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Derrière Macron, Castex, et compagnie, qui sont les donneurs d’ordre ?

par Jacques COTTA, le 15 juillet 2020

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Dans les son­da­ges, les fran­çais vou­laient parait-il garder le pre­mier minis­tre et chan­ger de poli­ti­que. Ils auront eu l’inverse, un autre pre­mier minis­tre et la même poli­ti­que, en pire peut-on dire. Les com­men­ta­teurs se sont empres­sés de réduire ce gou­ver­ne­ment à une simple machine de guerre des­ti­née à faire réé­lire Macron dans deux ans. Tel est sure­ment le but, mais pas seu­le­ment. Qui décide, qui dicte les objec­tifs à attein­dre ? Quelles sont les forces qui se trou­vent der­rière Macron et les siens qui fes­toient le 14 juillet pour occu­per le ter­rain ?

C’est ce qu’on appelle aux USA « l’état pro­fond », cette hié­rar­chie paral­lèle, ce pou­voir de l’ombre qui détient le pou­voir réel. Ceux qui font la poli­ti­que fran­çaise, qui dic­tent les mesu­res, n’ont pas pignon sur rue. On les ignore, et pour­tant…

Le patron de la banque de France ne serait-il pas de ceux-là ? Sur un ton posé, François Villeroy de Galhau rap­pelle la feuille de route à qui l’aurait égarée :

  • 1/ « L’état ne peut pas tout. Il a fait énormément. Il faut passer du Bouclier public à la confiance privée, c’est à dire entre autre mobiliser l’épargne des ménages ». Comment ? Ne parlait-on pas déjà au moment de la crise financière de s’emparer au dessus d’un certain seuil de l’épargne en question ?
  • 2/«  Pour les Entreprises qui seront confrontées aux plans sociaux le dialogue social doit jouer. L’Activité partielle de longue durée, pourquoi pas, dés lors qu’elle est conditionnée par des accords collectifs ». Entendons par là la mise autour de la table des organisations syndicales qui viendraient au nom d’un faible filet de sécurité —le maintien de l’emploi à temps réduit contre diminution de salaire par exemple— signer une série de dispositions fondamentales enchaînant les salariés aux intérêts du capital.
  • 3/ Les retraites dont on reparle : Le dialogue social, voila la recette miracle qui refait son apparition et que le premier ministre salue à son tour, se saisissant du Ségur de la santé comme modèle à propager.

Du coup Bruno Le Maire déclare ses inten­tions : « Je pense qu’il est néces­saire d’aller au bout de cette réforme des retrai­tes . On voit bien d’abord qu’il y a un défi­cit, on voit bien que nous vivons tous plus long­temps, on voit bien que col­lec­ti­ve­ment il faut que nous tra­vail­lions davan­tage et que c’est une condi­tion de redres­se­ment de la France » avant d’insis­ter sur « son carac­tère indis­pen­sa­ble ». Bref, tous les argu­ments assé­nés durant plus d’une année pour mettre des cen­tai­nes de mil­liers dans la rue.

  • 4/ Pour notre Modèle public : « 55% de notre richesse nationale se fait dans les dépenses publiques contre 45% chez nos voisins européens » assène le banquier. La conclusion n’a pas besoin d’être explicite. Diminuer la dépense publique, cela signifie moins de services publics, moins de fonctionnaires, moins de statuts…
  • 5/ Vient enfin la question de la dette. Question d’actualité puisque les fonds débloqués ne sont que des prêts qu’il faudrait bien rembourser, notamment à l’UE qui passe autour du cou des nations et des peuples une corde qu’elle aura tout le loisir de serrer le moment venu. Le gouverneur de la banque de France balaie les illusions qui pourraient flotter parmi les plus optimistes : il est impossible d’annuler la dette, nous n’avons pas le droit dit-il ? Au fait de quelle dette parle t’il ? Vous pensiez à celle due au Covid ? Pas du tout ! « Il nous faut mieux maitriser la dépense publique » assène t’il telle une obsession. En réalité la dette est affirmée comme une arme de guerre pour exiger sacrifices, restrictions, et liquidations jusqu’au bout de notre modèle social…

L’état pro­fond dicte, la repré­sen­ta­tion offi­cielle appli­que comme elle le peut… Avec une inquié­tude che­villée au corps, qui tra­verse les cou­loirs du pou­voir. Qu’à la ren­trée une nou­velle vague, non du covid 19, mais de la France pro­fonde, telle celle des Gilets jaunes, sub­merge à nou­veau le pays frappé par une crise sociale sans pré­cé­dent…

Inquiétude ou bien plutôt clair­voyance et luci­dité ?

Jacques Cotta
Le 15 juillet 2020

Messages

  • les références des diverses déclarations appuieraient la portée du texte.

  • Etat profond ou Bruxelles ?

  • Bonjour,
    bien entendu je suis d’accord avec tout ce que vous exposez mais je ne vois rien sur la Commission Européenne et ses fameuses Grandes Orientations de Politiques Économiques (GOPÉ) donnant (imposant ?) le tempo aux États membres pour les intégrer en temps et en heure dans "leur" Programme National de Réformes (PNR).
    En complément du rôle de l’État profond, ne pas faire apparaitre clairement le rôle de l’UE ne facilite pas la compréhension par les citoyens du pourquoi de toutes ces "réformes" que leurs gouvernements (de Droite, du Centre ou de Gôche) ont obligation de mettre en oeuvre.

    PS : Je suggère que La Sociale nous aide à avoir une vision globale afin de mieux comprendre pour pouvoir l’expliquer ensuite, l’origine des "réformes" déjà mises en oeuvre, celles en cours de réalisation et celles en préparation, en publiant un dossier étayé sur les GOPÉ et le PNR.

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