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À propos du Parti de Gauche 3 : Front de gauche ?

Par Denis Collin • Actualités • Jeudi 18/12/2008 • 9 commentaires  • Lu 2328 fois • Version imprimable


Lors de sa création le PG a adopté par acclamation une stratégie concoctée dans les marmites de PRS depuis longtemps, la stratégie du « front de gauche » dont la première expression devrait être la constitution de listes unitaires du « front de gauche » lors des prochaines élections européennes. Cette stratégie suppose que les catégories de droite et de gauche aient gardé un sens, ce qui est loin d’être évident. Mais, même en admettant que ces catégories aient encore un sens, on peut tout de même questionner cette stratégie.

Quand on lit les documents du PG – peu explicites en général – il y a en gros deux formulations du front de gauche : le « front de la gauche de transformation sociale » et le front de « toutes les forces politiques à gauche qui combattent la ratification du traité de Lisbonne. » La première formulation est évidemment parfaitement creuse.  Même le PS se dit pour la transformation sociale (voir sa dernière déclaration de principes). Et, à dire vrai, on trouve bien peu de partis qui seraient pour la non-transformation sociale. La droite elle-même se dit réformatrice et le mot « conservateur » est devenu un gros mot – c’est une des injures courantes qu’on adresse aux classes populaires que les extravagances des réformateurs de tout poil ne séduisent pas. On se permettra de rappeler que la principale force de transformation sociale, la force active, celle qui ne se contente pas de proclamations à la tribune des meetings, c’est le capitalisme lui-même. Dans le Manifeste communiste, on peut lire ceci qu’il faudrait méditer sérieusement : « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c'est-à-dire l'ensemble des rapports sociaux. » Nous avons eu l’occasion de poser clairement les problèmes, mais aucune discussion ne s’ouvre dans ce « front de gauche ». Or, si on est pour « la transformation sociale », il faut dire clairement pour quelle transformation sociale on se bat, c’est-à-dire pour quel genre de société :

- Une société demeurée capitaliste avec de plus ou moins fortes corrections redistributrices et une intervention de l’État dans l’économie – en gros donc un keynésianisme social ;
- Une société « socialiste » avec concentration de la propriété entre les mains de l’État (à la mode des ex-pays du « bloc socialiste » ;
- Une société communiste, c’est-à-dire basée sur la propriété commune des travailleurs (une « république autogérée », par exemple, selon la formule des camarades d’Utopie Critique ou toute autre formule de ce genre) ;

-     Ou toute autre formule encore inédite – s’il est possible d’en trouver.

Cette question est loin d’être secondaire. Voilà une bonne quinzaine d’année que j’ai entrepris de critiquer les équivoques du néo-keynésianisme et de tous les bavardages sur l’antilibéralisme (il suffit de voir l’embarras et les contorsions de Cassen et Ventura dans leur dernier opus pour le comprendre). Comme par ailleurs peu nombreux sont ceux qui veulent rebâtir un socialisme du type de l’ex-URSS, il serait bon se demander ce qu’on veut et ce qui est possible. Évidemment, si on se propose seulement la énième combine électorale qui se terminera en déconfiture, toutes ces questions peuvent être balayées d’un revers de main. On peut mettre sur la même liste les Alternatifs, ultimes rescapés de feu le PSU et les communistes buffétistes, un groupuscule qui ne représente que lui-même (et encore) et s’occupe surtout de « sortir du nucléaire » et l’appareil d’un parti en voie de nécrose avancée qui s’arc-boute sur ses positions municipales et on baptise tout cela front de transformation sociale. Mais ce ne sera pas un front et il ne transformera rien.

Admettons maintenant que le front de gauche ne soit pas une stratégie à long terme mais une tactique à court terme pour une action unique : lutter contre la ratification du traité de Lisbonne. En ce cas, on voit mal pourquoi ce front se limiterait à la gauche. Pour la bonne cause, il faut être prêt à faire alliance avec le diable et même avec sa grand-mère. Certains groupes classés à droite sont tout à fait hostiles au traité de Lisbonne (par exemple le groupe du député Nicolas Dupont-Aignan). La réponse est connue mais non dite : pas d’alliance avec les souverainistes et pas d’alliance avec la droite. En fait pour le PG, c’est la souveraineté qui est le véritable problème. Et le « front de gauche » apparaît ainsi comme un front anti-souveraineté. On se demande aussi pourquoi l’alliance avec le MRC de Jean-Pierre Chevènement ne figure pas parmi les objectifs stratégiques du PG. Peut-être exactement pour les mêmes raisons.

