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Migrants, réfugiés, urgence humanitaire… La charité ne règle (malheureusement) rien… La solution sera politique ou ne sera pas !

Avec la Jungle de Calais, la frontière franco italienne de Vintimille concentre toutes les questions qu’il serait vain d’ignorer au nom de l’aide humanitaire à apporter….

Par Jacques Cotta • Actualités • Jeudi 03/11/2016 • 1 commentaire  • Lu 2036 fois • Version imprimable


Alors que Calais et la Jungle ont tenu le haut du pavé médiatique, à la frontière franco italienne, des centaines et des centaines de migrants continuent d’affluer. Des dizaines d’habitants de la vallée de la Roya –porte qui ouvre sur la vallée des merveilles- leur apportent comme ils le peuvent une aide bien nécessaire. De fait ils sont contraints de se substituer aux pouvoirs publics qui fuient leurs responsabilités et qui parviennent ainsi à se défausser. L’humanitaire – à moins de s’installer dans le temps comme une fin en soi face à la détresse que produit la situation- a ses limites. Les restaus du cœur devaient initialement durer un an. Après plus de 25 ans de repas fournis, ils sont devenus un des secours institutionnalisés contre une misère acceptée et développée par les orientations politiques de tout bord. Si l’aide apportée est profitable pour ceux qui en bénéficient, si elle devient identitaire pour un bénévolat qui s’active sans compter, elle atteint inévitablement des limites humaines, financières et surtout politiques qu’il serait vain de balayer.

 
Situation sous tension et limites humanitaires

Partons des faits.

Peu à peu, mois après mois, une situation des plus tendues s’est installée à la frontière franco italienne. D’abord par petits groupes, des migrants sont arrivés après un long périple sur la mer puis sur les routes, souvent au risque de leur vie, pour se trouver bloqués la frontière. Camp de la croix rouge italienne, église Caritas, ou embouchure de la Roya en plein air, Erythréens, soudanais du sud ou encore libyens s’agglutinent, périodiquement rembarrés par les autorités italiennes vers la Sicile notamment, remplacés par d’autres qui viennent prendre leur place. Tout manque. Les abris, le logement donc, la nourriture aussi. Le maire de Vintimille, voulant éviter les points de fixation, a sorti un arrêté pour signifier l’interdiction à tout bénévole d’apporter de la nourriture aux migrants sur son territoire.

Dans ce contexte des initiatives ont fleuri. Niant la croix rouge italienne installée sur place au prétexte qu’elle a des liens avec le pouvoir italien, et bafouant les autorités italiennes, des « brigades » ou « maraudes » se sont organisées dans les villages de la Roya pour aller nourrir ces migrants sur le sol Italien. Mais jusqu’à quand ? La charité bénévole, aussi généreuse soit-elle, peut-elle faire office de politique durable, comme une rustine sur un trou béant ? Et cela est-il d’ailleurs souhaitable ?

Détour par les restaus du cœur : A nouveau l’exemple vient rappeler que les meilleurs sentiments exonèrent de fait les autorités politiques de tout bord d’affronter les effets de leur orientation qui en l’espèce génère la misère, organise la répartition des richesses au détriment du travail et au profit du capital, limite les salaires, remet en cause les droits sociaux, etc, et remplit les files d’attente à l’entrée des restaus du cœur. Constat cruel, la charité malgré elle renforce le mal qu’elle se propose de contrarier.

Retour aux migrants : Nombreux sont ceux qui tentent de passer en France en remontant la vallée de la Roya pour arriver épuisés, être bénévolement hébergés par des habitants, en toute illégalité, avant de tenter de reprendre la route. Certains veulent rejoindre une famille, un ami. D’autres désirent juste traverser la France afin de gagner le Nord. Le rêve d’un Eldorado souvent illusoire en Allemagne ou en Grande Bretagne, rêve qui parfois se termine en cauchemar, porte de la Chapelle ou rue de Flandre à Paris… Certains bénévoles aident à engager le voyage en organisant des passages de la frontière. Mais est-ce là aussi une solution responsable ? Tous ne vont pas rejoindre une famille qui les prendra en charge. Alors que dire de ces migrants qui se retrouveront à Calais, où dans un centre similaire une fois celui-ci démantelé ? L’argument selon lequel « ils n’iront pas plus mal qu’ici, en Italie » est-il recevable ? Est-il seulement vrai dans les conditions actuelles où on sait ce qui advient dans les rues de la capitale ? Que dire du passage de jeunes mineurs que les autorités ne prennent pas en charge, comme la loi le leur impose normalement, et qui se retrouveront dans les rues parisiennes ? « C’est ce qu’ils veulent » défendent des bénévoles, « on ne va pas décider pour eux ». Mais est-il responsable de répondre à une volonté alors qu’il apparaît clairement que la réponse pose plus de problèmes qu’elle n’en résout ?
 
