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Le crime était presque parfait !

Campagne pour la levée de l'état d'urgence n°5: comment le parti socialiste malgré l’état d’urgence est en voie de liquéfaction…

Par Jacques Cotta • Actualités • Mercredi 09/12/2015 • 1 commentaire  • Lu 1246 fois • Version imprimable


Depuis les résultats du premier tour des élections régionales, nous assistons à une condamnation sans appel de la France d’en bas qui serait responsable du succès électoral du FN. Une hystérie qui n’a d’égal que celle qui s’était abattu sur le peuple lorsque celui-ci avait pris la liberté, en 2005, de voter contre l’avis des « élites » politico-médiatique et de rejeter la constitution européenne.  L’Editorial de France Inter le lendemain du premier tour des régionales, stigmatisant les « cons » pour leur vote, est un exemple notable du genre…

Tellement simple d’accuser le peuple. Si seulement on pouvait le changer… Cela permettrait de ne pas s’interroger sur les véritables responsabilités, celles des responsables politiques de gauche et de droite, totalement interchangeables, à tous les niveaux. Sarkozy a pour programme de faire mieux et plus fort que Hollande. Tout un poème. Car Hollande dans tous les secteurs clés de la vie politique, économique et sociale, sans parler de la politique étrangère, a chaussé les patins de Sarkozy pour appliquer une des politiques les plus réactionnaires que la France ait connue depuis des décennies. Casse du code du travail,  allongement de l’âge de la retraite, travail le dimanche, précarité et Contrats à Durée Déterminée généralisés, réforme du collège, réforme hospitalière, réforme territoriale, mise à mal des services publics en général, lois Macron, « libéralisation » à tous les étages, pacte de compétitivité,  …  

Vous avez dit FN ?

Mais faut-il chercher ailleurs les ressorts d’un parti dont on nous dit qu’il est le fascisme incarné pour mieux tenter une nouvelle opération d’union nationale qui permette à la politique ultra réactionnaire de Messieurs Hollande et Valls d’être mise en œuvre ? Le FN n’a pas les caractéristiques du parti fasciste vendu sur tous les tons pour mieux interdire la réflexion. Il n’est ni soutenu par le grand capital, ni organisateur majoritairement de bandes armées chargées de casser physiquement le mouvement ouvrier, ni armé d’un projet « révolutionnaire » totalitaire mais plutôt d’un projet de droite extrême qui chasse en bien des points sur les terres gaullistes…
Après les attentats du 13 novembre, François Hollande, air martial et autoritaire, a tenté de se refaire une santé par l’intensification de la guerre en Syrie et « l’état d’urgence » en France. Guerre dehors au moyen des bombes, guerre dedans au moyen d’une remise en cause des libertés démocratiques individuelles et collectives, libertés associatives, libertés syndicales, libertés politiques. Une modification de la constitution est prévue pour y intégrer par exemple la déchéance de nationalité des bi nationaux, mesure chère au FN d’abord, à Nicolas Sarkozy ensuite.

C’est donc comme dans un mauvais polar, au moyen d’un crime –celui des libertés et des valeurs élémentaires dont la gauche s’est toujours réclamée même s’il lui est arrivé d’y déroger- que le président voulant redorer son blason s’est proposé de sauver le parti socialiste.

Patatras ! L’échec est total. Au point de faire de Valls et consort les meilleurs agents électoraux des candidats LR, les ennemis jurés d’hier ! « Quel foutage de gueule » disait un militant socialiste écœuré qui refuse de se faire l’électeur honteux de l’adversaire d’hier. Pauvres socialistes de PACA par exemple, appelés à voter pour celui qu’ils ont qualifié depuis des semaines de représentant de la droite extrême ! Pauvres socialistes du Nord…  Pauvre Masseret qui dans le grand est résiste aux oukases de la rue de Solférino, de Matignon et de l’Elysée et qui soudainement, parce qu’il incarne une résistance à l’autoritarisme liquidateur venu d’en haut, prend un visage sympathique pour des centaines de milliers qui jusque là l’ignoraient…

Le crime comme dans les polars était presque parfait. Et comme dans les polars, le presque fait toute l’intrigue. Les socialistes risquent bien de perdre sur toute la ligne. Electoralement d’abord en s’étant fait hara-kiri dans le Nord et en Paca où ils vont disparaitre de la carte, sans pouvoir empêcher le produit de leur politique, l’élection des listes FN. Politiquement ensuite. En utilisant l’état d’urgence qui n’empêche pas aujourd’hui de nombreuses réactions sociales à sa politique –grèves, manifestations, …- et contre lequel déjà se dressent plus de 7500 citoyens à partir de « l’appel des 333 pour la levée de l’état d’urgence ».
 
Jacques Cotta
Le 9 décembre 2015

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Commentaires

le fascisme n est plus ce qu il était par mackwitz le Mercredi 09/12/2015 à 20:04

 salut camarade Jacques,
est il possible d envisager d autres critères que  certains de ceux des années 30 pour caractériser le fascisme! il n y a t il pas une plasticité du fascisme en lien avec les évolutions des contextes et des situations! et surtout si on s en tient aux pères fondateurs le nazisme et le fascisme sont dans les gènes du FN
Fraternellement
Eric



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