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C'est la LRU qui est en cause

Par Denis Collin • École • Jeudi 12/02/2009 • 7 commentaires  • Lu 2184 fois • Version imprimable


La mobilisation inédite (depuis mai 1968!) des professeurs et maîtres de conférence de l'Université est l'indice d'une grave crise qui affecte les classes dirigeantes du pays. Mme Pécresse ne sait pas trop comment négocier avec une profession que les propos provocateurs et insultants du président de la république ont particulièrement choquée. Une partie de l'UMP est favorable au retrait du décret Pécresse et des facultés jusque là connues pour être "de droite" (comme Lyon III) sont entrées dans le mouvement.

Quand en haut on joue du violon, en bas on se met à danser. Les étudiants commencent à rallier le mouvement. Déjà empêtré face à la grève en Guadeloupe et en Martinique, l'exécutif craint un mouvement social de grande ampleur qui ruinerait son plan de "réformes", élégant pseudonyme pour "plan de casse systématique des acquis sociaux". En effet, ce qui se passe à l'Université est révélateur. Quand Mme Pécresse a fait passer sa loi de réforme d'ensemble de l'université (LRU), elle avait dû faire face à une mobilisation étudiante qui s'est disloquée d'une part parce que les enseignants du supérieur étaient soit favorables, soit relativement indifférents à cette réforme soutenue par la CPU (conférence des présidents d'université), et, d'autre part, parce que le PS et son pseudopode étudiant l'UNEF apportaient un soutien "critique" à la ministre de l'enseignement supérieur. Le décret Pécresse qui confie la carrière et les horaires des enseignants-chercheurs à l'arbitraire des présidents d'université n'est qu'une des modalité d'application de la LRU. Comme la mastérisation de la formation des professeurs des écoles et de l'enseignement secondaire. C'est précisément ce qu'ont compris les étudiants qui rejoignent le mouvement des enseignants-chercheurs et exigent clairement L'ABROGATION DE LA LRU.

Fidèle à ses tropismes maintenant bien ancrés, le PS comprend ce qui est en cause et commence à mettre en garde (par la voix de l'ancien président de l'UNEF Bruno Julliard) contre le "gauchissement" du mouvement... et selon Le Monde, "le Parti socialiste veut afficher "un esprit de responsabilité", voire une certaine retenue." Le quotidien vespéral ajoute:
"Personne n'a intérêt à ce que l'on s'installe dans une crise qui dure", estime Bertrand Monthubert, ancien président de Sauvons la recherche, devenu secrétaire national du PS chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche. "Il s'agit d'un débat compliqué, et nous ne prônons pas un statu quo dont, d'ailleurs, personne ne veut", insiste-t-il.
Au-delà du mouvement qui affecte l'université se pose maintenant une question brûlante: faut-il attendre 2012 pour renverser la vapeur? faudra-t-il supporter sans rien dire une dégradation économique épouvantable qui fait un nouveau chômeur chaque minute (l'UNEDIC annonce 289000 chômeurs supplémentaires pour l'année 2009)?

Pendant que tout le petit monde de la gauche et de la gauche de gauche s'excite sur les élections européennes, on attend, en vain, une initiative politique unitaire qui permette de lutter sérieusement contre les licenciements, les suppressions de postes dans la fonction publique et le saccage de l'enseignement et de la recherche. Seul le POI propose de réaliser une vaste marche unitaire, proposition profondément juste mais hélas sans écho du côté des "guévaristes" du NPA qui parlent des "luttes" en pensant aux élections ou du côté du PG occupé à jouer de la mandoline sous le balcon du facteur de Neuilly...


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Commentaires

Mais que fait la police ? par Serge_Gomond le Jeudi 12/02/2009 à 09:55

Le monde de l'université et de la recherche, des enseignants aux étudiants, s'est livré mardi 10 fév. 2009 à une démonstration de force, drainant dans les rues plusieurs dizaines de milliers de personnes contre les réformes du gouvernement dans le supérieur, la recherche et l'éducation.

