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L'Impatience et la démocratie

Par jpf • Débat • Samedi 16/01/2010 • 2 commentaires  • Lu 1664 fois • Version imprimable


On dit pour faire taire les insatisfaits que la démocratie est le moins mauvais de tous les systèmes connus jusqu’à aujourd’hui et probablement le moins mauvais de tous les systèmes envisageables pour le futur. Il ne manque pas non plus de gens pour dire que sans la démocratie il n’y aurait pas de droits de l’homme. On oublie cependant d’ajouter que sans la reconnaissance et le respect collectif des droits de l’homme, la démocratie restera toujours un vain mot, une promesse constamment ajournée, une espérance quotidiennement frustrée.

             On dit que malgré les ombres qui défigurent le visage de la démocratie, elle avance malgré tout dans la bonne direction et que l’impatience qu’en d’autres temps on qualifiait de non-révolutionnaire n’est pas non plus démocratique.

              Soyons donc patients ! Avec la patience nous gagnerons le ciel, avec la patience nous finirons par gagner la terre. Ne demandons pas comment ni quand, soyons patiemment obéissants. La patience n’est pas seulement une vertu chrétienne, elle est aussi, après mûre réflexion la seule solution raisonnable pour se diriger dans le labyrinthe fou qu’est devenue la vie de l’espèce humaine. Simplement, la sortie supposée du labyrinthe par la porte de la patience ne nous conduit qu’à la résignation et au conformisme. Soyons donc IMPATIENTS !!!!

               Impatients parce que cette démocratie politique, et seulement politique, dans laquelle on nous permet de vivre, est une démocratie limitée dans son expansion, bloquée dans ses mouvements, amputée dans son intégrité. Une apparence, une façade, un fantôme qui fuit le contact pour que ne soit pas révélée sa pauvre identité de fantôme.

              Nous vivons à l’intérieur d’une bulle démocratique qui flotte au gré des courants et des tourbillons économiques, que la démocratie elle-même ne peut ni orienter, ni discipliner. Dans cette bulle de démocratie formelle, tout paraît fonctionner à la perfection.

              Nous avons des partis politiques, nous avons des élections, nous avons des parlements, nous avons des gouvernements, nous avons des juges et des tribunaux, nous avons des droits et des libertés et aussi les devoirs qui sont supposés leur être inhérents. Nous pouvons renverser un gouvernement qui ne nous a pas compris ou qui n’a pas tenu ses promesses, et le remplacer par un autre qui fera d’autres promesses qu’il ne tiendra probablement pas. Nous changeons le gouvernement, mais nous ne changeons pas le pouvoir.

               C’est le paradoxe de la démocratie telle que nous l’avons acceptée et telle que nous la pratiquons. C’est la contradiction à laquelle nous n’avons pas réussi à échapper jusqu’à présent ; la démocratie est régie par des pouvoirs qui ne sont pas démocratiques ; les gouvernements élus par les peuples se sont transformés en commissaires politiques chargés d’appliquer les décisions de pouvoirs qui ne sont pas issus d’un vote populaire et qui ne sont jamais contrôlés par les organismes représentatifs de la volonté des citoyens.( Union Européenne, FMI, Banque Mondiale, OMC.)

               De cette union du paradoxe et de la contradiction est née l’authentique schizophrénie politique dans laquelle on nous oblige à vivre. L’impatience n’est peut-être pas réellement révolutionnaire, mais peut-être est-ce le moment de nous demander si l’avenir de la démocratie ne réside pas justement dans l’impatience des citoyens ?

               IMPATIENCE contre la résignation, IMPATIENCE contre le conformisme, en un mot l’IMPATIENCE contre eux qui nous ont fait perdre la patience.

 

 

Jean-Pierre Falies,

                                                                     


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Commentaires

POUR OXYGÉNER LA DÉMOCRATIE, METTRE FIN AU CUMUL DES MANDATS ! par Abd ibn Salama le Lundi 18/01/2010 à 10:51

 ▪ CE QUI ASPHYXIE LA DÉMOCRATIE  Vivre ensemble dans une société où chacun a voix au chapitre, c’est cela la démo- cratie.
Aujourd’hui, les institutions sont de plus en plus éloignées des citoyens. Les inégalités minent le vivre ensemble démocratique. Il y a urgence à innover.
▪ TOUS LES PRÉSENTS NE SONT PAS REPRÉSENTÉS...

La crise de confiance actuelle se nour- rit d’exclusion et de discriminations. Les femmes, les jeunes, les citoyens dont les origines font la diversité de la société d’aujourd’hui, restent éloignés de l’exercice du pouvoir et sous représentés au plan poli- tique.
Ce décalage entre représentés et repré- sentants n’est pas un hasard. La concentra- tion des pouvoirs par le cumul des mandats explique largement la sous-représentation des femmes, des jeunes et des « minorités visibles ».
▪ LA DÉMOCRATIE, C’EST TOUS LES JOURS, AVEC TOUT LE MONDE
Pour en finir avec une représentation tronquée qui mutile la démocratie, il faut mieux reconnaître les droits des minorités dans les assemblées, faire plus de place au scrutin proportionnel, et interdire le cumul du man- dat parlementaire avec toute fonction exécutive locale et le cumul des fonctions exécutives locales entre elles.
Les responsabilités politiques doivent être ouvertes à tous sans distinction de profession, de sexe ou d’origines. Seul le mandat unique obligera à faire place à toute la diversité de la société française, afin de rapprocher vrai- ment les décideurs des citoyens.
Faisons campagne pour un référendum d’initiative citoyenne et parlementaire sur le droit de vote des étrangers. La Constitution le permet désormais
.


Re: POUR OXYGÉNER LA DÉMOCRATIE, METTRE FIN AU CUMUL DES MANDATS ! par regis le Mardi 19/01/2010 à 02:18

La loi sur la parité souligne qu’elle n’est en rien la voie vers la régénérescence de la démocratie. C’est même précisément l’inverse. Idem lorsque le PS ou d’autres, impose des « candidats issus de la diversité ». La représentation nationale n’a rien à voir avec la méthode des quotas chère à la statistique. Pourquoi ? Parce que la République n’a à reconnaître que des citoyens égaux en droits.

La notion de « minorité visible » pose problème à plusieurs titres :

-         elle sous-entend qu’il y aurait des minorités « invisibles » sur lesquelles j’aimerais, au moins pour ne pas mourir idiot qu’on fasse toute la lumière.

-         Je crains surtout qu’il ne s’agisse de catégoriser, sans même leur consentement, certains citoyens par des « déterminations » qui n’appartiennent pas à la République. Faudrait-il montrer le danger de cette caractérisation exiger un quota de roux dans la représentation ? Un quota de bi-sexuels ? ETC…

Thatcher, Rice, Royal, Aubry, Dati, Yade (et j’en oublie) n’existent pas ? La condition des femmes, des noirs ou des immigrés a-t-elle progressé avec elles ? Et avec le jeune Jean Sarkozy, celle des jeunes ?

Plus que de représentation des « minorités » nous avons besoin de celle singulièrement absente dans les propos et la politique : la majorité sociologique qui forme notre nation et qui, découvrant « la science de son malheur » chasse cette minorité oligarchique « diverse » ou non.      



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