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Un Haut Conseil à l'intégration sous influence

Communiqué de la Libre Pensée

Par la-sociale • Actualités • Mardi 27/10/2009 • 2 commentaires  • Lu 1313 fois • Version imprimable


Au moment où le gouvernement, sous la direction éclairée de M. Besson, décide de relancer cette grande manoeuvre de diversion qu'est le débat sur "l'identité nationale", nous publions le communiqué de la Libre Pensée qui fait les mises au point indispensables.



La Fédération nationale de la Libre Pensée a pris connaissance d’une lettre du Haut Conseil à l’Intégration sous l’autorité du Premier Ministre. En date du 24 septembre 2009, celle-ci est accompagnée d’un exposé des motifs qui veut faire «réfléchir» aux rapports entre «religions et République».Cette lettre a été adressée à un certain nombre de personnalités et d’associations, triées sur le volet, connues pour leur revendication d’interdiction de la burqa dans la rue. Celles et ceux qui n’ont pas la même perception des choses ne feront donc pas partie du Groupe de travail mis en place.

 Il apparait donc clairement que la chose est déjà entendue, il n’y aura aucune voix discordante. Ce sont les mœurs des républiques bananières qui  sont aujourd’hui à l’œuvre au sein de ce gouvernement. Le seul sujet de ce Groupe de travail est bien sûr l’Islam, les autres religions étant réputées par nature irréprochables.

Commencée par une tartufferie…

 Cette lettre a été écrite huit jours après que la Fédération nationale de la Libre Pensée ait été auditionnée par la Mission parlementaire sur la burqa, mission présidée par un député PCF et dont le rapporteur est un député UMP. Bref, comme au bon vieux temps des guerres coloniales, c’est l’Union nationale qui préside aux destinées de tout cela.

Il semble que les questions soulevées par la Libre Pensée aient posé quelques problèmes puisqu’il est dit dans l’exposé des motifs : «En constituant ce groupe de travail sur les rapports entre religions et République, le HCI souhaite contribuer à dépassionner le débat et formuler des propositions autres que législatives, afin d’éviter que ne se perpétue cet usage politicien, voire électoraliste, d’enjeux importants transformés en débats polémiques ». Exit donc, semble-t-il une loi d’interdiction de la burqa dans la rue.

Rappelons aussi que des associations comme la Ligue des Droits de l’Homme et la Ligue de l’Enseignement n’avaient pas été invitées aux auditions de cette Mission parlementaire et qu’il a fallu l’intervention de Marc Blondel, Président de la Libre Pensée, pour qu’elles le soient. Il est vrai qu’avaient été invitées, par contre, d’autres associations qui avaient l’avantage de répondre OUI à tous les désirs de ladite Mission.

Cela va finir par  une farce

 La polémique est ouverte contre la Libre Pensée par le HCI : «Il semble aujourd’hui que la notion de sphère publique doive être questionnée, notamment quand certains invoquent qu’en dehors des services publics, les espaces de sociabilité constituent un espace privé, à l’instar du monde de l’entreprise ». Ce qui est précisément la position de la Libre Pensée. Il est d’ailleurs éclairant de constater que le parallèle avec l’entreprise est directement inspiré de la position de la Libre Pensée contre le discours de Jacques Chirac, présentant les conclusions de la Commission Stasi, en 2004 qui voulait étendre la laïcité à l’entreprise privée.

Tout cela montre l’embarras du Gouvernement qui semble ne plus savoir comment se sortir de ce guêpier. Il est tout à fait probable que tout cela se terminera par aucune loi et que l’on demandera aux «représentants» de l’Islam DE France, autodésignés par le pouvoir politique, de faire le ménage dans ces affaires de burqa et de voile intégral. La cause de l’émancipation des femmes n’aura nullement progressé. Par contre, le communautarisme aura été un peu plus institutionnalisé. Chapeau, les artistes !

Le béret basque et la baguette sous le bras, bientôt obligatoire ?

« Le ministre de l'Immigration annonce un grand débat sur les valeurs de l'identité nationale, sur ce qu'est être Français aujourd'hui. Eric Besson, le ministre de l'Immigration, a annoncé le lancement d'un vaste débat dans le pays sur l'identité nationale, estimant notamment que le port de la burqa était contraire à cette identité, sans toutefois trancher la question de l'opportunité d'une loi, dimanche sur RTL.

Le ministre a jugé par ailleurs la burqa contraire aux valeurs de l'identité nationale. On peut débattre sur l'opportunité de la loi (...) mais sur les principes il n'y a pas de débat: la burqa est inacceptable et contraire aux valeurs de l'identité nationale, a-t-il déclaré. Eric Besson a toutefois dit ne pas vouloir trancher sur les travaux de la mission parlementaire sur le voile intégral mise en place par l'Assemblée nationale ». Lu sur internet.

 Quelle hypocrisie ! Ou le port de la burqa est un objet de délinquance, et il faut l’interdire. Car  c’est seulement, en République, la loi qui interdit. Si la loi n’interdit pas, elle autorise. C’est du moins la règle commune depuis la Révolution française. Sous l’Ancien-Régime, le dit et le non-dit, l’autorisé et le non-autorisé, le possible et le pas-possible ; tout cela portait un nom : le fait du prince. Est-ce à cela que l’on veut revenir ?

Un Haut Comité à la Désintégration républicaine

Pour avoir un point de vue sur le rôle et l’action du HCI, il suffit de prendre connaissance de la lettre de démission de Jacky Dahomay de cette instance, en date du 17 décembre 2008 :« Monsieur le Président du Haut Conseil à l’Intégration, J’ai le regret de vous présenter ma démission du Haut Conseil à l’Intégration.