 

On commence moderato :

La grève reconductible a aussi été votée à Toulouse II, Rouen, Bordeaux-IV et à l'établissement aixois d'Aix-Marseille I.

L'IEP d'Aix-en-Provence était en grève, une première depuis sa création en 1956. Au Mans, une assemblée générale a voté la grève. Lille I l'a votée pour mardi. Limoges, où le principe d'une grève a été voté, devait se réunir mardi.

A Nantes comme à Caen, certaines unités de formation et de recherche (UFR) ont voté la grève, d'autres la rétention des notes. A Mulhouse (Haut-Rhin), a été votée la grève administrative.

En revanche, à Montpellier I, II et III, les cours n'étaient pas perturbés, selon les directions, mais certains professeurs portaient un brassard "en grève", expliquant aux étudiants leur action mais en assurant les cours.

A Toulouse I, seuls deux professeurs étaient en grève, selon la direction. A Aix-Marseille II, aucune perturbation de cours n'était notée lundi matin. A Grenoble, le mouvement de grève n'a pas été suivi après un vote à main levée en AG. A Nice, une AG en fac de lettres n'a pas voté la grève.

La modification du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs suscite un mécontentement croissant chez nombre d'entre eux qui refusent l'arbitraire des présidents, la hausse des heures d'enseignement et l'atteinte à leur indépendance.

 

La coordination nationale des universités a appelé lundi à une grève illimitée dans toutes les universités, ainsi qu'à une journée de manifestations en France jeudi et à une manifestation nationale à Paris le mardi 10, selon deux motions lues lundi soir à la presse, à Paris.

 

Puis fortissimo :

 

Les enseignants-chercheurs, soutenus par les étudiants, manifestent mardi 10 février à Paris et dans plusieurs villes du pays contre les réformes gouvernementales (*en tout, ils étaient de 65.000 à 85.000 personnes pour 47.000 salariés du secteur, "l’objectif" est largement atteint), alors que les annonces faites lundi 09 fév. 09 par la ministre Valérie Pécresse semblent à nouveau ne pas avoir convaincu.

Alors que Khan, déclare en direct le mardi 10 fév. 2009 sur la chaîne de télé publique "FR3", sa flamme pour Pécresse, lors du « 19/20 » le journal d’infos d’Ile-de-France, et doit participer, le lendemain, aux "négociations" au nom d’un collectif qui s’est donné pour objectif de sauver  la recherche.

Cherchez l’erreur !

*Entre 40.000 et 80.000 personnes selon les sources ont défilé, selon un décompte des bureaux de l'AFP pour 19 villes. Les manifestants étaient 17.000 (police de Sarkozy) à 50.000 (organisateurs) à Paris, 5.000 (police de Sarkozy) 25000 (organisateurs) à Lyon, 3.000 à 6.000 30.000 (organisateurs) à Toulouse, 2.200 à 3.500 (police de Sarkozy) 17.000 (organisateurs) à Strasbourg, 1.700 à 2.000 (police de Sarkozy) 10.000 (organisateurs) à Aix-en-Provence.

"On a une mobilisation extrêmement forte", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, tandis que le Snesup-FSU, premier syndicat du supérieur, a parlé d'un "immense succès".

Les manifestants étaient aussi 1.400 à 3.000 à Montpellier, 1.200 à 2.000 à battre le pavé à Grenoble, 1.500 à 3.000 à Rennes, 1.000 à 1.300 à Poitiers, 1.000 à 1.200 à Lille, 900 à 1.500 à Marseille, 600 à 1.000 à Tours, 700 à 1.500 à Nice ou 900 (police) à Nantes.

 

Sarkozy redoute une contagion généralisée, soit des organisations étudiantes et lycéennes, soit des travailleurs de Guadeloupe, via les DOM-TOM avec un retour sur le continent.

Sera-t-il satisfait au-delà de ses espérances ?

