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L'Imposteur et l'Imposture républicaine

Dés le soir du premier tour des municipales, voilà l'appel au "front républicain" qui refait son apparition...

Par Jacques Cotta • Actualités • Jeudi 27/03/2014 • 2 commentaires  • Lu 2129 fois • Version imprimable


L’entre deux tours des élections municipales laisse libre cours à toutes les « combinazione » dans le seul but de sauver ce qui peut encore l’être. Les responsables socialistes et leurs affidés n’ont pas tardé à remettre au goût du jour leur fameux « front républicain » pour faire barrage au front national. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Depuis l’appel à voter Chirac contre Le Pen aux élections présidentielles de 2002, l’idée est utilisée par la gauche lorsqu’elle connait une déroute comme le soir du premier tour des élections municipales. Dés dimanche soir les caciques du parti socialiste s’en sont donné à cœur joie. Il faudrait pour barrer la route au front national voter sans retenue pour l’UMP dans bon nombre de cas. Les républicains d’un côté donc, sans discernement, les autres de l’autre. Outre le fait qu’une telle logique, si elle était sérieuse, aurait dû permettre à la gauche au pouvoir d’interdire le Front national tout simplement, cela  signifie sur le fond qu’entre la politique du PS et de L’UMP,  il n’y a pas grande différence, en tout cas pas d’incompatibilité notable.

Comme je l’indique dans l’Imposteur, la différence entre l’UMP et le PS n’est pas de nature, mais d’intensité. Le reproche que formule l’opposition actuelle à François Hollande et à son gouvernement n’est pas d’avoir pris une mauvaise direction, mais seulement de ne pas aller assez vite et assez fort dans celle qu’il a choisie. L’appel au « front républicain » n’est donc que la sanction électorale d’une proximité politique revendiquée par la droite comme par la gauche.

L’appel au « front républicain » déroule un véritable tapis sous les pieds du front national qu’il est censé marginaliser. Alors que tous s’allient ou envisage de s’allier pour sauver le système, il place le front national en position d’opposant officiel et unique contre ce qu’il appelle l’UMPS. On comprend ainsi les jubilations de Marine Le Pen sur les plateaux de télévision dimanche, au soir du premier tour des municipales.

L’appel au front républicain permet enfin –et ce n’est pas pour les responsables socialistes le moindre des avantages- d’évacuer au nom de l’urgence les questions politiques posées par le vote. Il s’agit de ne pas aborder les causes qui ont engendré une abstention massive pour ce genre de consultation et un véritable rejet du parti socialiste en particulier et de la gauche en général.

Les commentateurs de tout bord s’interrogent sur un éventuel remaniement. Mais est-ce la question ? Un remaniement avec la même politique, le « pacte de responsabilité » qui organise la baisse des cotisations sociales des employeurs au détriment des citoyens, qui dans tous les domaines clés –social, économique, éducatif…- s’inscrit dans la politique de Nicolas Sarkozy ? 

« L’Imposteur » François Hollande est paraît-il très attentif aux résultats de ces élections, et notamment du second tour pour répondre aux français. Qu’il se rassure. S’il n’a pas tout compris ce coup-ci, la prochaine échéance des élections européennes approche et risque fort d’amplifier le message…

Jacques Cotta
27 mars 2014

 

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Commentaires

par Anonyme le Jeudi 27/03/2014 à 17:16

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 SAUVER NOTRE DEMOCRATIE 

02/08/2009
UN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE POUR QUOI FAIRE ?  

Rien n’est plus malsain pour notre pays que l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. Institué par la Constitution de 1958 : Article 6 : « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Les modalités d’application du présent article sont fixées par une loi organique ». De cette sorte de monarchie constitutionnelle instaurée par Charles de Gaulle élu de cette façon en 1962, l’Histoire dira probablement que tous les Présidents successifs qui ont accédés à cette fonction, ont été des usurpateurs.  

Ce que Pierre Mendès-France, sans le soutien de son ami…François Mitterrand qui avait d’autres visées, sentant le danger, a vainement tenté d’éviter. Mais la guerre d’Algérie réclamait un homme fort. De Gaulle l’incarnait : il s’est alors doté de pouvoirs spéciaux (article 16) et d'une légitimité plus forte grâce à un système électoral quasi plébiscitaire, comme cela l'avait été sous Napoléon III. Inutile d’insister sur ce qu’ont été depuis les derniers septennats et quinquennats que nous avons connus depuis, sans compter celui en cours : des tentatives plus ou moins vaines de « redresser la France » comme le promettaient les candidats depuis 40 ans au moins. En dehors de l’anomalie que constitue la concurrence entre deux légitimités de même niveau, celle du Président et celle de l’Assemblée nationale dont le pouvoir est également issu du suffrage universel direct, il y a une grave distorsion politique dans le fait que peu de temps après l’élection du dernier Président de la République, on entre à nouveau en campagne pour l’élection suivante, Ce qui dévie les actions entreprises en favorisant le parti ou la classe auxquels appartiennent les futurs candidats, façon de conserver la même oligarchie au pouvoir.  