 
Hypocrisie généralisée

Tout se déroule dans une hypocrisie généralisée.

Côté français, la vallée de la Roya est dans les faits considérée comme une zone d’accueil interdite mais tolérée. Hypocrisie totale d’un gouvernement qui n’assume aucune des responsabilités qui lui incombent et que lui confère la loi, et qui, pour les mineurs isolés notamment qui devraient être pris en charge, via un juge pour enfant, via un foyer, bafouent les règles dont il se réclame. Loin d’une prise en charge de ces mineurs isolés, c’est parfois l’inverse qui se produit. Les forces de polices italiennes ou françaises patrouillent. Comme dans les montagnes, dans les ravins ou les tunnels s’engagent de temps à autres de folles courses poursuites. Les drames se succèdent. Un jeune migrant a enjambé un parapet pour échapper à une reconduite, loin de la frontière italo française, et s’est écrasé sous un pont à la sortie de Menton. Il ne s’est jamais relevé… Un autre serait entre la vie et la mort… Une jeune érythréenne fauchée par un camion sous un tunnel de l’autoroute a fini là sa quête de liberté… Un quatrième a déjà été dénombré…

Sentant les limites objectives de l’aide humanitaire qu’ils apportent –accueil, hébergement notamment- des bénévoles ont décidé de réquisitionner un centre de vacances désaffecté. L’expérience aura duré moins de 48 heures, le temps pour les gendarmes d’évacuer les lieux et d’interpeler quatre bénévoles présents au milieu des migrants. L’application de la loi tout compte fait légitime (notamment concernant un local sans sanitaire) n’a en l’espèce pas pris beaucoup de temps.

L’hypocrisie est donc générale.

Hypocrisie des pouvoirs publics français qui ferment les yeux, soulagés par l’aide apportée, tant qu’elle est sans visage, sans repère, sans écho.

Hypocrisie des partis de « gauche » comme de « droite » qui sous Hollande comme sous Sarkozy ont engagé des opérations guerrières en Syrie, en Lybie, en Irak, … dont un des premiers effets a été de jeter sur les routes et les mers des milliers d’habitants menacés dont on déplore aujourd’hui la présence.

Hypocrisie des grandes puissances qui ont engagé leurs opérations militaires au nom du combat contre le terrorisme alors qu’elles font ami-ami avec le Qatar ou l’Arabie Saoudite aujourd’hui, principaux bailleurs de fonds des groupes terroristes, comme hier avec les Talibans en Afghanistan avant qu’ils ne se retournent contre leurs maitres.
 

Hypocrisie de nos gouvernants qui ont réintégrés l’OTAN au prétexte d’une défense commune alors que l’alliance atlantique ne sert qu’à mettre en place la politique militaire américaine et à faire tourner le complexe militaro financier en jetant des milliers et des milliers d’humains dans l’exode.

Hypocrisie de nos gouvernants encore qui en signant les accords du Touquet ont créé la Jungle de Calais, insupportable pour les migrants comme pour les habitants locaux qui n’avaient pas demandé que le Calaisis soit à ce point dénaturé, défiguré, saccagé et qui aujourd’hui n’en peuvent plus d’une situation dont certains font reporter la responsabilité sur les migrants alors qu’à l’origine se trouvent les choix politiques qui ont été faits.

Hypocrisie de l’union européenne qui n’est pas en reste en faisant la leçon aux pays méditerranéens, Italie et Grèce en tête, alors que ceux-ci sont en première ligne dans l’arrivée des migrants qu’ils « gèrent » sans obtenir d’ailleurs d’aide particulière, pire, tout en se voyant condamnés pour ne pas respecter la sacro-sainte règle des 3% de déficit décidée à Maastricht après le coût que leur fait supporter l’afflux des migrants sur leur territoire. 