 

Sur la banderole de tête était écrit "Universitaires, chercheurs, Biatoss et ITA, étudiants, unis pour l'enseignement supérieur et la recherche", les Biatoss et ITA étant des personnels administratifs, techniciens, ingénieurs et bibliothécaires.

Les responsables du Snesup-FSU, de Sauvons l'université, Sauvons la recherche ou de l'Unef défilaient derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire "non à la casse des universités et de la recherche".

Les étudiants étaient venus en masse rejoindre, dans chaque cortège d'université, leurs enseignants, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Entendus ou lus, de nombreux slogans visaient la réforme de la formation des enseignants, un dossier dépendant surtout du ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, lui aussi pris pour cible par les manifestants.

"La nomination d'une médiatrice", lundi par Valérie Pécresse, sur le statut des enseignants-chercheurs, "est une ridicule provocation qui n'est pas à la hauteur des milliers de manifestants", a affirmé à l'AFP Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur.

"Nous faisons un appel solennel au gouvernement: pour sortir du conflit, il faut répondre aux revendications, c'est-à-dire le retrait du décret sur le statut et le report d'un an de la masterisation" (réforme de la formation), a résumé le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, qui a fait état d'une "mobilisation extrêmement forte".

"Il faut un plan pluriannuel de recrutement de scientifiques et stopper le démantèlement des grands organismes de recherche", a ajouté la présidente de Sauvons la recherche, Isabelle This Saint-Jean.

"La mobilisation a atteint un cap. Les étudiants sont inquiets", a affirmé Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef, en annonçant pour jeudi une journée de grèves et d'actions des étudiants.

 

Entendu certains mots d’ordre, qui appelaient à l’action comme en Grèce…(le mouvement populaire et des étudiant grecs en décembre 2008, suite à l’assassinat d’un jeune Grec par la police).

 

 

PS : cette info trouvée sur le site Orange (modifiée dans sa formulation, car toujours trop complaisante envers le gouvernement Sarkozy, alors qu’une "info" devrait-être brute de coffrage, mais sur certains sites…)

 

 

FORT-DE-FRANCE, Martinique (AFP) - 12/02/09 07:57

Des renforts de gendarmes sont envoyés en Martinique par Jégo, de retour en Guadeloupe…

Deux escadrons de gendarmes mobiles vont être envoyés en renfort en Martinique où la grève générale s'est installée mercredi dans son septième jour, tandis que la Guadeloupe, paralysée depuis 22 jours, a accueilli à nouveau le secrétaire d'Etat Yves Jégo. Voilà ce qu’était venu chercher Jego en métropole, le feu vert de Fillon et sarkozy pour préparer une réponse musclée aux justes revendications des salariés. C’est la nouvelle méthode adoptée par sarkozy, dorénavant quand il se déplace, il fait "nettoyer" le terrain, via les préfets aux ordres et les forces de l’ordre républicain au service du monarque républicain.

Cherchez l’erreur !


par regis le Vendredi 13/02/2009 à 01:09

Hélas ! Il n’y a pas que « l'exécutif [qui] craint un mouvement social de grande ampleur qui ruinerait son plan de "réformes", ». Ce que vous soulignez fort bien.

Aucune oligarchie ne pourrait se maintenir si elle ne bénéficiait pas d’alliés, chacun à sa manière. Les uns n’étant jamais partisans d’un retrait, abrogation, annulation… des mesures réactionnaires, les autres regardant ailleurs… 

C’est précisément le rôle de « la gauche ». Vieille gardienne du temple, forte d’une expérience de plusieurs décennies.

Un 29 janvier plus que réussi ? On se reverra (peut-être) le 19 mars ! Combien de chômeurs en plus ?? Combien de salariés laissés à l’abandon dans un combat isolé, mais aussi déformant la revendication, où ils ne peuvent avoir le dessus ?? Et une fois battus, amers, écoeurés, dire que les salariés ne sont pas prêts !!

