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Dans le secret des licenciements

Documentaire diffusé sur France 2, Jeudi 10 février à 22h25

Par Jacques Cotta • Actualités • Mardi 08/02/2011 • 5 commentaires  • Lu 3618 fois • Version imprimable


Elles se nomment Isabelle, Françoise, marie… Elles ont 40, 50, 53 ans…. Elles ont travaillé 25, 30, 34 ans sur les chaînes de l’usine Continental de Rambouillet. Et du jour au lendemain, avec des centaines de leurs collègues, elles sont remerciées –virées- jetées avec comme seul recours le tribunal des prud’hommes…
Isabelle, Françoise, Marie et les autres, des cas à part ?
 
Ils se nomment Joël, Amide, Mustapha, ou Henri… Ils sont opérateurs depuis des années pour la société Teleperformance qui a « hérité » des services de téléphonie que les grands groupes ont externalisés… Et pour bénéfices insuffisants, ils sont eux-aussi rejetés, licenciés, virés, leurs emplois supprimés, leurs services délocalisés de l’autre côté de la Méditerranée.
 
Isabelle, Françoise, Marie, Joël, Amide, Mustapha, Henri et tous les autres des cas particuliers ? Le sort qui leur est réservé inévitable ?
 
Depuis l’éclatement de la crise, des centaines de milliards ont été déversées pour sauver le système financier. Le corollaire était alors exposé en toute simplicité : en sauvant les banques, les pouvoirs publics sauveraient les entreprises et donc l’emploi… Aujourd’hui les banques ont bien été momentanément sauvées. La spéculation est repartie. Mais les emplois ont massivement été liquidés.
 
Toutes les couches de la population active sont visées, toutes les professions, tous les âges. Intérimaires, CDD, vacataires, ouvriers, cadres... Les « Vieux » que la politique à l’œuvre voudrait voir travailler plus longtemps sont rejetés au chômage. Les « Jeunes » explosent le triste record des catégories sacrifiées. Un sur quatre en effet ne trouve aucun débouché sur le marché du travail. Au total, durant la seule année 2009, plus de 500 000 travailleurs ont perdu leur travail. Les chiffres à venir, pour 2010 et 2011 laissent présager le pire. Les plans sociaux en effet se succèdent, tout autant dans l’industrie que dans les services. La crise du capitalisme que certains voulaient voir humanisé, ou encore régulé, bât son plein.
 
Isabelle, Françoise, Marie, Joël, Amide, Mustapha, Henri et tous les autres simplement victimes de la crise ?
 
La crise, la crise encore et toujours. Mais de quelle crise s’agit-il ? Derrière les chiffres se trouvent des drames humains. Et derrière cette réalité humaine se trouve un système organisé. Certains en pâtissent, d’autres en tirent profit. Les personnages que nous avons rencontrés -ouvriers, patrons, actionnaires- mettent à nue, chacun à leur manière, les mécanismes à l’œuvre. Dans l’industrie, à Continental par exemple, dans le département des Yvelines, où en quelques années les effectifs sont passés de plus de 1500 à moins de 400 ; ou dans les services que les grands groupes ont souvent externalisé, comme à Teleperformance par exemple, entreprise devenue un mastodonte mondial dans le domaine de la téléphonie, qui liquide aujourd’hui centres d’appel et plus de 800 emplois en France. 
 
Quelle est la situation exacte de ces entreprises qui ferment ? Incapable de maintenir l’emploi, ou au contraire bénéficiaires, mais insuffisamment au goût de leur direction et de leurs actionnaires ? Une telle situation qui condamne l’homme au nom des profits à réaliser est-elle tolérable ? Peut-on accepter que les emplois soient liquidés ici et que les entreprises soient délocalisées de l’autre côté de la méditerranée où sont embauchés des ouvriers sous-payés? Qu’en disent responsables d’une part, travailleurs licenciés ou menacés de l’autre ? Quel avenir pour ceux que nous avons rencontrés ? Emploi ou assistance ? Travail ou aide momentanée ? Comment comprendre la revendication syndicale pour « des primes de départ plus élevées », et non tout simplement pour « le maintien du boulot sur place », notamment dans les entreprises bénéficiaires ? Que penser d’une organisation politique et sociale qui produit de telles situations ? Ce sont ces questions notamment qui sont traitées dans ce documentaire en donnant la parole aux principaux concernés…
 
Je vous invite donc à regarder :
 
Dans le secret des licenciements
Documentaire diffusé sur France 2
Jeudi 10 février à 22h25
 