On le voit avec la médiatisation excessive des mêmes hommes politiques connus, ce qui obère l’arrivée de femmes et d’hommes nouveaux. Rien n’est plus malsain donc que cette dérive qui entraîne, un éloignement des politiques des vrais problèmes sociaux-économiques.  Par exemple celui de faire le bon choix sans consulter le peuple pour combattre la crise et ses conséquences. Il est vrai que ce bon peuple est méprisable, car la majorité de ceux qui  le compose n’est pas suffisamment diplômé pour comprendre…. L’écran de fumée est permanent. Depuis des décennies, la France est gagnée par la gangrène de la médiocrité. Aidé en cela par certains nostalgiques du pouvoir qui se laissent manipuler par un Président, trop petit pour sa fonction, mais grand en machiavélisme.  

 Il faudrait de toute façon, amender l’article 89 de la présente constitution qui ne permet pas au peuple ainsi méprisé, de modifier lui-même sa constitution par référendum : Art. 89 : « L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement ». 

En faisant confiance au peuple souverain, la clarification des pouvoirs serait assurée. Il faut absolument que le peuple ouvre les yeux. Il en va de notre République qui perd constamment ses repères, et se laisse enfoncer dans la décrépitude. 

Il y a une explication à cette thèse sur l'imposture légale des Présidents  de la République après de Gaulle : la constitution de la Ve a été rédigée pour de Gaulle, de façon très hiérarchisée, ce qui n'est pas étonnant de la part d'un chef militaire, mais principalement conçue pour lui de façon quasi monarchique.  

Même Michel Rocard, - qu’on l’aime on non -sur ARTE le 3 août  2009 à 23 h 50 (la démocratie des Moi) a avoué s'être trompé pendant 40 ans sur le principe de l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Il Le considère comme "catastrophique pour la France". Certes en tant qu’homme dit de gauche, il est contestable, mais pas forcément nul.  En tant que professionnel de la politique il doit avoir des arguments. Malheureusement il ne les a pas évoqués. 

Malheureusement ses successeurs n'ont pas eu cette ambition, il est vrai au-dessus de leurs capacité. Aucun n'a eu sa stature. Ils ont tous fait passer leur ambition personnelle avant tout, en se faisant catapulter par un parti politique, de gauche ou de droite. Système partisan que de Gaulle considérait comme secondaire, sinon néfaste.  En acceptant telle quelle une fonction présidentielle trop grande pour eux, tous les présidents de la Ve ont trompé le peuple. C’est pourquoi je  qualifie ces actions d’imposture et même d’usurpation, bien qu’elles soient légales.  Ce que de Gaulle voulait, c'était un Président arbitre souverain, sauveur de la France éternelle, comme il l’a été, au-dessus de la politique politicienne. Impossible évidemment à trouver après lui.  

La conclusion qui s’impose : revenir à la situation classique saine d'un président purement représentatif, et un Premier ministre (ou Président du Conseil), responsable devant le peuple·, alors qu'une élection à caractère plébiscitaire telle qu'on la connaît lui donne une  légitimité qui institue un double pouvoir, celui du président élu de cette façon et celui de l'Assemblée nationale. Pouvoirs issus du suffrage universel direct, mais fausse séparation, qui déséquilibre notre système démocratique en faveur d’un système partisan, celui d’un régime présidentiel quasi totalitaire, qui n’ose pas dire son nom. Peut-on espérer que les partis politiques qui vivent pour et par ce type d’élection, appuient cette revendication ? Ou un vrai Président, par vrai patriotisme change au moins les articles qui lui ont donné ses pouvoirs quasi absolus. Les pressions de la Rue, les pétitions, et quelques rares médias pourraient y parvenir mais ça risquerait de faire désordre.


Les imposteurs par Peretz le Jeudi 27/03/2014 à 17:23

Le post précédent est tiré d'un passage de la Constitution citoyenne que j'ai écrite depuis quelques années : www.voixcitoyennes.fr ou voiescitoyennes.fr



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