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De Ted à Barak

Par Jean-Paul Damaggio • Internationale • Vendredi 28/08/2009 • 1 commentaire  • Lu 1660 fois • Version imprimable


La question n’est pas qu’il s’appelait Kennedy mais que Ted s’activa sa vie durant pour défendre les êtres malmenés par la société américaine. De ce point de vue, il a pu considérer un instant que la victoire d’Obama était un peu la sienne, mais cent jours après la prise de fonction, a-t-il eu la possibilité de vérifier que « le président des pauvres » était à la hauteur de sa tâche ?

 

Ted Kennedy était bien placé pour savoir que la politique, ne fonctionnant plus comme pendant les années 60, était devenue seulement une marchandise commercialisée sur le marché avec les impératifs en marketing que cela implique.

David Axelrod, le monsieur marketing d’Obama, avait considéré qu’après l’éventuelle victoire de son candidat, il n’avait pas à le suivre à la Maison Blanche car se faire élire et conduire une politique c’était deux choses différentes. Pour une raison que je ne connais pas, il a changé d’avis et j’en ai déduit qu’avec Obama, après l’élection, la politique elle-même risquait d’être en vente.

Dans ces conditions pouvait-il arriver à imposer la réforme de la santé qu’il préconisait ?

A ce jour, tout n’est pas encore joué mais l’essentiel des reculs est pratiquement acté pour arriver à une réforme qui en gardera le nom mais en perdra l’essence.

En France, deux journaux avaient particulièrement encensés le Barak élu, mais, en ce mois d’août, après Libération, ce fut au tour du Monde de glorifier les « adversaires » du projet Obama ! En fait d’adversaires David Michael Green nous informe sur CounterPunch qu’après avoir incendié la réforme en termes odieux, les maîtres du système médical viennent de payer des spots publicitaires pour lui souhaiter plein succès !

Pourquoi ce revirement ? Parce que la négociation au Congrès, pour en arriver à un accord le plus large possible, a été confié à Max Baucus et Chuck Grassley, deux élus connus comme défenseurs du lobby pharmaceutiques ! De quels reculs parler ?

Sur le Monde le journaliste en indique un : « des coopératives locales à but non lucratif » comme forme de l’assurance nationale publique. Les assurances privées en rêvaient car leur puissance nationale, voire internationale, fera des entités locales leur jouet. Une fois de plus : la centralisation de l’économique doit s’accompagner de la décentralisation du pouvoir public ! Ce système existe aussi au sein du pouvoir économique : aux maisons-mères tous les avantages et aux « franchisés » de la base quelques miettes de bénéfices pour le prix de toutes les embûches ! A présent mon coiffeur est franchisé : quand une employée est en congé de maternité, elle n’est pas remplacée, aux autres de faire le travail !

Mais est-ce que ça vaut la peine d’entrer dans le détail des reculs d’une réforme dont l’application serait renvoyée à dans trois ans ?

Pour David Michael Green le seul point utile est aujourd’hui est de s’attaquer à la méthode qui a conduit à l’échec. La réforme précédente initiée par le couple Clinton avait été un texte proposé par le gouvernement au Congrès, aussi Obama, pour se montrer respectueux du Congrès, a préféré qu’un texte soit son émanation. Plutôt que d’envisager la lutte en proposant le texte qu’il pensait juste, en le défendant dans le pays et par des discours à la télévision, en mobilisant autour du texte, il a fonctionné en sachant le poids des lobbies sur le Congrès, poids auquel il ne pourrait s’opposer en agissant à posteriori. Plutôt que la lutte populaire il a cherché le consensus des élites, un consensus par avance défavorable aux droits des citoyens. Mais qui sont les citoyens en la matière ? Même si le système est catastrophique il reste profitable à une majorité qui a craint que les pauvres ne viennent perturber leur confort !

Michael Moore avait produit le film Sicko dénonçant la santé aux USA et il était allé au Canada, en Angleterre et à Cuba pour prouver la réalité de solutions alternatives. Or au Canada le système plus social qu’aux USA a des limites et celle mise en avant le plus souvent c’est le manque de médecins de famille et les temps d’attente pour se faire soigner. Il est évident que si le Canada mettait le quart de sa population malade sur la touche, le temps d’attente pour les plus riches serait réduit d’autant ! Pour Cuba, le système est reconnu comme meilleur que celui des USA (moins de mortalité infantile et plus longue espérance de vie) mais au prix de quelles restrictions en matière de liberté ? répond le Nord-américain moyen peu informé de toute façon de la réalité de l’île.

En résumé, Obama cherche à vendre sa politique et sur cette pente, vu la crise économique du système de marché, il est peu probable qu’il puisse résoudre la crise politique. Le retour de l’Etat si souvent évoqué n’est pas le retour du politique qui dirige : Obama se contente d’arbitrer ou d’organiser un autre type de conciliation entre les forces économiques en présence ! Faut-il espérer le retour de dictatures pour retrouver des politiques qui osent DIRIGER ? Certainement pas car d’autres drames les accompagnent inévitablement, mais pourrons-nous nous étonner si des peuples succombent à ce rêve ? Cette réforme de santé ne concernait pas que les USA qui fixent des prix exorbitants aux machines, dès qu’elles ont le label « médical ». Son échec n’augure rien de bon en Europe et ailleurs ! 28-08-2009 Jean-Paul Damaggio


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Commentaires

par Jean-Pierre Falies le Lundi 31/08/2009 à 09:51

Le dictatures ne sont certes pas souhaitables pour redonner son véritable lustre au Politique et retrouver des politiques qui osent diriger mais nous sommes obligés de constater que les "démocraties" électives ont échoué.
Alors il faut se tourner sans aucun doute vers des solutions que nous voyons aujourd'hui à l'oeuvre avec un certain succès: Le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, qui ont créé des alternatives et qui redistribuent les richesses grâce à des politiques fermes face aux égarements du capitalisme. Et puis il ya Cuba..... Santé, Education, sont au centre des préoccupations. Exemple à suivre peut-être.



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