Mais laissons encore de côté la composition du front.  Comment peut-on lutter contre la ratification du traité de Lisbonne alors qu’il est déjà ratifié ! Il faudrait exiger la dénonciation du traité de Lisbonne, c’est-à-dire que le gouvernement français retire sa signature. Admettons maintenant que le gouvernement français dise : « D’accord, sénateur Mélenchon, comme les Irlandais n’en veulent pas, on arrête tout ». On sait que ce n’est pas la voie choisie puisque les Irlandais sont condamnés à revoter jusqu’à ce qu’ils votent bien. Mais faisons un peu de politique fiction. Admettons donc que le traité de Lisbonne soit annulé. Cela changerait-il quoi que ce soit à la situation des ouvriers, des employés, des services publics ? Non car la liquidation des services publics est actée dans un accord de 2002 (accord de Barcelone), signé par le gouvernement Jospin … dont Mélenchon était membre. Enfin on peut se demander même si la participation à ces élections pour ce pseudo « parlement » européen ont un sens. Après tout, nous avons voté en 2005 ! Pour quelle raison faudrait-il continuer de participer à des votes qui ne sont que des mascarades?

Donc la stratégie du « front de gauche » est confusionniste au plus haut dégré et n’ouvre aucune perspective indépendante sérieuse. Sauf à penser que la stratégie de Mélenchon est la même que celle de Lafontaine : agglomérer une «gauche de gauche» assez forte pour faire pression sur le PS et négocier le moment venu une alliance avec les amis de Martine Aubry… Le PG ne serait qu’une fausse sortie, préparant des alliances avec le PS, exactement comme Die Linke est allié au SPD à Berlin et collabore à la mise en œuvre d’une politique d’austérité contre laquelle les enseignants se sont dressés par la grève.  On nous reprochera de faire des procès d’intention. Mais si les intentions étaient clairement affichées et non déguisées dans le vocabulaire équivoque et archi-usé de la vieille gauche, le PG ne risquerait pas de tels procès.

 

 


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Commentaires

par regis le Vendredi 19/12/2008 à 02:38

Ce qui m’avait frappé à la lecture des discours de JL Mélenchon et M Dolez lors du meeting de lancement du PG, c’est cette espèce d’amnésie quant au rôle réactionnaire joué par la gauche lors des 25 dernières années.

C’est pourquoi je me suis permis de rappeler que la création de la première franchise médicale, le forfait hospitalier, date de 1983.

On pourrait constater que, souvent, la gauche a innové (certains diront : brisé les tabous).

JL Mélenchon brandit comme un trophée la CMU mais se tait sur la politique qui l’a nécessité (curieusement le RMI considéré aussi comme un fleuron de gauche n’apparaît plus dans les discours, sans doute pour cause de RSA).

Evidemment, ce bilan critique, ne valoriserait pas l’action des ministres de gauche plurielle dont JL Mélenchon et MG Buffet, des fameux écologistes appelés très particulièrement à rejoindre les rangs du PG dans le discours de JL Mélenchon.

Au final, ne peut-on pas se poser la question sur un parti qui emploie toutes ses forces sur un front qui a pour seul but une élection traditionnellement peu investie par le peuple…tandis que celui-ci coule. 


Mouais par Non le Vendredi 19/12/2008 à 06:13

Quand est ce que les gens arreterons de considérer le keynésianisme comme de Gauche ? C'est une anarque intellectuelle de premier ordre.

Quand à la forme à inventer, elle existe actuellement chez la gauche alternative, verte, anarchiste, d'une manière générale tout le mouvement non marxiste léniniste (ou trotskiste). C'est à dire la majorité de la gauche de la gauche si on gicle le vote sanction.
HA désolé d'avoir peut-être foisssé ta sensibilité.

Quand aux objectif du PG, ils ne sont pas flous, ils sont clairs alliance avec le PS une fois en position de force (+ leur programme bref). C'est clairemenbt plus réaliste qu'attendre un grand soir socialiste dans une société bourgeoise et toxico à la consomation, mais bien sûr ce n'est pas "pur". Tiens d'ailleurs les enseignants, lutte corporatiste ou pour le pouvoir d'achat ? Dans tous les cas est une llutte de gauche ?


