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Après la manifestation du 14 juin

Brèves remarques

Par la-sociale • Actualités • Mercredi 15/06/2016 • 4 commentaires  • Lu 2049 fois • Version imprimable


Estimations

Un million ? Le chiffre est à l’évidence délirant.

Si on donne 1 m² par manifestant (en marche, il faut compter cela), un cortège d’un million de personnes demande 1 million de m² soit sur une avenue de 50 m de large un cortège long de 20 km ! Même si on tasse les manifestants à 2 par m², cela fait encore 10 km et comme le parcours Italie/invalides fait à peine 5 km et que toutes les rues parcourues ne font pas 50 m de large…

Inversement, le chiffre de la police apparaît tout aussi fou. Si le cortège faisait 5 km (les derniers partent quand les premiers arrivent), avec le même calcul on obtient quelque chose comme 250 000 manifestants. Ce qui est énorme et bien plus que toutes les autres manifestations depuis le début du mouvement contre la loi travail.

Casseurs

Les chaînes d’info en continu et les JT en font des tonnes sur les « casseurs ». S’ils n’existaient pas, il aurait fallu les inventer… ce qu’on a fait ! Comment expliquer que la police ait été incapable de les arrêter alors qu’ils précédaient le cortège et ont pu saccager en toute impunité. Soit le commandement des forces de police a été au-dessous de tout, soit les ordres de mansuétudes à l’égard des casseurs viennent de plus haut. Les mêmes questions depuis plusieurs mois.

Casseurs encore

Qui sont-ils ? Des « antifas » qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux fachos qu’ils prétendent combattre et d’ailleurs font leur boulot ? Des agents provocateurs soudoyés par quelque officine spécialisée en coups tordus ? Il y a en a certainement. Des jeunes révoltés mais décervelés ? Sans doute aussi. Ce genre de mélange explosif d’un discours « gauchiste », de fascination pour la violence et manipulations diverses contre les organisations du mouvement ouvrier, ça a donné en Italie 1919-1920 les « quadristi », troupes de choc de Mussolini.

Amalgames nauséeux

On apprend (comment ? Par qui ?) que l’enfant de trois ans du couple de policiers assassinés par le tueur islamiste Larossi Abdalla est hospitalisé à Necker. Les casseurs ont commencé de saccager Necker. Les casseurs faisaient partie de la manif contre la loi travail. Donc les syndicats sont responsables de la casse et ils sont donc responsables de l’attaque contre l’hopital Necker ; ils auraient dû avoir la « décence » d’annuler la manif en hommage aux policiers assassinés… Voilà le genre de prose dégueulasse (je ne trouve pas d’autre mot) que l’on trouve répandue sur internet et notamment dans les milieux proches du PS. L’instrumentalisation du malheur de ce petit enfant en vue de dénoncer le mouvement social ; il fallait le faire. Ils l’ont fait. Ils osent, c’est à ça qu’on les reconnaît.

Et maintenant ? Voici Rhodes, c’est là qu’il faut sauter !

Le succès incontestable de la manifestation du 14 juin peut se transformer en baroud d’honneur ouvrant sur des « négociations » avec les grandes confédérations afin d’attendre le vote définitif de la loi El Khomry au début de l’été. Le gouvernement aurait gagné, en douce, et à la rentrée on passerait à autre chose, l’élection présidentielle par exemple. Mais ce scénario n’est pas certain. Autour de la loi El Khomry, se sont greffés de nombreux mouvements revendicatifs sur les salaires notamment qui indiquent que les ouvriers commencent à relever la tête. L’automne pourrait n’être pas si calme que cela et la classe ouvrière pourrait bien venir troubler les petits jeux des prochaines élections qui concentrent l’attention de la caste.


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Commentaires

Loi travail: plus de six Français sur 10 pour son retrait (sondage) par Anonyme le Jeudi 16/06/2016 à 17:54

Plus de six Français sur dix (64%) estiment que, "face aux mouvements sociaux", le gouvernement "doit retirer" le projet de loi travail à l'origine de plus de trois mois de contestation, selon un sondage Tilder/LCI/OpinionWay publié jeudi.

