pot si on consi­dère qu’il pas­sera par la case départ à un moment ou un autre et que, comme c’est d’usage, il retou­chera à l’occa­sion….

Deux leçons résis­tent au temps :

1/ Les réac­tions offus­quées ne man­quent pas. Les res­pon­sa­bles poli­ti­ques pro­tes­tent. Le Medef fait de même. L’organe de régu­la­tion du CAC 40 s’insurge… Mais la lutte des clas­ses se pour­suit, dans un rap­port de forces qui voit les uns -une infime mino­rité- s’enri­chir sans ver­go­gne lors­que le plus grand nombre, des mil­lions, subis­sent, s’appau­vris­sent.

2/ Stéphane Le Foll, à l’époque porte paro­les du gou­ver­ne­ment Hollande-Valls, jugeait « ces pra­ti­ques incom­pré­hen­si­bles ». Fallait-il vrai­ment être minis­tre socia­liste pour ne pas com­pren­dre ?

La réa­lité est pour­tant assez simple. Malgré toutes les manoeu­vres et les incan­ta­tions, parce qu’il s’agit de ques­tions maté­riel­les pré­ci­ses, de la pos­si­bi­lité de vivre tout sim­ple­ment pour des mil­lions de fran­çais et de famil­les, parce que l’UE et le sys­tème dans lequel s’ins­crit Macron, son gou­ver­ne­ment, sa majo­rité indui­sent les iné­ga­li­tés, les pri­vi­lè­ges de quel­ques-uns et l’aus­té­rité pour les autres, le mou­ve­ment des GJ, quel qu’en soit l’issue immé­diate, risque bien de n’être que la répé­ti­tion géné­rale d’affron­te­ments majeurs qui s’annon­cent.

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