Chez les instits (mon épouse l’est) refus des « grands » syndicats de demander l’abrogation des décrets Darcos, un responsable local FSU estime qu’on ne peut être contre le recrutement à bac +5 ! Ils préfèrent organiser la « nuit des écoles » (qui a un site en ligne : nous sommes POUR des réformes, amener en plus de sa bonne humeur duvets, oreillers, pyjamas et doudous mais aussi un pique-nique. s'endormir en rêvant à une école où:…bref, pendant le saccage, l’occupation du « terrain » et surtout des esprits continue)

N’en est-il pas de même avec les polémiques au sujet des européennes qui ne peuvent passionner les salariés sous le coup d’un licenciement, d’un recul du pouvoir d’achat, d’une délocalisation….

La famille des « gauche » ressemble de plus en plus caricaturalement à ces lointains descendants d’ouvriers qui se seraient enrichis.

 

Taux de participation aux européennes :

 

1979

1984

1989

1994

1999

2004

60,7

56,7

48,7

52,7

46,8

43,1

 

La proposition du POI, parlons franchement : ce devrait être le travail d’un mouvement syndical honnête. Aussi, lorsque des camarades du POI de mon syndicat m’en ont parlé, j’ai accusé le coup, réfléchi, puis donné mon accord, malgré ma défiance des partis, avec mes conditions qui ne touchent pas le fond mais la forme : unissons nous sinon des licenciements par milliers, la dissuasion sur le reste du salariat, une défaite bien plus majeure qu’une élection européenne ou autre.

Merci aux lecteurs de donner, en toute liberté, leur avis, y compris anonyme.    


par regis le Vendredi 13/02/2009 à 01:30

PS : à ceux qui malgré tout (et c’est leur droit) qui pensent que les européennes sont majeures : comment comptez vous attirer l’électorat salarial sans avoir cherché à arrêter les licenciements ?


Re:et pour comlpéter ce que vous avez écrit par Serge_Gomond le Vendredi 13/02/2009 à 15:34

Régis écrit : (… C’est précisément le rôle de « la gauche ». Vieille gardienne du temple, forte d’une expérience de plusieurs décennies.

Un 29 janvier plus que réussi ? On se reverra (peut-être) le 19 mars ! Combien de chômeurs en plus ?? Combien de salariés laissés à l’abandon dans un combat isolé, mais aussi déformant la revendication, où ils ne peuvent avoir le dessus ?? Et une fois battus, amers, écœurés, dire que les salariés ne sont pas prêts !! …)

 

SG : sur « France Inter » et l’émission de Mermet « là-bas-si-j’y-suis » (et comme dirait BQuentin, pas besoin d’aller « là-bas-pour-y-être », une auditrice furax contre la décision des syndicats d’une nouvelle "grève générale" (en fait c’est une journée d’action nationale, mais on peut rêver ?) pour le 19 mars 2009 et du silence prudent de la "gauche" en général ( à ce sujet, tout démontre que Denis avait mille fois raison de frapper un grand coup, en dénonçant cette hérésie, qui malheureusement perdure aujourd’hui encore, la fausseté des appellations "gauche/droite" ! ) et qui demandait pourquoi pas une nouvelle manif le 1er mai, ou le 14 juillet, ou encore l’année prochaine ? De qui se moque-t-on ? C’est ridicule !

Et pour corroborer ce que tu écris, (… Combien de chômeurs en plus ?? …)  voici quelques chiffres donnés par des dépêches AFP (elles ne sont que ce qu’elles sont, des dépêches, mais…)

 

AFP : Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE a enregistré une progression record au mois de novembre, avec une hausse de 3,2% en un mois qui sanctionne la chute brutale de l'emploi en intérim et la multiplication des licenciements en pleine tourmente économique.

 

AFP : Cette hausse mensuelle, calculée en données corrigées des variations saisonnières (CVS), est la septième consécutive et la plus forte depuis le début de l'année. Le chômage avait déjà progressé de manière spectaculaire en août (+2,2%) puis en octobre (+2,4%). Elle concerne les personnes cherchant un emploi à temps plein en CDI et n'ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois écoulé, regroupées dans la catégorie 1.