Hypocrisie de l’Union européenne encore avec les accords de Dublin qui interdisent toute demande d’asile hors des pays méditerranéens où les migrants ont posé le pied, accords qui devraient être dénoncés. 

Hypocrisie de l’Union européenne toujours qui clame de grands principes de solidarité, mais qui organise un système d’apartheid aux frontières qui n’a rien à envier à l’apartheid qui a longuement sévi en Afrique du sud.

Hypocrisie toujours et encore de l’Union européenne qui éclate au grand jour dans les accords iniques passés avec la Turquie pour se décharger du fardeau, foulant aux pieds les valeurs qu’elle revendique officiellement en donnant un brevet de vertu démocratique au régime d’Ankara.

Hypocrisie enfin d’une part de « bénévoles » qui se défendent d’être des « No Borders », c’est à dire des partisans de la mise à bas des frontières, de l’état, de la Nation, (politique dont on verra les conséquences plus loin) et qui font du passage des frontières sous prétexte que « c’est ce que veulent les migrants » une fin en soi.
 
L’humanitaire ne fait pas une politique

Une fois encore il ne s’agit pas de nier le soulagement que peut apporter l’aide humanitaire à ceux qui ont la chance d’en bénéficier. Mais à moins de se définir soi-même comme « porteur de croix » (au sens large, car beaucoup de religions prônent la charité, indépendamment de ce qu’elle mettent en pratique), le caritatif, les bons sentiments, l’amour de son prochain, l’aide nécessaire ne peuvent tenir lieu de politique et ne peuvent ouvrir aucune perspective.

Alors que de toute évidence l’acharnement humanitaire ne peut régler durablement et massivement la situation des migrants, c’est sur le terrain du combat vis à vis des pouvoirs publics que la question mérite d’être posée. Simplement. Le respect de la loi impose la prise en charge des mineurs isolés. Le droit au regroupement familial doit être exigé. La possibilité de demander asile, de voir son dossier instruit pour être accepté ou refusé doit être réaffirmée. C’est dans cette direction que la bataille mérite d’être menée. En reconnaissant le droit, la loi et le pouvoir légitime de l’état de dire qui il accueille et qui il refuse sur des critères qui doivent être précisés, définis, clarifiés et respectés.

Dans le sud de la France à la frontière franco italienne, la situation devient intenable. Les habitants qui hébergent à domicile des migrants sont submergés. Sur le plan bénévole, les limites sont atteintes. Seuls les pouvoirs publics peuvent, et doivent, répondre à la demande. La mairie de Breil-sur-Roya a décidé d’ouvrir une salle d’accueil. Les autres municipalités peuvent et doivent suivre l’exemple. Pour cela comment les mettre face à leur responsabilité. Tant que le bénévolat se substituera aux pouvoirs publics, rien ne contraindra le pouvoir quel qu’il soit. Le dilemme est de taille, ressenti comme tel. Mais la question est sans détour. Ne serait-ce pas bénéfique de mettre fin à l’accueil et l’hébergement semi clandestin qui constitue une aide indéniable pour quelques-uns pour mettre au grand jour la responsabilité des pouvoirs publics ? C’est sur le plan collectif et non plus sur celui de l’aide bénévole caritative que la question doit être posée pour sortir d’une voie sans issue…

La décision de savoir qui peut ou pas demeurer sur le sol national relève naturellement de l’état. Mais cela doit se faire en toute transparence. Voilà pourquoi il n’existe d’autre issue que de se diriger vers lui pour exiger qu’il prenne ses responsabilités.

