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Mortels marchés en Grèce

Par Gabriel Galice • Internationale • Jeudi 08/05/2014 • 0 commentaires  • Lu 1662 fois • Version imprimable


La Grèce est de retour sur les marchés financiers. La presse jubile en ce 9 avril 2014. Le gouvernement grec a mandaté six banques pour lever un emprunt à cinq ans au taux de 6,08%, dont une majorité de banques américaines : JP Morgan, Morgan Stanley, Bank of America Merill Lynch et même la revenante malfamée Goldman Sachs. Cette dernière fut complice du maquillage des comptes de la Grèce et procéda à une levée de fonds en 2010. Elle en retira maints profits et aggrava la situation. La voilà quasiment en mesure de rentabiliser ses forfaitures. HSBC et Deutsche Bank sont de la partie. 

Les Diafoirus de l’économie se satisfont ainsi de la saignée imposée à la Grèce. A quel prix ?

Dans sa Lettre ouverte du 12 février 2012, le compositeur Mikis Theodorakis stigmatisait le traitement de choc imposé à son pays : « Si vous pensez que l’occupation allemande nous a coûté un million de mortes et la destruction complète de notre pays, comment pouvons-nous accepter, nous les Grecs, les menaces de Mme Merkel et l’intention des Allemands de nous imposer un nouveau Gauleiter, qui cette fois portera une cravate ? » Theodorakis relève que le Mémorandum de soumission de la Grèce à ses prêteurs n’a pas de fondement légal ; il est signé du seul ministre des fiances quand l’adoption aurait dû être approuvé par les trois cinquièmes des députés. Qu’importe ! La loi des marchés prime sur la loi des peuples. 

Dans sa livraison du 22 février 2014, la célèbre revue médicale britannique The Lancet publie un article intitulé « Mortality and the economic crisis in Greece » Avec 116 670 décès en 2012, la Grèce atteint le record de 1949. Un tiers de la mortalité additionnelle de 2013 serait imputable à l’austérité,  soit 2000 personnes. Les plus de 55 ans sont particulièrement touchés. 

Yanis Varoufakis fournit les détails des chiffres actualisés de l’économie réelle, de l’économie financière et des désastres sociaux. http://yanisvaroufakis.eu/2014/03/01/what-you-should-know-about-greeces-present-state-of-affairs-an-update La bibliothèque universitaire d’Athènes tourne au ralenti, les jeunes s’expatrient, les traitements médicaux lourds ne sont plus pris en charge, la prévention contre les épidémie est délaissée. 

Le démantèlement des services publics, l’accroissement du chômage, blessent et tuent. L’énorme budget militaire, visant le Turquie, nourrissant la corruption,  continue à plomber les finances, moyennant l’achat d’armement. Les importations d’armes ne sont plus au niveau de 2010, quand la Grèce était le principal importateur d’armes de l’UE. Mais la vertueuse Allemagne reste sont fournisseur favori, tandis que le Royaume-Uni et la France continuent leurs ventes http://blogs.mediapart.fr/blog/jeanne-labelle/210312/grece-le-plus-grand-importateur-darmes-de-lunion-europeenne

Le peuple grec gémit et meurt, les marchés d’armement, les marchés financiers fleurissent sur son corps supplicié.

Gabriel Galice – Berne, le 8 mai 2014

 

 

 


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