 

AFP : Sur un an, le nombre de chômeurs de cette catégorie a augmenté de 161.400, et de 118.500 sur les seuls quatre derniers mois. "Par rapport à la récession précédente de 1993-1994, la flexibilité du marché du travail a beaucoup progressé, et les ajustements sont beaucoup plus rapides et brutaux", a expliqué à l'AFP Jacques Freyssinet, professeur d'économie à La Sorbonne.

 

APF : L'explosion constatée en novembre est liée à une forte progression sur les trois derniers mois des inscriptions à l'ANPE pour fin de mission d'intérim (+18,2%) et pour licenciement économique (+13,1%). Les entrées en chômage consécutives à une fin de CDD augmentent de 6,9%.

 

SG : Les chiffres des quatre derniers mois ? Ceci est absolument faux, il ne s’agit que des mois d’août à novembre, ces chiffres encore "exploitables" par les sarkozistes (Lagarde, Wauquiez, Lefebvre, Woerth etc.), gardiens de l’orthodoxie du "faites comme-si" et du "coûte que coûte", l’orthodoxie du mensonge éhontée !

A ce sujet les chiffres données par l’OCDE et même ceux des Etats-Unis d’Amérique du Nord parlent d’eux-mêmes.

 

AFP, OCDE/E-U : PARIS (AFP) - 22/12/08 14:14

Crise: 20 à 25 millions de chômeurs en plus dans le monde (OCDE)

SG : D’autres sources donnent + de 40 millions de chômeurs probables en plus dans le Monde. (dans ce décompte "macabre", on ne comptait évidemment pas: l’Amérique latine, l’Inde ou la Chine, dans la liste des "pourvoyeurs" de nouveaux chômeurs dans le monde).

 

AFP, OCDE/E-U : L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) prévoit "20 à 25 millions" de chômeurs en plus dans le monde d'ici 2010 à cause de la crise, dont 8 à 10 millions au sein de l'OCDE, a déclaré lundi son secrétaire général Angel Gurria.

AFP, OCDE/E-U : "On va vers une perte de 8 à 10 millions d'emplois dans la zone OCDE", qui comprend surtout des pays industrialisés, "et 20 à 25 millions dans le monde d'ici 2010", a affirmé M. Gurria sur la radio BFM.

AFP, OCDE/E-U : Il a ajouté que la construction était un secteur particulièrement touché car son activité "s'est arrêtée de manière brutale", ce qui a atteint de plein fouet des pays comme l'Espagne ou l'Irlande.

 

SG : on sait depuis que l’Islande, la Grèce, le Portugal, l’Angleterre, etc. ont rejoint la cohorte des pays en récession (et ce n’est pas fini !).

 

Voilà quelques « nouvelles-neuves du monde », pour compléter ce que vous aviez tous les deux si judicieusement écrit.


et encore ceci par Serge_Gomond le Vendredi 13/02/2009 à 23:42

Ce texte faisant suite à :

·        Révolutionnaires et conservateurs.

·        Face à la crise, un nouvel horizon culturel et politique est nécessaire.

·        Droite et gauche, des catégories devenues inutilisables

Trois excellents textes signés, Denis Collin.

 

·        Face à la crise, un nouvel horizon culturel et politique est nécessaire.

·        Droite et gauche, des catégories devenues inutilisables

Trois excellents textes signés, Denis Collin.

 

Ce qui est étonnant dans le premier article (Révolutionnaires et conservateurs), c’est le fait de passer sur des données essentielles ; est-ce pour mieux convaincre avec des éléments spectaculaires, pour donner une certaine efficacité à ta démonstration, mon cher Denis ? (je te taquine évidemment)

 

L’essentiel, c’est quoi exactement ?

