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Capitalisme contre démocratie

Par Denis Collin • Actualités • Mardi 01/11/2011 • 3 commentaires  • Lu 1779 fois • Version imprimable


L’annonce du référendum grec déclenche l’émeute chez les possédants. Les bourses paniquent : de quel droit le peuple grec déciderait-il de son sort alors que les gouvernements européens s’étaient mis d’accord pour faire supporter aux citoyens de toute l’UE le prix du sauvetage du système financier ? Sarkozy, qui venait de faire son habituel numéro de « sauveur de l’Europe » ne décolère pas et l’UMP lui emboîte le pas.

Tout cela en dit long sur l’idée que les puissants se font de la démocratie. Choisir entre deux clones de la même politique, voilà la démocratie qu’ils tolèrent encore. Mais que le peuple puisse décider si oui on non il doit se sacrifier pour sauver les profits des ploutocrates… voilà qui leur est insupportable. Comme était insupportable le « non » au référendum de 2005 sur le « traité constitutionnel européen ». Leçon : entre le capitalisme et la démocratie, il faut choisir ! Le capitalisme prétendument libéral s’est longtemps présenté comme la condition même de la démocratie. Les faits démontrent qu’il n’en est rien et que la démocratie ne peut être sauvegardée qu’en s’attaquant résolument au capitalisme.


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Commentaires

pourquoi le référendum? par pm le Mercredi 02/11/2011 à 20:12

 Curieux, ce référendum. Pourquoi Papandréou se lance-t-il dans cette aventure? On pourrait penser que le oui a perdu d'avance. Pas si sur.
Est-ce qu'il s'agit d'un contre-feu pour dévier la contestation vers une campagne électorale pendant qu'il fait passer les plans de la troika?
Est-ce qu'il pense pouvoir obtenir un oui? Et comment?
 


Re: pourquoi le référendum? par LEMOINE le Mercredi 02/11/2011 à 21:55

La tournure des événements autour de la dette grecque est vraiment surprenante. On nous disait qu’il n’y avait pas d’autre solution que le plan si laborieusement concocté par les 17 membres de l’Euro groupe. C’était çà ou le défaut de paiement avec un effet dévastateur sur le système bancaire européen.

Effectivement, la remise en cause de cet accord par le 1er ministre grec, sous le prétexte de le soumettre au référendum, a d’abord eu pour conséquence une chute brutale des bourses et particulièrement du cours des banques concernées. Mais voilà qu’aujourd’hui, alors que rien n’est arrangé, les cours se stabilisent et restent au dessus de ce qu’ils étaient en septembre. L’affaire paraît donc bien moins grave qu’il était dit. Comme je le pensais les banques sont parfaitement capables de supporter la perte. Le problème ce n’est pas la décote de la dette grecque mais la masse des CDS émis, c'est-à-dire des paris faits par les spéculateurs sur la dette grecque. De ce côté personne ne mesure le danger ni ne sait ce qui va se passer, ni qui est concerné.

C’est aux Etats-Unis qu’un premier mastodonte de la finance, MF GLOBAL, fait faillite. Il semblerait qu’il s’était fortement engagé sur des CDS sur le Grèce. Il aurait dû toucher un pactole au cas où la Grèce n’honorait pas ses dettes. Ce que la Grèce a fait : mais voilà que l’autorité chargée de réguler les produits dérivés, l’ISDA, a décidé qu’un impayé de 50% avec l’accord du créancier n’était pas un incident de paiement et ne déclenchait donc pas les CDS. Tous ceux qui ont parié sur la faillite grecque ont donc perdu. L’ISDA était bien obligé de choisir entre ceux qui avaient parié la faillite et ceux qui avaient relevé le défi et parié le remboursement. De son choix dépendait qui serait gagnant et qui serait perdant.

La faillite de MF GLOBAL risque donc d’être la première de ceux qui ont fait le pari déclaré perdant. Comme il faut un responsable à tout cela, on en vient à se demander si le coup de référendum n’a pas pour but de laisser croire que c’est Papandréou qui sera responsable des faillites. Ne s’agit-il pas de détourner la colère des épargnants détroussés sur un acteur étranger. Car évidemment MF GLOBAL a engagé l’argent de ses clients dans ses paris de dingue ! En faisant du premier ministre grec la cause de leur malheur, on essaie peut-être de faire oublier aux victimes que dans les paris, s’il y a un perdant, il y a aussi un gagnant. Leur épargne est aujourd’hui dans la poche du gagnant. Les grecs n’y sont pour rien, ils n’avaient invité personne à faire des paris sur leur sort.

La dramatisation de la situation par l’annonce inopinée d’un référendum, serait alors un service rendu par le 1er ministre grec à ses amis spéculateurs et surtout au gouvernement américain qui tente ainsi d’éviter que les indignés de Wall Street aient un motif supplémentaire de s’indigner encore plus. Cette affaire de référendum serait un coup fourré pour faire passer la casse due aux paris sur la Grèce.


Re: pourquoi le référendum? par pm le Lundi 07/11/2011 à 18:05

 Finalement, le référendum a fait long feu.
Seules certitudes. Pas de place pour la démocratie et la souveraineté nationale en Europe. La "troika" dicte sa loi à la Grèce. Référendum annulé et premier ministre congédié. 



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