 
Jacques Cotta

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Commentaires

Lien croisé par Anonyme le Jeudi 10/02/2011 à 13:14

Dans le secret des licenciements, Jeudi 10 Février, France 2, 22h35 : J'ai dû lo : "Oui, certes.... mais on peut aussi avoir envie de le regarder après avoir lu la "note d'intention" qu'a publiée Jacques Cotta sur son site : http://la-sociale.viabloga.com/news/dans-le-secret-des-licenciements"


Re: Lien croisé et possessif par quent1 le Jeudi 10/02/2011 à 17:56

j'ai lu "...après avoir lu la "note d'intention" qu'a publiée Jacques Cotta sur son site..."
Non là je crois bien qu'il y a erreur car ce n'est pas son site bien qu'il l'anime de temps à autre tout comme d'autres par des articles.
La sociale en son objectif est un site collectif tenu au moins à 4 mains depuis quelques années et d'autres s'y sont ralliés, le site qu'animait J.C. Info impartiales, site créé suite à une pétition datant du temps du NON au TCE 2005 et plutôt en direction des journalistes a disparu ou cessé d'exister depuis quelques années. Je tenais quand même à préciser ceci car d'autres lecteurs et contributeurs pourraient s'offusquer de ce possessif


Lien croisé par Anonyme le Mardi 15/03/2011 à 11:32

J'ai dû louper un épisode... : "<p>C'est un documentaire de Jacques Cotta, un ancien invité de Des Sous, et un journaliste qui a toute l'estime de Pascale. C'est une bonne raison de le regarder, non, ce documentaire !</p><p>Oui, certes.... mais on peut aussi avoir envie de le regarder après avoir lu la "note d'intention" qu'a publiée Jacques Cotta sur son site :<a href="http://la-sociale.viabloga.com/news/dans-le-secret-des-licenciements"> http://la-sociale.viabloga.com/news/dans-le-secret-</a>des-licenciements</p><p>&nbsp;</p><div&gt;|....]</div><div>Depuis l’éclatement de la crise, des centaines de milliards ont été déversées pour sauver le système financier. Le corollaire était alors exposé en toute simplicité&nbsp;: en sauvant les banques, les pouvoirs publics sauverai"


Reaction par hornetbzz le Dimanche 03/04/2011 à 16:23

Au détail près que la crise a le dos large et est bien pratique dans ce cas ! Rappelons nous de la théorie du chaos : le chaos ne dure qu'une fraction de seconde pourtant il n'est que le résultat d'evenements préalablement cumulés.

Ces décisions de fermeture de l'usine de Rambouillet datent d'avant la crise. Les PSE et délocalisations par morceau de ce site se succèdent depuis ...2005. Ces "transferts" de production sont exigés par les constructeurs, et acquiescés de force par les équipementiers automobile, qui n'ont d'autres choix possible que de sacrifier leur propre outil de production sur l'autel de la contrainte du sacro-saint client. Des clients dont la rémunération des acheteurs dépend aussi du facteur "délocalisation". Evidemment ils ne s'en vantent pas. Posez donc la question aux repentis.

En outre, le rachat de Siemens VDO par Continental n'est qu'une suite de catastrophes. Sans ce rachat à forte dominante politico-financière (Gerhard Schröder mandaté pour le "pilotage"),  ces salariés malheureux n'en seraient probablement pas là.

Deux tsunamis internes à Continental, en 2 périodes distinctes vont bouleverser la vie de milliers de salariés Continental, en France et dans le monde. Des "événements" dont pourtant aucun de ces salariés n'étaient responsables.
Une première période de décembre 2007 à Juin 2008, puis une seconde de juillet 2008 à juin 2009.

Résumons la première période :
La mariée était moins belle au réveil du rachat mais Continental déchantera bien vite à la vue des vraies plans de vente. Siemens AG a vendu sa partie Automotive avec des perspectives de chiffres d'affaires un brin... "optimistes". Continental s'en est rendu compte, évidemment post-rachat, et a convoqué tous les directeurs de la planète à une énorme séance de rattrapage - une revue détaillée de business plan - afin de reconstruire sa propre vue. Et là "kolossale" surprise : alors qu'ils s'attendaient à un portefeuille de plus de 20 milliards d'Euros de business, ils en découvrent péniblement 13 milliards (annuels) en raclant tous les fond de tiroir de la planète. Première déconvenue qui mènera à une tentative - avortée - de re-négociation du rachat avec Siemens AG.

