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Le labyrinthe des élections italiennes

Par Jean-Paul Damaggio • Internationale • Dimanche 20/01/2013 • 1 commentaire  • Lu 1406 fois • Version imprimable


Les élections politiques italiennes de 2013 pour la Chambre des députés et le Sénat auront lieu le 24 et le 25 février suite à la dissolution de la chambre du 22 décembre 2012, quatre mois avant le terme normal de la législature. Il y aura en même temps l’élection des Conseils Régionaux de Lombardie, Molise et Rome et l’élection directe des présidents de ces régions. Ce sont 51 millions de votants appelés aux urnes : 24,5 millions d’hommes et 26, 5 millions de femmes. Comme il y a quinze partis en présence voici un tableau pour s’y retrouver dans les prochains jours. Les sondages donnés concernent la mi-janvier 2013

Le centre-gauche « Italie Bien commun » coalition conduite par Pier Luigi Bersani (PD soit parti démocratique) suite à des primaires qui l'opposèrent d’abord à Laura Puppato (PD), Matteo Renzi (PD), Bruno Tabacci (porte-parole alors de l’ApI) et Nichi Vendola (SEL Gauche écologie et liberté). Cette coalition "Italie. Bien Comun" regroupe autour du Parti Démocratique, Gauche Ecologie et Liberté et Parti Socialiste Italien, le Centre Démocratique di Bruno Tabacci. Dans le Trentino-Alto Adige, le Parti Autonomiste Trentino Tyrol et le Südtiroler Volkspartei sont sur les listes du PD tandis que dans cette région les Verts seront sur les listes du SEL. Sondage : 33%

 Le parti Movimento 5 Stelle (Mouvement des 5 étoiles) du comique Beppe Grillo participera pour la première fois à de telles élections. Pour mesurer le poids de ce courant hors norme nous pouvons prendre le cas des dernières élections italiennes, les Régionales en Sicile du 28 octobre 2012. Le jeune géomètre Giancarlo Cancelleri, tête de liste, arrive en troisième position, 18,2%. Le mouvement obtient 15 sièges sur 90. Mais l’abstention était très forte puisque seulement 47% de votants se sont exprimés. Le programme est fortement dirigé contre la classe politique (pas de cumul etc.) et demande aussi l’interdiction des syndicats. Sondage : 16%

 La droite est en ébullition. Entre le 16 et le 20 décembre les députés du PdL (parti de Berlusconi) Ignazio La Russa, Giorgia Meloni et Guido Crosetto fondent Fratelli d'Italia – Centre-droit National, qui se veut un allié du PdL. Quant à l’alliance précédente entre le PdL et la Ligue du nord, elle a eu du mal à se mettre en place. Elle s’est cependant opérée le 7 janvier après que Berlusconi ait accepté de ne pas être le candidat au poste de premier ministre laissant cette fonction à Angelino Alfano tandis que Roberto Maroni pour la Ligue propose à ce poste Giulio Tremonti. Les discussions entre Ligue du nord et Pdl sont à relier aux élections régionales lombardes qui, pour la première fois, font suite à de nombreuses démissions (le 26 octobre 2012) et qui se tiendront avec un nouveau mode de scrutin. Tous les élus le seront dans les diverses circonscription à la proportionnelle au plus fort reste. Si les primaires au centre gauche, le 15 décembre 2012 ont pu aisément désigner le tête de liste l’avocat indépendant Umberto Ambrosoli tout n’est pas si simple à droite. Côté centre droit Gabriele Albertini, maire de Milan de 1997 à 2006, sera dans le camp Monti avec en face l’inévitable Roberto Maroni, secrétaire fédéral de la Ligue du Nord qui aura l’appui de Berlusconi. Le Mouvement 5 étoiles est dans la course avec Silvana Carcano tout comme  Carlo Maria Pinardi pour le mouvement Fare per Fermare il declino. Même sans l’appui de Fini et malgré le bilan de Berlusconi ce courant est doté de 27% dans les sondages.

 Le centre-droit récupère Mario Monti qui le 25 décembre a quitté ses habits de « technicien » pour prendre ceux de tête d’une liste « Un choix civique - avec Monti pour l'Italie », formée de membres de la société civile avec l'Union des Démocrates Chrétiens et du Centre(UDC) de Cassini et Futur et Liberté pour l'Italie (FLI) de Fini. Alliance ne signifie pas liste commune pour la chambre (pour le Sénat oui à cause de la loi électorale[1]) donc il y aura des listes conduites par la société civile, d’autres par UDC et d’autres par FLI (rappelons que Fini est le président sortant de l’Assemblée nationale poste qu’il a occupé grâce à son alliance avec le parti de Berlusconi). Depuis le début de la campagne les liens entre le centre-droit et le centre-gauche se resserrent ce qui fait crier, dans le centre-gauche, l’aile gauche du SEL de Nicki Vendola. Un resserrement qui tient sans doute aux sondages : le camp Monti arrive à peine à 13 %, preuve que l’alternative « molle » à la droite n’est pas en place d’autant qu’entre les trois leaders l’entente n’est pas au beau fixe.

 Les nouveaux partis politiques

Le magistrat Antonio Ingroia dirige une liste "Rivoluzione civile" lancée le 29 décembre 2012, liste appuyée par le parti de l’ancien magistrat Di Pietro Italia dei Valori, le mouvement Arancione du maire de Naples Luigi De Magistris, les Verts et la Fédération de la gauche qui regroupe l’extrême gauche italienne et le légendaire maire de Palerme Leoluca Orlando. Cette alliance un peu hétéroclite fait cependant une percée dans les sondages avec 4 ou 5%. Le parti de Di Pietro allié au centre-gauche avait déjà réussi de bons scores auparavant.

 Le journaliste Oscar Giannino a posé sa candidature à la tête d’une autre formation "Fare per Fermare il Declino". (arrêter le déclin). Sondage : 2%

 Il y aurait aussi un Parti Pirate.

La distribution des postes

Après les élections la distribution des postes va aussi concerner celui de président-e de la république avec également en vue, pour 2013 celui de la Commission européennes où Barroso a fait son temps, poste qui intéresse Monti. Les négociations doivent aller bon train... J-P Damaggio



[1] Pour avoir des élus la coalition gagnante se répartit à la proportionnelle 55% des sièges. Les perdants doivent passer la barre de 10% à la Chambre et 20% au Sénat. Ceux qui ne sont pas dans une coalition comme Rivoluzione civile doivent passer la barre de 4%. Si une coalition n’arrive pas à 10% les listes de la coalition n’ont d’élus que si elles passent la barre de 2%. Pour la coalition le vote est double : à la fois pour la coalition et en même temps pour la liste de la coalition.

 

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Commentaires

Quel salade italienne! par berthierch le Mardi 29/01/2013 à 15:39

Merci pour cette description qui semble prendre acte de la totale disparition des partis communistes et socialistes au moins au plan national.
Ceci devrait faire reflechir en France leurs adherents sur la possibilité d'une disparition similaire de leurs partis PS et du PCF...au "profit" de coalitions heteroclites derrieres des personnalités qui dépendent de la "couverture" que leur accorde les media.
Ainsi les partis sont mortels. Il faudrait savoir de quoi.
Car faute de partis, la volonté du peuple reste impuissante, sauf a trouver une nouvelle forme d'organisation politique de ce peuple.
Car il y a bien un moment, de rigueur en rigueur plus, d'un Monti à un Monti-plus, les italiens risquent de vivre ce que vivent les grecs: un recul dramatique de leurs niveau de vie et de leurs conquetes sociales.



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