Une autre conception qui met les frontières en ligne de mire s’oppose à celle qui reconnaît les prérogatives de la République. Mais que signifie donc « la mise à bas des frontières » pour permettre un passage massif de migrants sur le sol français ? Une façon d’éviter le combat politique contre l’état, une capitulation de fait accompagnée comme c’est souvent le cas d’un discours radical dont le « No Border » est un concentré. Cette position s’appuie sur une vision cosmopolite de l’organisation de la société opposée à la vision internationaliste inscrite dans l’histoire du mouvement ouvrier. Le « cosmopolitisme » se veut généreux en considérant chaque individu comme « citoyen du monde ». Vision idéologique déconnectée des réalités pratiques. Car le monde sans organisation devient une jungle, un enfer où la loi du plus fort s’impose au plus grand nombre. Cette vision est assez bien vue par les tenants du pouvoir financier pour lesquels en effet les frontières sont superflues, d’autant plus superflues qu’ils se livrent à la fraude fiscale ou tout autre exercice mafieux de dissimulation ou de pillage. « L’internationalisme » part de l’histoire des peuples, des Nations qu’ils ont bâties pour assumer une vision et un projet de développement partagés. Les Nations prennent un cadre, chez nous la République. Les frontières en délimitent les contours. Et c’est évidemment dans ce cadre que l’accueil de migrants peut ou pas s’opérer, dans la capacité de la République d’accueillir et d’intégrer. Une fois encore, c’est à ce cadre, l’état républicain, de décider qui accueillir ou pas, sur quels critères, et à lui seulement.  

Il est donc illusoire et absurde de s’appuyer sur une vision ultra libérale de la société et des rapports humains pour prôner l’accueil des migrants. Une telle vision ne peut rencontrer que l’assentiment du patronat qui y voit l’opportunité d’une main d’œuvre gratuite ou presque, la possibilité d’une pression à la baisse des salaires et d’une remise en cause de nombreux acquis arrachés de longue lutte. Cette position à terme ne peut conduire qu’à la catastrophe. Pour les migrants bien sûr qui ne pourraient trouver aucune place sur le sol national. Mais plus largement pour la société toute entière, les seuls pouvant en tirer bénéfice étant l’extrême droite capable de jouer sur les peurs, les frustrations, les mécontentements liés notamment à l’installation de campements improvisés, et sur les injustices. A l’heure du capitalisme financier, réclamer la mise à bas des frontières viendrait à entériner l’idée que seule la finance serait à même de réguler un tant soit peu l’activité, les êtres humains transformés en nomades corvéables et malléables à loisir. L’accueil de migrants est indissociable de questions qui concernent en réalité la société toute entière, la grande majorité de nos concitoyens. Pour accueillir, il faut pouvoir donner. La question qui mérite d’être posée est donc celle de la politique permettant d’apporter des solutions réalistes et durables. Posons donc le problème clairement. Et constatons que certaines exigences qui à prime abord peuvent sembler éloignées de la question qui nous occupe leur sont en réalité étroitement liées.

Pour accueillir dignement, quelles questions doivent donc être posées, et quels remèdes apportés ? 

L’emploi d’abord, donc la nécessité d’une politique de réindustrialisation, contrairement à ce que nous subissons depuis plusieurs dizaines d’années avec la destruction de centaines de milliers d’emplois industriels ordonnés par l’union européenne.

Des frontières utilisées à bon escient pour ce qui concerne les flux financiers, un protectionnisme ciblé, la défense de l’emploi.

Une opposition résolue au CETA et au TAFTA.

Des services publics et des fonctionnaires rétablis dans leur mission, leur maintien, leur reconquête et leur développement, contrairement à la « concurrence libre et non faussée » et au combat acharnée de l’UE pour leur réduction et leur privatisation.

L’enseignement, l’école et la laïcité.

Le logement.

Etc.

La reconquête de notre souveraineté, c’est à dire du droit de décider nous-mêmes, à travers nos propres institutions, de nos propres affaires. 

Aider à résoudre la question des migrants passe par ces questions politiques. Les ignorer reviendrait à accepter une situation migratoire qu’on peut déplorer, qu’on peut vouloir combattre sur le terrain, mais qui s’imposerait de fait comme une fatalité.

En guise de conclusion au risque de se répéter : Se tourner vers les pouvoirs publics

Ainsi donc, derrière les réalités humaines se trouvent les réalités politiques incontournables car conditionnant toute recherche de solution. 

Régler chez nous la question des migrants pose donc quelques exigences.