Un chiffre en très léger retrait par rapport à une précédente enquête: le 26 mai, ils étaient 66% à penser que le gouvernement devait retirer le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri. (...)

Quant aux affinités politiques, ceux qui avaient voté Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle en 2012 sont les plus nombreux (83%) à s'exprimer pour le retrait du texte, suivis par ceux qui avaient voté pour Marine Le Pen (71%). (...)

http://www.boursorama.com/actualites/loi-travail-plus-de-six-francais-sur-10-pour-son-retrait-sondage-5bb2d6a6557143738f7d59186c31cb50


Loi travail : le FN pris en flagrant délit de grand écart

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/06/16/le-fn-pris-en-flagrant-delit-de-grand-ecart_4951625_823448.html


La com' de Valls et d'El Khomri dynamitée par le syndicat des cadres CFE-CGC par Anonyme le Jeudi 16/06/2016 à 23:31

(...) Depuis le début du conflit sur la loi Travail, le brief rue de Grenelle, soufflé par Matignon, était simple. D’un côté il y avait les syndicats « réformistes majoritaires » qui soutenaient son projet de loi « équilibré ». Et de l’autre les organisations contestataires, CGT en tête, qui exigeaient le retrait de ce texte, et de toute façon ne négocieraient jamais. Sauf que, en recevant le 9 juin François Hommeril, le tout nouveau président des cadres de la CFE-CGC élu le 1 juin, la ministre du Travail a accusé un grand moment de solitude. (...)

« Jusqu’ici les débats se focalisent sur la frontière sociale - patrons versus salariés -, explique Hommeril à Marianne. Dans la réalité, ai-je rappelé à Myriam el Khomri, la frontière économique la plus importante oppose les entreprises donneuses d’ordre aux sous-traitants. Or, dès si cette loi est votée, les premiers vont immédiatement exiger de leurs obligés des baisses de prix en arguant du fait qu’ils peuvent rogner sur le coût de leurs heures supplémentaires. Ou imposer unilatéralement des rémunérations au forfait à leurs salariés (dans les boites de moins de 50 personnes, ndlr) Dans les services notamment, les pressions seront instantanées. »

A l’appui de sa démonstration, le président de la CFE-CGC dissèque l’exemple des transports routiers. « Dans ce secteur, ce sont les patrons qui, anticipant ce risque de dumping, ont réclamé à Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat aux transports, la sanctuarisation par décret, d’une bonification de 25% des heures sup. C’est dire si eux sont conscient du danger de cette mise en concurrence sociale !»

Le script des syndicats réformistes vs syndicats contestataires ne fonctionne plus

Les experts de la CFE-CGC vont plus loin encore. En examinant, secteur par secteur, les conséquences possibles du texte à moyen terme, ils estiment qu’il pourrait booster aussi les délocalisations. « Nous représentons des cadres très bien formé qui lisent toutes les revues, argumente Hommeril. Or ils sont convaincus que toutes ces réformes d’inspiration néo-libérale n’ont aucun effet bénéfique sur le marché du travail, lequel rebondit actuellement grâce au regain de croissance.»

--- Conséquence, si elle n’obtient pas d’avancée sur ses propositions, la CFE-CGC qui ne manifeste pas le 14 juin, pourrait dès le 23, après réunion de ses instances, durcir sa position. Et réclamer cette fois, le retrait total de la loi travail. Ruinant définitivement le script mal ficelé du camp des syndicats réformistes…contre celui des indécrottables contestataires.

(...)

http://www.marianne.net/com-valls-el-khomri-dynamitee-syndicat-cadres-cfe-cgc-100243645.html


par Vincent Présumey le Vendredi 17/06/2016 à 23:09

Ce n'est pas un désaccord de fond mais je pense que Denis a techniquement tort sur le nombre de manifestants. Entre 600 000 et un million c'est dur à dire, mais le million est crédible, car la manif justement ne tenait pas dans l'espace dont il parle.


Lien croisé par Anonyme le Lundi 27/06/2016 à 21:31

Le blog de Robert Duguet : " Source : La sociale, http://la-sociale.viabloga.com/news/apres-la-manifestation-du-14-juin"



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