Dans le cadre de la préparation du budget 2027 qui devrait être adopté à la fin de l’année, Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et le gouvernement sont en train de travailler dans la plus grande discrétion pour prévoir une série de mesures d’une gravité extrême, histoire de quitter la scène en beauté.
En préambule, les arguments ressassés dans les cercles européens et patronaux sont rappelés. Il faudra revenir aux 3 % de déficit dans les trois ans dans un contexte d’économie de guerre qui nécessite des milliards pour l’industrie d’armement… Il faudra donc des mesures à la hauteur, définir où et comment couper de façon radicale.
Les mesures ne sont pas très originales.
Le ministre des Comptes publics, David Amiel indique :
« La priorité du budget 2027 doit être la baisse de la dépense publique ».
Il reprend les chiffres de 30, 40 ou 60 milliards de coupes éventuelles, chiffres soufflés par l’OFCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques, et par la Commission européenne.
Philippe Juvin, le rapporteur général (LR) du budget à l’Assemblée nationale, précise :
« Nous avons deux grosses fuites : les dépenses de santé et les retraites »…
Nous y voilà. L’histoire se répète au point d’être lassante non ?
En réalité, ce sont les services publics indispensables aux Français dans lesquels ils prévoient de couper. Concrètement, cela concerne des centaines de fermetures dans les hôpitaux, fermetures de lits ou de services, un reste à charge explosif interdisant plus encore à des millions de se soigner, une nouvelle « réforme » des retraites permettant de remettre à l’ordre du jour une forte diminution des pensions et de repousser l’âge de départ à 67 ans, une remise en question d’une série d’allocations, dont celles concernant le chômage, des milliers de classes liquidées dans les écoles, des heures de cours supprimées dans les collèges et les lycées, une justice réduite qui annonce de beaux jours pour toutes les « Lyhanna », d’autant qu’à croire Macron, rien n’est une question de moyens, etc…
La politique préconisée comprend une baisse drastique des emplois dans le service public, un blocage des salaires, et comme le public sous l’action gouvernementale donne l’exemple, une trajectoire identique dans le privé. L’emploi et les salaires vont donc être l’objet de toutes les attentions gouvernementales et patronales et l’enjeu d’affrontements inévitables.
Comme à chaque occasion, la sécurité sociale dont les milliards sont convoités par les grands fonds financiers, par les banques, par les capitalistes est en ligne de mire.
Pour imposer sa politique et ses mesures, le gouvernement est confronté à une réelle difficulté. Le budget 2026 a été adopté à l’assemblée nationale grâce au parti socialiste. Pour le budget 2027, à moins de reprendre le flambeau macroniste ouvertement ce qui serait absurde et suicidaire de la part de tous ceux qui veulent sauver leur poste, il sera difficile pour le parti socialiste, en période pré électorale, à la veille des présidentielles et de nouvelles législatives, de rejouer la béquille de la macronie.
Dés lors deux possibilités s’offrent au gouvernement.
- Le 49-3 avec lequel les Français sont familiarisés. Mais rien ne garantit le succès d’une telle opération. C’est pourtant la voie préconisée par Yael Braun Pivet, la présidente de l’assemblée. et par François Hollande qui envisage au terme d’une « courte discussion budgétaire », une « stabilité minimale ». Une voie risquée car en cas de vote d’une motion de censure, le gouvernement tomberait et avec lui le budget.
- Les ordonnances. Là encore le vote d’une motion pourrait renverser le gouvernement, mais avantage pour celui-ci, il ne pourrait entraver le budget qui de toutes les façons s’imposerait.
C’est de toutes les façons un coup de force qui se prépare pour imposer un budget de guerre contre la nation, contre les travailleurs, les jeunes, les retraités.
Ce coup de force rend particulièrement grotesques toutes les gesticulations actuelles des européistes en tout genre en vue des présidentielles de 2027 alors que l’échéance arrive pour la fin de l’année, que le gouvernement ne compte pas attendre un an, que les mesures gouvernementales risquent fort de créer désordre, opposition et violence…
Jacques Cotta
Le 15 juin 2027