Prenons par exemple ce qu’en disaient les théoriciens de « l’école de Chicago », les Schumpeter, Friedman, Hayek et *Pinochet (ce dernier est "cornaqué" par les élèves de cette « école de Chicago, donc… ») 

 

Sont-ils réellement des "révolutionnaires", comme le revendique Bertrand le chef de l’ump, parce qu’ils (lui et ses petits camarades) ont appliqué bêtement des théories néolibérales dont ils n’ont évidemment à aucun moment de leurs existences, esquissé ne serait-ce que par la  pensée, l’ombre d’une seule phrase de ces nouvelles théories ?

Où, comme le revendiquent les militants ump sur leur site :

(…Être révolutionnaire, c’est quoi ? S’il y a une vérité que personne ne peut contester, c’est que depuis que Nicolas Sarkozy est Président de la République, la France change. Que l’on parle de rupture, de renaissance ou de révolution, la vérité c’est que notre pays bouge, que la société française évolue et se met en phase avec l’avenir…)

 

Et tout ça sans rire !

 

Pour changer, elle change la France, c’est le grand bon en arrière… Sarkozy c’est la machine a remonter le temps. La seule rupture qu’on est pu réellement constater, c’est une rupture de neurone, la seule qui fonctionnait chez cet individu ? Et comme le disait une jeune militante de la vieille droite bordelaise  (et selon ses déclarations, issue d’une famille bordelaise de longue lignée) je ne voterai jamais pour un bourrin ! Et quel bourrin, il rue comme il respire, le bougre.  

 

Alors, qu’ont-ils ( les Schumpeter, Friedman, Hayek, et Pinochet) dit de si révolutionnaire ?

 

Premièrement, la démocratie occidentale n'est tolérée, qu’à la seule condition de ne pas entraver la bonne marche de leurs concepts "économiques". Mais cette tolérance ne va pas au-delà d’une acceptation inconditionnelle de leurs théories néolibérales, et seulement qu’à cette condition impérative. Ce sont ces mêmes "recettes" économiques qui ont ruiné, en une quinzaine d’années, l’Argentine via le FMI (dont l’actuel patron n’est autre que Dominique Strauss-Kahn, un "socialiste" bon teint), suite à l’adoption par ce pays des théories néolibérales ainsi que la monnaie étasunienne (qui ne sert que les intérêts des Etats-Unis), le dollar. Funeste erreur qui lui coûta un maximum…

 

Comment ont-ils pu vendre leur baratin, sans provoquer de réactions efficaces ?

 

Etait-ce parce que ces théories étaient imparablement "révolutionnaires" ?

 

Non !

 

C’est plus compliqué et plus simple que ça. Ils se sont appuyés sur une stratégie diaboliquement efficace. La circonvolution de l’adversaire, de manière à le perdre des dans détails de rhétoriques sans intérêts, des leurres en quelque sorte, pour ainsi mieux faire admettre les nouvelles théories néolibérales. Et une désinformation totale relayée par les médias, et autres courtisans au service de la bonne cause. 

 

Ces théories s’affirme comme la nouvelle panacée économique universelle ; mais c’est avant tout une religion, et comme toute les religions, les axiomes qui composent sa doctrine ne se discutent pas !

 

De quels axiomes s'agit-il ?

 

Premièrement, ne plus penser comme nous, mais seulement comme je, une myriade de je.

Deuxièmement les pauvres sont pauvres, parce qu’ils le veulent bien etc. etc.

Une douzaine au total ; ça a l’air "cucu-la-praloche", mais ça marche bougrement bien ce genre de raisonnement, la preuve pendant plus de vingt cinq ans, tout le monde l’a gobé.

 

Et bien sur, le clou, le saint-marché a toujours raison ! Tout nouveau paradigme (la main invisible), laisser le marché s'autoréguler...

Les autres axiomes vous pouvez les lirent dans différents bouquins, dont celui d'Ignacio Romanet "le Krach parfait " (voir les références en fin d'article)

 

Ils ont pu de cette manière tout démantibulé, les acquis sociaux, vendre les bijoux des nations etc. sans que personne n’ose l’ouvrir, en se disant : « mais qu’est-ce que c'est que ces conneries ? »

 

"Gros jean comme devant ", sans que personne n’osent répliquer à cette fumisterie, cela peut paraître incroyable quand on y repense ?

