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Régionales (suite) : sur les raisons de la pusillanimité

Par Pierre Delvaux • Actualités • Mardi 08/12/2009 • 3 commentaires  • Lu 1375 fois • Version imprimable


Les réponses à mon article précédent mettent en exergue les motifs politiques profonds des stratégies actuelles des partis dits d’opposition.

 

Ainsi, notre ami Régis fait référence à deux revendications avancées par le PG et le NPA : la gratuité des transports et le non-subventionnement des entreprises. L’exemple est en effet significatif de l’impuissantement de l’opposition actuelle. Il s’agit là de mesures populistes et très parcellaires dont les organisations d’extrême gauche sont coutumières. C’est du même ordre que la suppression de la 1ère classe dans le métro en 1981. L’application de telles mesures ne règlerait en rien les problèmes de fond auxquels est confronté le pays, pas plus, d’ailleurs, que les revendications sociétales agitées par Martine Aubry. Pour pouvoir amorcer une politique réellement alternative à celle de Nicolas Sarkozy, il faudrait que les partis d’opposition ( !…) en finissent avec les gesticulations gauchisantes et s’attellent à l’élaboration d’une plate-forme de reconstruction économique et sociale basée sur quelques mesures assez essentielles pour être fédératrices au-delà des étiquettes partisanes. A part les ambitions présidentielles qui compliquent encore les choses, il y a aussi des obstacles idéologiques. Je suis frappé du discours vieillot du PS comme, par exemple, cette idée qu’il faut « rassembler la gauche » avant de rassembler au-delà. Les présidentielles de 2002 et 2007 n’ont-elles pas fait la preuve de l’inanité de cette vision ? Et, de là, on en revient toujours à l’Europe. Toute resucée de l’Union de la Gauche, tout cartel des gauches est voué à l’échec depuis que le peuple français a tiré les leçons de Maastricht. Comment revoter pour ceux qui nous ont encamisolés dans le pacte de stabilité et l’euro ?

L’Europe a dissout les clivages droite-gauche, l’alternative ne peut qu’être en-deça cette classification dépassée. Cela était contenu dans le résultat du référendum de 2005. Et c’est pour ne pas avoir osé assumer ce dépassement de la bipolarisation française traditionnelle que Laurent Fabius a laissé passer la chance qui se présentait pour lui d’être élu par toutes ces voix en 2007… Les deux conditions pour amorcer une autre politique sont le rassemblement de toutes les bonnes volontés républicaines et l’abandon définitif par celles-ci du projet issu du traité de Rome.

Pierre Delvaux - le 8 novembre 2009


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Commentaires

par regis le Jeudi 10/12/2009 à 03:59

En toute bonne foi, j’ai commis une confusion sur les programmes aux régionales : les revendications concernent le seul NPA ; un accord local entre ces deux partis sur cette base est à l’origine de mon erreur.

Le PG, pour sa part, a produit un manifeste national pour les régionales, visible sur son site Internet, dont je reproduis ici quelques extraits :

« engager les transitions nécessaires au dépassement du capitalisme »

« Pour toutes ces raisons nous agirons pour leur retrait. » (Réforme territoriale en cours)

Les caractères en gras sont de mon fait.

Financement des entreprises :

-         «  pas de financement aux entreprises qui licencient alors qu’elles rémunèrent leurs actionnaires et/ ou qu’elles font du profit »

-         Suivi d’un complexe : « Les politiques dites d’aides aux entreprises seront conditionnées à la part des CDI, au refus des horaires fractionnés (très répandus dans les services), à la réduction du temps de travail, à l’égalité homme femme (rémunération, cadres /responsabilités), au mode de décision au sein de l’entreprise et à l’échelle de salaires… De même l’utilité sociale de la production, l’impact environnemental seront des critères ».

Mes excuses à tous et en particulier Pierre Delvaux


Re: par la-sociale le Vendredi 11/12/2009 à 07:31

Pour "dépasser le capitalisme", il faut aller dans la même direction que lui mais un peu plus vite ...
Quand on écrit «  pas de financement aux entreprises qui licencient alors qu’elles rémunèrent leurs actionnaires et/ou qu’elles font du profit », du même coup on admet les licenciements dans les entreprises qui ne font pas de profit. Logique infernale de la "gestion loyale du capitalisme".  De plus, une entreprise qui fait encore un peu de profit peu très bien licencier pour éviter de tomber dans le rouge dans six mois dans un an... Quant à l'actionnaire, il est le financier de l'entreprise. Pourquoi devrait-il être privé du dividende? Ce serait violer le droit de propriété capitaliste (et non le "dépasser")!

Bref le problème, c'est le capitalisme lui-même, question soigneusement évitée sauf sous la forme du "dépassement", alors que c'est de son renversement qu'il faudrait parler et de son renversement par les producteurs associés.


Re: par regis le Samedi 12/12/2009 à 00:21

Effectivement, la formule « dépassement du capitalisme » (empruntée au PCF, il me semble) contient au moins l’idée que ce mode de production n’est pas si néfaste puisqu’il s’agirait en quelque sorte de « faire mieux ». A mettre en relation avec l’état réel du monde… (Les esclaves demandaient ils le « dépassement de l’esclavage » ?; les républicains pensaient ils à « dépasser la monarchie » ? ).

En conséquence, on peut raisonnablement penser qu’il n’est pas forcément à renverser, voire qu’il est difficilement « dépassable » puisqu’on se garde bien de formuler des propositions claires de substitution concernant le cœur du système : le régime de propriété.

  

Aussi déplorable est l’emploi d’un futur non défini pour agir contre la réforme territoriale



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