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MACRON DEMISSION ! Voila l’exigence répétée le 1er décembre…

… Des champs Elysées à Paris aux villes et aux campagnes de France

par Jacques COTTA, le 3 décembre 2018

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La mobi­li­sa­tion des gilets jaunes samedi 1er décem­bre marque un tour­nant dans la situa­tion poli­ti­que du pays. Avec per­sé­vé­rance, voire obs­ti­na­tion, sur tout le ter­ri­toire natio­nal, des dizai­nes et des dizai­nes de mil­liers de tra­vailleurs, sala­riés, retrai­tés ou jeunes se sont ras­sem­blés, ont tenu les bar­ra­ges, occupé les rond-points, ont mani­festé. Comme les same­dis et les semai­nes pré­cé­den­tes, c’est la France du NON au réfé­ren­dum de 2005, la France oppo­sée à Maastricht en 1992, qui relève la tête et fait enten­dre sa voix. Comme il avait déjà tenté de le faire la semaine pré­cé­dente, le gou­ver­ne­ment a voulu réduire ces mobi­li­sa­tions à des affron­te­ments qui ont eu lieu entre mani­fes­tants et forces de police à Paris, mais aussi à Toulouse, à Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, Strasbourg… C’est ne rien com­pren­dre, ou plus exac­te­ment ne rien sem­bler com­pren­dre.

Ces affron­te­ments bien réels ont émaillé toute la jour­née du samedi. Ils expri­ment une colère gran­dis­sante qui confine à la rage contre le gou­ver­ne­ment qui refuse de reconnai­tre l’exis­tence de mil­lions et mil­lions de fran­çais qui n’en peu­vent plus, et qui pour seule réponse affi­che orgueil, morgue, mépris, à l’image du Président de la République qui bat tous les records de détes­ta­tion.

Le pour­ris­se­ment que joue le pou­voir, dans sa sur­dité à la France réelle, est la prin­ci­pale source de vio­lence qui met en lumière l’inca­pa­cité et la res­pon­sa­bi­lité directe du minis­tre de l’inté­rieur pour les trou­bles connus notam­ment dans la capi­tale.

De son QG d’où les rues de paris sont obser­va­bles par camé­ras inter­po­sées, il annon­çait la pré­sence de 5000 poli­ciers sur le ter­rain, soit selon ses pro­pres chif­fres 1 poli­cier par mani­fes­tant. Et ses pro­pres trou­pes auraient été débor­dées ? Castaner incom­pé­tent, men­teur ou les deux à la fois ?
L’arc de triom­phe dévasté… Mais com­ment le minis­tre a t’il pu déci­der de lais­ser ouvert le monu­ment situé au centre de la mani­fes­ta­tion ? Provocation, recher­che « d’images fortes » des­ti­nées aux chai­nes « d’info en continu » pour enrayer la lame de fond qui peut tout empor­ter ?

Qu’il s’agisse d’incom­pé­tence, d’erreurs, de volonté déli­bé­rée, le minis­tre de l’inté­rieur est res­pon­sa­ble poli­ti­que de la situa­tion sur le ter­rain et devrait être démis­sionné de ses fonc­tions.

La crise poli­ti­que qui a fran­chi un pas sup­plé­men­taire et qui appro­che du point de rup­ture s’est illus­trée dans la visite de Macron avenue Kleber ce 2 décem­bre, au len­de­main des mani­fes­ta­tions.
Comme en 1968, le géné­ral De Gaulle entrant de l’étranger et s’excla­mant à la vue des arbres coupés par « les katan­gais de la Sorbonne » bou­le­vard Saint Germain, « même les alle­mands n’avaient pas laissé Paris dans cet état », voila Macron devant les devan­tu­res des res­tau­rants dont les vitri­nes ont été bri­sées et devant quel­ques véhi­cu­les cal­ci­nés, jouant mal, l’air faus­se­ment stu­pé­fait et hor­ri­fié. Cette répé­ti­tion comme sou­vent dans l’his­toire se ter­mine en farce. Macron se retrouve hué, sifflé, pris à partie là où il pen­sait qu’il serait accueilli en sau­veur… Le roi­te­let se trouve rejeté de tous côtés. De la France réelle, de la France pro­fonde, de la France des gilets jaunes, mais aussi des « beaux quar­tiers » dont il s’avère inca­pa­ble d’assu­rer la sécu­rité, là où quel­ques habi­tants apeu­rés l’invec­ti­vent tout en applau­dis­sant les poli­ciers qui l’entou­rent, comme les bour­geois de 1848 accla­maient l’armée bona­par­tiste contre les ouvriers.