 

Trente ans se sont écoulés jusqu’à aujourd’hui, où tout le monde se réveille du cauchemar néolibéral, et alors que tout s’effondre, certains attardés continu à nous vendre ces mêmes salades sans vergogne, par exemple Sarkozy.

 

Révolutionnaires ? C'est vraiment n’importe quoi !

 

Sans l’aide des médias, des économistes au service de cette nouvelle religion, des instituts de sondages ou des agences de publicité, les experts tous azimuts, et les parasites en tous genres, banquiers, financiers, assureurs etc. (la liste serait beaucoup trop longue) jamais leur coup foireux n’aurait pu fonctionner. Sans relâche ils nous ont mentis, jusqu’à ce qu’on les croient et qu'on leur céde enfin. Au point que certains ont cru à leurs propres mensonges ! Les fameux "nouveaux chiens de gardes", dont parle avec talent Serge Halimi. Merci à vous.

 

A force de répéter les mêmes mensonges, on a fini par les croire, même les sociaux démocrates (les sociaux traîtres devrait-on dire) du ps s’y sont mis à leur tour, ils n’y a pas d’autre alternative, ont-ils entonné en cœur !

 

Si j’ai bien compris mon cher Denis, c’est bien embêtant pour ceux qui continueraient à employer ces catégories, car comme tu le dis si bien leurs textes et leurs positionnements factices, font qu’ils ne sont plus très crédibles, et c’est tant mieux. D’autre part ces trois textes ont un air de parenté très intéressante, où tout l’éventail idéologique y est décrit très clairement, aussi ne serait-il pas judicieux de proposer autre chose que cette forme de pensée, qui fait fi des réalités et se réclame  d’un passé révolu à jamais ?    

 

*Pinochet, invitent à plusieurs reprisent ces théoriciens fanatiques, qui laissent à demeure leurs élèves, afin, pensent-ils, qu’ils appliquent à la lettre leurs concepts "révolutionnaires" (ces concepts seront décrits en détail dans cette démonstration). Pinochet et ces théoriciens ont fait du Chili un laboratoire (le seul au monde) de ces théories criminelles. L’Indonésie fut aussi réquisitionner pour appliquer ces expériences criminelles. Curieusement ils choisirent, dans un premier temps, d’appliquer leurs théories fumeuses dans des pays où les régimes politiques étaient autoritaires. Pourquoi ce choix délibéré ?

 

PS : sans Ignacio Romanet, ce texte n’aurait probablement pas vu le jour. Vous pouvez vous procurez son bouquin « le Krach parfait »  paru chez Galilée ed. (au prix de 18 euros) Merci à toi aussi Ignacio.

 


Re: et encore ceci par Serge_Gomond le Samedi 14/02/2009 à 13:47

DC écrit : « …c’est le capitalisme qui est révolutionnaire et qui ne peut survivre qu’en révolutionnant en permanence les conditions mêmes de son développement… »

Dans cet article « et encore ceci », rendu "clean" peut-être par ne pas trop choquer (?), une erreur il faut le reconnaître, car les deux pays qui ont servi de "laboratoire" aux théories de "l’école de Chicago", ne sont pas le fruit du hasard. Ce sont deux dictatures, qui pour régner ont usé à outrance de la violence (sous toutes ses formes) et où la liberté n’a pas cours (des milliers d’exécutions sommaires, des milliers de cas de tortures, d'emprisonnements ou de déportations en masse, etc.). Et ce n’est pas un hasard, il faut le répéter, ces théories économiques ne pouvaient, du moins dans un premier temps, se développer que sous des régimes autoritaires. Pourquoi, (1) Friedman et "le pape" Hayek ont choisi le Chili et l’Indonésie ? (A ce sujet, il faut lire ou relire, « La fabrication du consentement » de Chomsky et Herman, «Stratégie du choc » de Naomi Klein). Parce que leur conception de la démocratie se définie ainsi :

Déclaration parue dans « El Mercurio », le 12 avril 1981,

«… Je préfère personnellement une dictature libérale à un gouvernement démocratique dans lequel le libéralisme serait absent… »

Ensuite, lorsque Denis écrit que le capitalisme doit impérativement trouvé de nouveaux débouchés à son expansion, c’est pour une raison fort simple, s’il ne trouve plus de nouveaux débouchés, il crève !