En premier lieu : Réaffirmer le cadre politique, historique, géographique que sont la nation, la république, ses valeurs, les frontières, et lmportance du principe démocratique essentiel, le droit des peuples à être maitres chez eux, c’est à dire la souveraineté nationale trop souvent bafouée, etc…

La souveraineté n’est autre que la possibilité de décider pour ses propres affaires en dehors de toute ingérence extérieure, des instances supranationales par exemple. Elle n’est pas négociable. Il s’agit d’une question démocratique essentielle. Cela signifie notamment que c'est à la république de décider qui a le droit de rester sur son territoire. Faute de quoi le mot "souveraineté" est vide de sens. Voilà pourquoi la bataille en direction des pouvoirs publics pour convaincre est essentielle.

En second lieu : partir de la réalité telle qu’elle est vécue par nos concitoyens, condition pour renforcer ou infléchir le cours des évènements, pour gagner une majorité. Le racisme évoqué pour justifier un rejet des migrants n’est souvent qu’une vue de l’esprit. Les français ne sont pas racistes. Ils sont parfois inquiets pour les conditions économiques de leur survie, ce qui est bien légitime. Les réponses qu’ils exigent sont celles évoquées précédemment, en terme d’emploi, de salaire, de services publics, d’éducation, de laïcité, de valeurs aussi… Ces questions sont donc centrales et devraient occuper une place de premier choix dans le combat pour régler les questions humaines, migrants ou français exploités.

En troisième lieu : le problème des migrants est d’abord celui des politiques au niveau international qui les créent. Les grandes puissances impérialistes sèment le désordre en faisant du chaos une stratégie. L'exportation du marasme en Europe fait aussi partie de cette stratégie qui risque fort de fournir une occasion en or pour une thérapie de choc fascisto-libérale. Érythréens, Soudanais ou Afghans qui veulent aller en Angleterre sont pris entre deux feux : les islamistes d’un côté, source du marasme dans ces pays à fort déplacement de populations, et les accords du Touquet de l’autre. Une fois encore, la dénonciation des accords du Touquet est une exigence. Comme l’est le combat sans merci contre le fascisme islamiste où qu'il se trouve. Quand on sait qu'en Syrie on arme Al Qaida qu’on félicite pour le travail accompli contre Daesh, on voit l’ampleur de la catastrophe qui se dessine dans la foulée de la défaite de Daesh.

Enfin, prendre au nom de ce qui ressemble fort à la « charité chrétienne » les migrants comme une catégorie à part revient à accepter la division au sein de la société qui ne peut conduire qu’à l’affrontement. A l’inverse les exigences politiques –emplois, services publics, salaires, etc…- doivent permettre d’unifier autour de l‘intérêt général.

Hollande avait annoncé l’accueil de 30 000 migrants. Nous étions il y a peu encore à 1800. Combattre la politique absurde des No borders dirigée contre les frontières, l’état, et la loi passe par le respect de cette exigence. Mettre la politique en avant, cela permettrait de poser par exemple un quota permettant d’accueillir dans les départements, les communes. Et ce sont alors des centaines de milliers qu’il serait possible de digérer en liant l’aide humanitaire, l’accueil et les conditions politiques rendant cela possible. Une fois encore, hors des conditions politiques à réaliser, point de salut. Le nombre d’hébergés en catimini, le nombre de passages de frontières, le nombre de sandwichs distribués n’y pourront malheureusement rien changer.

Comme le souligne le texte d’Epictète publié dernièrement sur notre site, certains donnent le sentiment d’avoir changé de peuple, abandonné le prolétariat « taxé de chauvinisme et d'individualisme consumériste », pour lui préférer les victimes du Tiers monde. Une telle voie est à tout point de vue sans issue. Que des militants dans le désarroi, orphelins d’une orientation de classe, cherchent à « survivre » en tentant d’aider les « pauvres » du moment est une chose dont les ressorts soit dit en passant n’ont rien de négatif. Mais s’arrêter là est un peu court. La détresse de ces militants est le produit d’une orientation. Une « orientation de classe » devrait pouvoir redonner une cohérence nécessaire aux processus en cours. Une orientation qui place au centre le combat effectif pour une politique d’ensemble répondant à l’intérêt général et non à une minorité coupée de la totalité. Cela demande un programme clair et ferme… Affaire à suivre.

Jacques Cotta
Le 3 Novembre 2016

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