S'identifier - S'inscrire - Contact

Le Nobel à Obama. L'habituelle farce d'un prix politique à usage et consommation des dominants.

(Repris du blog de Comunismo e comunità)

Par Lorenzo Dorato • Internationale • Dimanche 11/10/2009 • 1 commentaire  • Lu 1484 fois • Version imprimable


Que le prix Nobel de la paix soit pour l’essentiel une farce pour l’usage et la consommation des dominants du monde n’’est certes pas une nouveauté. Surtout, n’est pas une nouveauté l’usage politique qui peut être fait d’un tel prix pour orienter les sentiments d’une opinion publique mondiale manipulée.

Bien que de temps en temps, le Nobel ait été attribé à des mains dignes de son nom ou au moins innocentes, comme mère Thérésa de Calcutta, le « banquier des pauvres » Yunus ou Rigoberta Menchù Tum, ou encore à des associations internationales de divers types, souvent, c’est volontiers qu’un tel prix a été attribué à d’authentiques protagonistes de la violence colonialiste et de la guerre impérialiste. Kissinger, l’inspirateur décisif de l’impérialisme états-unien dans les années 70, en particulier pour les coups d’État criminels et sanglants en Amérique du Sud, reçut le prix Nobel en 1973 pour la médiation dans les négociations qui conduisirent à la fin de la guerre au Vietnam. Shimon Peres et Isaac Rabin, protagonistes de plein droit de la politique criminelle qu’Israël a conduit et conduit encore au détriment des Palestiniens, reçurent le prix, ensemble avec Arafat en 1994 pour les accords d’Oslo qui signèrent la reddition inconditionnelle de la direction palestinienne aux diktats de l’impérialisme israélien. Et les exemples seraient encore nombreux.

Il ne s’agit pas d’autre part d’opposer au dur réalisme de la politique réelle une sorte de vision rêveuse et ingénue de la paix comme champ exclusif des non-violents, des missionnaires, des journalistes courageux et des hommes simples. Il est clair que la paix est quelque chose qui, bien que passant par ces canaux, transite nécessairement par l’action diplomatique, le réalisme politique, le travail de bénédictin d’hommes d’État patients et sages.

Le problème donc ne se pose pas en termes d’opposition, entre les annonymes courageux et sans pouvoir opposés à des hommes en costume-cravatte ou puissants en divisions d’armée, mais dans l’évaluation du rôle objectif joué par un personnage déterminé à la lumière de son propre espace, de sa propre fonction et de ses propres possibilités concrètes.

Or, il me semble absolument prévu d’avance, qui n’est possible d’aucune manière de considérer Barak Obama comme un homme de paix, quel que soit l’optique qu’on choisisse d’adopter. Bien que son style soit plus ouvert et que ses discours puissent inspirer une plus grande sympathie que les délires messianiques et suprématistes d’un Bush, c’est une donnée de fait amplement vérifiable que le nouveau président des États-Unis a maintenu dans sa pleine vigueur une stratégie de domination globale de caractère militariste, agressif, dans la lignée du rôle de super-puissance impérialiste détenu par les USA, aujourd’hui encore, même s’ils sont dans une phase de déclin progressif. Le prouvent l’occupation criminelle qui perdure en Irak, l’intensification de la stratégie militaire en Afghanistan avec des franchissements de frontière continus au Pakistan, la poursuite, en dépit de réconfortantes déclarations de principes, de l’embargo criminel et illégal contre Cuba, les ingérences manifestes (bien qu’apparemment contradictoires) dans une grande partie des pays sud-américaines avec le cas éclatant du Honduras (récemment, l’armée américaine a effectué des exercices militaires avec les milices du golpiste Micheletti), et avec la volonté d’installer de nouvelles bases militaires en Colombie, transformant ce pays en un centre de contrôle des processus hostiles d’émancipation anti-impérialiste des différentes nations limitrophes, la substantielle indifférence pour le sort des Palestiniens, que vérifie la ligne imperturbable des rapports avec Israël, les menaces répétées contre la souveraineté de l’Iran.

Qu’Obama soit l’instrument de pouvoirs plus grands que lui, qu’il veuille procéder par la voie qu’il déclame souvent en parole, sans pouvoir le faire parce qu’il est l’otage des lobbies … tout ceci est sûrement intéressant sur le plan de psychologie de la personne mais n’a aucune valeur politique en vue d’une jugement global sur l’œuvre objective du président des USA.

Parmi les motivations officielles du choix du Noble, outre un générique « engagement pour la paix et la coopération entre les peuples », on cite « l’engagement pour le désarmement nucléaire ». C’est sur ce point en particulier qu’on atteint le sommet de la farce. L’engagement d’Obama pour le désarmement nucléaire est l’habituel engagement d’une superpuissance pour empêcher d’éventuels pays non alignés derrière sa domination de se doter de l’arme nucléaire comme clé de leur auto-défense. Je ne crois pas qu’Obama ait jamais parlé du démantèlement de l’arsenal nucléaire états-unien. Il n’y a là rien de particulièrement inhabituel ou de déplacé. Mais il suffit d’appeler les choses par leur nom.

Le vérité, au fond, est autre. Elle est que les États-Unis, aujourd’hui comme jamais, après la stratégie indigne et suicidaire de Bush dans les huit années de gouvernement, de 2000 à 2008, ont besoin d’un nettoyage complet de leur image dans le monde (hautement compromise). Obama, le président noir du « Yes we can »,a inauguré un style de communication et une stratégie de relations internationales absolument adaptés à cette besogne et il incarne le rôle du bon empereur dont les sujets ne tardent pas à se soumettre en faisant l’éloge de ses qualités, de sa clémence et de sa sagesse. L’enthousiasme que l’élection d’Obama a suscité voilà un an dans des secteurs très larges de la société italienne (et même jusqu’à la gauche soi-disant communiste) est simplement la démonstration du rôle de province impériale docile que toute l’Italie joue sur l’échiquier international.

Le Nobel de la paix accordé au président des USA est la confirmation d’une stratégie d’image qui, en partie, a déjà porté ses fruits.

Lorenzo Dorato – publié le 10/10/2009

(Repris du blog de Comunismo e comunità)

 

 



Partager cet article


Commentaires

Lien croisé par Anonyme le Lundi 12/10/2009 à 13:37

Premio nobel ad Obama: così si premia chi semina morte e terrore - Politica in : " L'articolo è stato anche tradotto qui: La Sociale - Le Nobel à Obama. L'habituelle farce d'un prix politique à usage et consommation des dominants."



Archives par mois


La Sociale

Il Quarto Stato