Le pou­voir est de plus en plus acculé. Macron a annoncé qu’il ne céde­rait rien. Dans ce contexte, deux pos­si­bi­li­tés se pré­sen­tent :
Trouver dans les for­ma­tions poli­ti­ques et les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les des inter­lo­cu­teurs qui lui per­met­traient une issue hono­ra­ble par un recul de la rue. Tel est l’objec­tif d’une « grande concer­ta­tion » dont nul ne peut d’ailleurs dire quel serait le sujet concerté…
se donner les moyens de sa poli­ti­que à tra­vers l’ins­tau­ra­tion de tous les outils auto­ri­tai­res pos­si­bles, la réac­ti­va­tion de l’état d’urgence mis en place par François Hollande et Manuel Valls hier, offi­ciel­le­ment pour com­bat­tre le ter­ro­risme, dans les faits pour affron­ter le peuple fran­çais si néces­saire et faire passer les mesu­res anti socia­les dic­tées pour l’essen­tiel par l’UE.

Toutes ces mesu­res souf­frent de temps. Le gou­ver­ne­ment téta­nisé est acculé. Sur les bar­ra­ges, dans les villes et les cam­pa­gnes, une situa­tion insur­rec­tion­nelle s’ins­talle, avec une déter­mi­na­tion à la hau­teur des reven­di­ca­tions qui émergent. Le gasoil, motif ini­tial de la fronde, est aujourd’hui sup­planté par la vie chère, les salai­res, le tra­vail, les retrai­tes, les ser­vi­ces publics… Les modes de déli­bé­ra­tion et de déci­sion font parai­tre un exer­cice de la démo­cra­tie qui voit le peuple se pren­dre en charge de façon ima­gi­na­tive, res­pon­sa­ble, sub­ver­sive pour un sys­tème bloqué, aveu­gle, des­tiné à servir les inté­rêts du capi­tal finan­cier. Contre l’oli­gar­chie qui veut impo­ser sa loi pour la défense de ses inté­rêts, la démo­cra­tie du mou­ve­ment fait face, résiste, se ren­force.

C’est aujourd’hui une réponse poli­ti­que qu’exi­gent la situa­tion et le peuple mobi­lisé. Macron jouit de conseils qui conver­gent. Luc Ferry, Marine Le Pen, mais aussi Jean Luc Mélenchon demeu­rant dans le cadre ins­ti­tu­tion­nel pré­co­ni­sent une dis­so­lu­tion de l’Assemblée Nationale. Mais ce qui est en cause dépasse de très loin de nou­vel­les élections légis­la­ti­ves, une nou­velle majo­rité, une coha­bi­ta­tion sans doute avec un nouvel hémi­cy­cle. Ce qui se joue ne peut se limi­ter au cadre pro­fon­dé­ment anti démo­cra­ti­que de la 5ème répu­bli­que qui garan­tit la pré­sence contre vents et marées et sur­tout contre le peuple du pré­si­dent Bonaparte. Ce qui est en cause, comme l’indi­que fort jus­te­ment François Ruffin, c’est Macron lui-même. « Macron démis­sion », mot d’ordre spon­ta­né­ment scandé dans toute la France, voila l’exi­gence ! Le peuple veut le départ du monar­que sachant que là est la clé de voute d’une poli­ti­que reje­tée, et non une nou­velle assem­blée dont tout le monde sait -les par­ti­sans d’une 6ème répu­bli­que en tête- qu’elle n’est en réa­lité dans le cadre de nos ins­ti­tu­tions qu’une cham­bre d’enre­gis­tre­ment.

Tele est la voie emprun­tée par le peuple fran­çais. Elle passe par l’exi­gence de voir satis­fai­tes les reven­di­ca­tions concer­nant taxes et pou­voir d’achat. Elle passe par les cahiers de doléan­ces qui com­men­cent à émerger des ras­sem­ble­ments, bar­ra­ges, rond-points, car­re­fours occu­pés. Elle passe par la cons­ti­tu­tion d’une assem­blée des gilets jaunes qui pour­raient ainsi ren­for­cer le mou­ve­ment engagé et contrain­dre le Président à se sou­met­tre, ou se démet­tre.