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De Berlusconi à Monti

Par Jean-Paul Damaggio • Internationale • Vendredi 25/11/2011 • 0 commentaires  • Lu 1848 fois • Version imprimable


Médiapart a donné la parole à Sandro Gozi, un ancien conseiller de Romano Prodi désigné comme un des espoirs du Parti démocratique (PD). Défenseur de la ligne centriste, même s’il est le porte-parole de ce parti il n’en est pas le secrétaire général, Bersani (son nom ne sera pas mentionné), qui se place clairement sur une position à gauche.

 

Comme chacun sait le gouvernement Monti est présenté comme un gouvernement d’experts comme si les experts étaient au-dessus de la politique. Or il suffit de citer deux noms pour comprendre que ce gouvernement est tout aussi politique que les précédents. D’abord la ministre de la justice imposée par Berlusconi – on se demande pourquoi ce ministère tient à cœur au Cavaliere – Paola Severino. Ses titres de gloire sont clairement au service de Berlusconi, le plus gros étant la façon dont elle aida son employeur à prendre le dessus sur Benedetti dont l’affaire Mondadori. Il avait été envisagé de donner le poste à Livia Pomodoro présidente du Tribunal de Milan.

Citons sur l’autre côté, le véto du Parti démocratique à la nomination d’un autre expert : Ornaghi. Ce recteur de l’université catholique de Milan devait devenir le ministre de l’éducation qui comme en France n’est plus, depuis longtemps, un ministère de l’éducation publique. Il occupe seulement le ministère des biens culturels. Le poids du Vatican sur ce gouvernement n’en est pas moindre avec Corrado Passera qui, avec la bénédiction de la Conférence épiscopale, devient le super ministre des activités productives. Le Vatican a pris une large part à la chute de Berlusconi et il récupère les bénéfices.

Médiapart  a-t-il posé à Sandro Gozi des questions dérangeantes sur de tels sujets ? Pas le moins du monde. Au contraire nous lisons : « Je ne suis pas trop inquiet, je suis même très optimiste. Ce débat sur la technocratie qui bafoue la politique n'a pas lieu d'être, car il s'agit en fait de permettre le retour de la bonne politique. Car aujourd'hui, qu'est devenue la politique en Italie? Depuis une décennie, il ne s'agissait que d'une confrontation sectaire entre berlusconiens et anti-berlusconiens! Et ce conflit passionné a fait beaucoup de mal au pays, au point de paralyser toute réforme. »

Je préfère l’opinion de Paolo Flores d’Arcais : « Berlusconi a démissionné, le gouvernement Monti a pris sa place, mais le post-berlusconisme n’a pas encore commencé. » Pour qu’il commence Flores d’Arcais pose trois conditions : le démantèlement du pouvoir médiatique de Berlusconi, l’affrontement de la crise (de manière sociale) et le rétablissement de la légalité.

A suivre. 23-11-2011 Jean-Paul Damaggio

 

 


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