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Aux Amériques : le politique contre l’économique

Par Jean-Paul Damaggio • Internationale • Mardi 01/11/2011 • 0 commentaires  • Lu 1309 fois • Version imprimable


Au Paraguay, le président de l’Equateur vient de se distinguer utilement. A la séance plénière du Sommet Ibéro-américain où les chefs d’Etat ont été plus absents que présents, Rafael Correa a décidé de quitter la salle quand la vice-présidente de la Banque mondiale a pris la parole. Rafael Correa qui dirige son pays depuis quatre ans connaît parfaitement bien la banque mondiale pour y avoir travaillé au début de la décade précédente.

Pamela Cox, au nom de la Banque mondiale, avait en charge l’explication de la crise. Correa, revenu dans la salle après cette intervention expliqua : « Dans un sommet ibéro-américain pourquoi serais-je tenu à écouter les leçons de la vice-présidente qui a soumis mon pays à un chantage ? Jusqu’à quand allons-nous supporter de tels comportements, quand allons-nous nous libérer du néo-colonialisme ? Si la Banque mondiale a quelque chose à dire c’est de s’excuser pour toutes les politiques imposées à l’Amérique latine ! »

Puis Correa n’en resta pas là : il critiqua le secrétaire de l’OCDE, José Ángel Gurría, pour les mêmes raisons, l’invitant non à donner des leçons mais à écouter les dirigeants d’Amérique latine sur les questions de la crise financière.

Quelques-uns espéraient une réponse de Pamela Fox mais elle préféra rester silencieuse et c’est seulement le porte-parole de l’institution Sergio Jellinek qui déclara qu’en fait il s’agissait de questions personnelles !

Il faut se souvenir qu’en arrivant au pouvoir Correa a chassé de son pays les représentants de la Banque mondiale et a mis en œuvre une politique de récupération des biens du sous-sol. Ollanta Humala appuya cette intervention et informa qu’aussitôt son arrivée à la tête du pays, divers représentants du pouvoir économique sont venus le voir pour leur donner les noms des personnes à installer dans les ministères clefs sinon la bourse allait plonger ! « Ils voulaient faire céder le président sous la pression pour qu’il s’aligne sur les pouvoirs habitués à gouverner le pays. » a précisé Ollanta Humala.

Ce discours est utile pour un peu de transparence. Il faudrait qu’il se généralise et en saisir tous les effets. La donnée surprenante, c’est le refus de répondre de la vice-présidente. Quels sont les dirigeants politiques qui mettent en accusation les autorités financières ? Sarkozy a proposé de moraliser le capitalisme, sous-entendu les forces économiques dominantes, mais sans analyser leurs responsabilités –je ne m’en étonne pas).

En matière de dette, Maurice Lemoine avait publié en 2001, un beau livre intitulé simplement, la dette avec un sous-titre original roman de la paysannerie brésilienne, qui permettait de réfléchir à cette entreprise, à savoir l’endettement organisé de tout un continent. En dix ans, cette zone a connu une forte transformation qu’il ne faudrait pas oublie à l’heure de la crise européenne.

 

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