Ensuite une gestion désastreuse de l'ex-Siemens par le management Continental est venue compléter un tableau, qui bavait ses couleurs et commencer à ressembler plus à Guernica qu'à la Joconde.
A se demander si un tel désastre n'était pas conduit volontairement. C'est la question que tous se posent encore en interne chez Continental, et notamment les anciens Siemens-VDO. A un point de désaccord tel que quasiment tout le management de l'ex-Siemens s'est fait viré, pour la plupart, lui aussi comme un malpropre. Le résultat éloquent est que le cours de l'action Continental s'en est retrouvée divisé par deux en moins de 6 mois. Ce qui a mené à l'OPA hostile de Schaeffler en juillet 2008 : le boeuf Continental avalé par la grenouille Schaeffler.

Focalisons néanmoins notre attention sur des faits pour le moins ... étonnants, et sans le facteur "hasard" - l'ennemi juré des financiers et encore plus, des financiers allemands :
Dès mars 2006, le directoire Continental, dont les bien-nommés Manfred Wennemer et Karl-Heinz Neumann, gravait dans le marbre une belle charte quant aux "compensations" éventuelles, en clair leurs éventuelles indemnités de départ.
En juillet 2008, suite à sa gestion désastreuse, Wennemer se fait virer .. avec un beau chèque d'indemnités de 7,144 millions d'Euros, indépendamment de sa rémunération annuelle de plus de 3,5 millions d'Euros. (voir les pages 18 et 19 du rapport annuel 2008 officiel) . En note, Il faut se rappeler que la crise du second semestre 2008 n'avait pas encore clairement pointé le bout de son nez.
En septembre 2008, Neumann est nommé au directoire en remplacement de Wennemer.
Le 12 aout 2009, fin de contrat officielle de KH Neumann, qui partira après seulement 11 mois d'activités avec un très beau chèque de départ lui aussi: 7,43 millions d'Euros (voir page 22 du rapport annuel 2009). Donc avec sa rémunération, Mr Neumann aura empoché plus de 11 millions d'Euros pour 11 mois d'activités. Pas mal. En terme de rémunération annuelle, même Carlos Ghosn, acteur plus médiatique du secteur, ne fait pas mieux chez Renault (sans son salaire Nissan...).
Mais pas de probleme pour KH Neumann, celui-ci se retrouvera propulsé chez VW dès décembre 2009. Quelques mois de chômage qui n'auront pas perturbé Mr Neumann pour payer les traites de sa maison, pendant que les milliers d'ouvriers battaient le pavé pour espérer pouvoir se nourrir.

Bref, rien qu'à eux deux, Wennemer et Neumann ont pompé dans les caisses de l'entreprise plus de 14,5 millions d'Euros d'indemnités de départ, alors qu'ils ont précipité le groupe dans une berezina sans nom et plongé des milliers de salariés - dont nombre de smicards - dans la précarité la plus totale. Personne ne le dit, personne n'en parle.

C'est probablement dû à la résignation ou à l'écœurement total de ces salariés à bout de forces, qui ont sorti tout de qu'ils pouvaient de leurs tripes pour survivre ! Mais des Wennemer ou des Neumann n'en ont strictement rien à faire. Évidemment, les objectifs qui leurs sont alloués ne mentionnent pas le maintien de l'emploi ou la survie de leurs salariés, mais uniquement l'atteinte des objectifs de chiffre d'affaires et, surtout de marge. Par contre, leur bonus de fin d'année et leurs indemnités de départ, ça, ça les intéresse. Au plus haut point. Comme l'attestent bien leurs préoccupations de mars 2006 évoquées précédemment.

Ils sont tous deux partis sans un geste ni un regard et encore moins de compassion pour les milliers de salariés qu'ils ont plus que contribués à mettre à la porte (pour la France, Clairoix-Rambouillet-Asnieres, et Toulouse-Foix-Boussens passées sous silence). Pourquoi ? Parce que ce sont des machines, des machines à gagner, mais surtout, des machines à tuer (des "cost-killers" hélas parfois au sens élargi). En rapportant leurs indemnités aux licenciements à l'échelle du groupe, ces 14,5 millions représentent plus de 1000 Euros par personne licenciée par Continental dans le monde. Qui auraient très certainement apprécié le geste. Mais non, pas de morale là non plus : en plus de les jeter comme des bons à rien, ils les regardent se noyer sans lever le petit doigt. Horrible.

Mais il n'est jamais trop tard pour rendre la simple réalité ... visible.


Lien croisé par Anonyme le Dimanche 21/06/2015 à 13:45

jacques cotta - J'ai dû louper un épisode... : "Oui, certes.... mais on peut aussi avoir envie de le regarder après avoir lu la "note d'intention" qu'a publiée Jacques Cotta sur son site : http://la-sociale.viabloga.com/news/dans-le-secret-des-licenciements"



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