Cette institution qui regroupe des membres d’horizons idéologiques divers et qui est libre en principe dans ses prises de position, ne remplit plus à mon avis la haute fonction qui lui était assignée de réfléchir profondément sur les problèmes relatifs à l’intégration et de faire des propositions au gouvernement. Elle passe maintenant pour une simple caisse d’enregistrement de la politique gouvernementale et intervient très peu dans le débat public bien que de nombreux problèmes relevant de l’intégration ne cessent d’insister dans l’actualité…

Enfin, même si le HCI est indépendant en principe du gouvernement en place, son silence concernant les dérives graves sur la politique actuelle en matière d’immigration et d’intégration est à mes yeux inacceptable. Pour toutes ces raisons donc je ne peux continuer honnêtement d’être membre du Haut Conseil à l’intégration. »

Et voilà pourquoi, votre fille est muette….

 Paris, le 27 octobre 2009


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Commentaires

par Pierre Montoya le Mardi 27/10/2009 à 16:55

                              Depuis la pub sur les rillettes du Mans les "valeurs" sont à la mode. La République ne repose pas sur des valeurs mais sur des PRINCIPES. Les valeurs ne peuvent en aucun cas s'appliquer à la sphère publique. Leur concept est intime et personnel, son rapport de religiosité limité ces valeurs à la sphère privée. La loi en République laïque est déterminée par des principes. Les droits de l'homme et du citoyen et la loi de séparation des églises et de l'Etat de 1905 reposent sur des principes. Introduire la notion de valeur en lieu et place des principes est une constante chez les réactionnaires et les religieux. Toutefois en tant que citoyen et membre de la LP, je ne partage pas tout à fait la position de mes camarades car il m'importe peu qu'il y ait ou pas déséquilibre entre religions, je les combat toutes. Savoir si un obscurantisme noirci l'autre, si les uns sont pour ou contre la burqa et si les uns pourraient être avantagés par rapport aux autres. Non à la burqa et à tout le reste et mieux vaut commencer par la burqa que de ne pas commencer du tout. Si chacun peut se vêtir comme il veut, il peut aussi se dévêtir et "à poil" également. Il devrait également avoir le choix de ne rien porter au nom de ses valeurs et de ses croyances. En la circonstance et selon la question posée, le tout ou rien n'arrange que les religions et leur permet de développer leurs propres questions. Non à la burqa et ensuite il faut aller plus loin, au nom du même principe. Là ,il y a du grain à moudre pour entamer un débat public qui mettrait en évidence la LP.


Re: de Denis Collin par la-sociale le Mardi 27/10/2009 à 17:49

Personnellement, mes relations avec Dieu sont assez distendues . Mais la laïcité n'est pas l'athéisme. Et puisque, comme l'a répété Marc Blondel, la république est laïque mais non athée, je suis opposé à tout combat antireligieux. La lecture de Marx suffirait d'ailleurs à me conforter dans cette position puisque :

En général, le reflet religieux du monde réel ne pourra disparaître que lorsque les conditions du travail et de la vie pratique présenteront à l’homme des rapports transparents et rationnels avec ses semblables et avec la nature. La vie sociale, dont la production matérielle et les rapports qu’elle implique forment la base, ne sera dégagée du nuage mystique qui en voile l’aspect, que le jour où s’y manifestera l’oeuvre d’hommes librement associés, agissant consciemment et maîtres de leur propre mouvement social. Mais cela exige dans la société un ensemble de conditions d’existence matérielle qui ne peuvent être elles-mêmes le produit que d’un long et douloureux développement. (Capital Livre I, "Le caractère fétiche de la marchandise et son secret")
Marx se moquait comme d'une guigne du combat contre les religions. Car il s'agit seulement de combattre un monde qui a besoin de religion. Il l'explique avec brio dans l'introduction à la critique du droit hégélien:
La misère religieuse est, d'une part, l'expression de la misère réelle, et, d'autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l'âme d'un monde sans cœur, de même qu'elle est l'esprit d'une époque sans esprit. C'est l'opium du peuple.
Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu'il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation, c'est exiger qu'il soit renoncé a une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc, en germe, la critique de cette vallée de larmes, dont la religion est l'auréole.
La critique a effeuillé les fleurs imaginaires qui couvraient la chaîne, non pas pour que l'homme porte la chaîne prosaïque et désolante, mais pour qu'il secoue la chaîne et cueille la fleur vivante. La critique de la religion désillusionne l'homme, pour qu'il pense, agisse, forme sa réalité comme un homme désillusionné, devenu raisonnable, pour qu'il se meuve autour de lui et par suite autour de son véritable soleil. La religion n'est que le soleil illusoire qui se meut autour de l'homme, tant qu'il ne se meut pas autour de lui-même.
L'histoire a donc la mission, une fois que la vie future de la vérité s'est évanouie, d'établir la vérité de la vie présente. Et la première tâche de la philosophie, qui est au service de l'histoire, consiste, une fois démasquée l'image sainte qui représentait la renonciation de l'homme a lui-même, à démasquer cette renonciation sous ses formes profanes. La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique.
Il me semble que la lutte anti-réligieuse fut l'une des grosses bêtises que commirent les bolchéviks (encore que Lénine ait cherché parfois le lien avec des éléments issus de la religion orthodoxe). Nous avons assez d'ennemis sérieux comme ça sans s'en fabriquer des nouveaux. D'autant que la religion n'est pour le capitalisme d'aujourd'hui qu'une survivance car la nouvelle religion est la technoscience alliée au management. (L'excellent reportage sur France 3 sur la destruction du travail montre bien que l'on étourdit les salariés avec tout autre chose que la fumée des encensoirs).

DC.




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