Lorsque son pendant, l’économie capitaliste totalitaire (il faut comprendre l’URSS et ses satellites), disparaît, il (le capitalisme occidental) sent instinctivement que son tours ne tardera pas s’il ne fait rien, aussi trouve-il opportun de mettre en application cette nouvelle religion (le terme de religion est pris a dessein, car il s’agit bel et bien de la gravitation d’un degré supplémentaire, nous passons de la démocratie bourgeoise à la dictature libérale, les élections "libres" ne sont qu’un alibi) et via les "think thanks" (les porte-voix de cette nouvelle religion). Toute cette belle mécanique a fonctionné à la perfection, avec ou sans l’assentiment des sociolos ou des cocos ! La seule opposition (2)véritable, et qui se définie comme telle (c-à-d clairement formulée comme telle), sont le POI et les radicaux (anarchistes de toutes mouvances confondues), les autres ne sont que le pale reflet des partis institutionnels.     

 

  1.   Friedman était un grand admirateur de Pinochet et qualifiait le résultat de sa collaboration avec ce dernier de "miracle économique" Il reçu le prix Nobel d’économie en 1976 !
  2.  LO et le NPA sont des cas à part, et il est hors de question que d’émettre une critique vis à vis de ces deux partis politiques, mais leur opposition est quelque peu mesurée.
                    


par regis le Samedi 14/02/2009 à 03:23

Je pense que le capital est beaucoup plus pragmatique : il n’hésite pas à se servir de personnel politique socialiste ou communiste quand il le faut. Il n’a pas de fétichisme de droite, pas de fétichisme de gauche. Affranchi des tabous. Révolutionnaire en somme car ce terme n’indique ni le bien, ni le mal mais si j’en crois mon Robert : « Qui est partisan de changements radicaux et soudains ». A l’instar de nombre d’organismes vivants, il ne craint que ce qui peut entraver sa prospérité ou sa survie.

De même, il peut se parer de telle ou telle idéologie qui le sert dans le moment adéquat : « Chicago » hier, demain keynésien ou ce qui convient il a assez de plumitifs pour cela ; un seul impératif : sa survie.

Le néolibéralisme et l’école de Chicago : je ne suis pas un spécialiste mais il me semble que l’affaire se présente surtout comme un « laissez faire » intégral, refusant l’interventionnisme y compris dans le domaine monétaire. L’Etat est l’ennemi, il faut le priver de tout pouvoir sur l’économie.

Quelle est la pratique ?

-         privatisation sans limites certes, mais multiplication de la bureaucratie liée à l’Etat pour favoriser la déréglementation : hautes autorités, conseils, comités de « sages »…où, sur le modèle de la commission européenne sévissent des larbins grassement payés.

-         Plus que l’Etat non-interventionniste en économie, on perçoit une machine de guerre contre le salariat illustrant comme jamais les paroles de l’Internationale : « La loi ne profite qu’aux riches ».

-         Pour synthétiser : l’Etat mis comme jamais à la disposition du capital : l’argent public à sa disposition y compris remise de cotisations sociales qui ne lui appartiennent pas, interdiction faite aux mutuelles de compenser, lorsqu’elles le veulent…

Nous sommes loin de l’Etat « mince » de l’idéologie des chicago-boys : bureaucratie grandissante, machine à redistribuer à l’envers, sur-(dé)réglementation, inflation de textes juridiques et réglementaires…

Et aucun chicago-boy de protester, une simple fonction d’idéologie un point c’est tout.



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