P.G. Parti pris par Peretz le Vendredi 19/12/2008 à 11:46

Mélenchon, pour se faire entendre, a dû sortir du P.S. (malheureusement ?) pour fonder un parti politique dont effectivement l’avenir est incertain. Il existe pourtant des petits groupes d’individus qui ont des buts communs. Ils se regroupent  par affinités, mais sans créer de partis politiques. Ils ont l’inconvénient de manquer de moyens, car ils n’ont pas la légitimité que peut leur conférer l’élection. Ils contribuent pourtant à faire avancer les choses mais plus lentement, car leur action souvent ignorée, est  essentiellement critique (Utopie-critique, think-tanks, République des idées, et récemment de nombreux blogs sur Internet, dont " La sociale"). En revanche, il est possible d’imaginer une société dans laquelle la gestion ne dépendrait pas seulement des partis politiques. Ceux-ci, certes, ont leurs raisons d’être : chaque individu peut s’y sentir en symbiose, suivant le discours qu’il y trouve. Mais peut-on rester en dehors de l’arène politique ? C’est évidemment plus confortable. J’en fais partie. Je trouve une explication dans l’évolution de la société de l’information, qui renforce l’individualisation de la société. Mélenchon, a priori, peut me compter parmi ses sympathisants, mais n’aura pas mon adhésion. Il en est de même pour les autres partis de gauche que tu cites. Lequel est le plus socialisant ? Lequel est le plus proche des " gens "? En fait, on pose à nouveau la question de la démocratie, et la nôtre est en nette perte de vitesse. Pourra-t-on un jour dépasser tous ces clivages, remettre à leur place les partis politiques sources de division ? Donner enfin toute sa force à la souveraineté populaire, ceci sans populisme ? En tout cas, sur le papier, il est possible de concevoir un modèle de société différent de ceux proposés par les partis que tu cites.  Ceci dit, je suis d’accord avec toi pour ne pas voter aux européennes, élections qui confirmeront de toute façon l’existence de cette Europe que j’ai refusée depuis Maastricht. Combat inutile, non productif, sauf peut-être pour ceux qui seront élus. (www.voixcitoyennes.fr) 


par regis le Vendredi 19/12/2008 à 18:11

Quel genre de société ? La voilà la question, quelle est bonne !

Le capitalisme a fait ses « preuves ». Idem pour le stalinisme. Mais s’agit-il pour autant de bricoler je ne sais quel type d’organisation sociale à la mode de Fourier ?

Il faut s’intéresser de façon critique à l’histoire.

Pour ma part, j’en retire le refus de la propriété individuelle des moyens de production, d’échange et de crédit.

Ensuite se pose le problème de la forme de la propriété collective et là, on nage en plein brouillard : d’Etat ? mais URSS.

URSS : es-ce la démocratie qui a manqué ou le système est-il intrinsèquement pervers ?

Danger de concentrer les sources de richesses et de pouvoir : oui mais danger aussi de les disséminer (centres autonomes : à chacun son problème ?).

Peut-être alliance des deux.

On peut cependant remarquer que lors des révolutions, les peuples ont créé leur propre solution : commune, soviet mais se poser aussi la question si ce sont des formes durables.

Qui peut prétendre connaître la bonne réponse ? Ce qui n’interdit pas de tenter de débroussailler le chemin.


L'Espoir par Serge_Gomond le Samedi 20/12/2008 à 01:49

Mon cher Denis,


Lorsque je lis tes papiers ou ceux de Jacques, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce qui se déroule en ce moment  en Grèce (ou en Chine, mais l’étouffoir y est tellement efficace que plus rien ne filtre pour le moment de la bas). Un môme se fait flinguer par un flic, là rien de vraiment extraordinaire (si j’ose dire), les bavures policières sont inhérente à la police, du moins au rôle répressif que lui fait jouer l’idéologie dominante, et sa parfaite adéquation aux "valeurs" (concepts politiques ?) de la droite et de la "gauche" sociale-démocrate (cette dernière se méfie énormément du peuple, et se montre très dubitative et plus que circonspecte qu’en a son éventuelle émancipation). Je reviendrais un peu plus loin sur la Grèce, et je souhaiterai parler de ton soucis de démêler le bon grain de l’ivraie (à savoir qui est encore de gauche, et si cette dénomination a encore un sens, ou du moins son contenu est-il réellement
usurpé, c’est à dire un contenu qu’on voudrait nous faire croire qu’il a encore et qu’en réalité il n’a plus ?). Tu dis que les nominations « gauche- droite » n’ont pas la même signification (souvent l’emploi du nominatif « gauche- droite », est utilisé par des cyniques pour embrouiller et ainsi mieux gruger les gens du peuple, à qui on a confisqué les moyens d’en juger sur "pièce"), suivant qu’ils seront utilisés par des militants de base (politiques ou syndicaux, les élections prud’homales sont là, pour corroborer la triste réalité dont il est question dans ces quelques lignes) ou leurs dirigeants (par exemple du parti social-démocrate/PS, ou la direction du PCF du temps où Georges Marchais en était encore secrétaire général), je n’aborderai pas le volet de l’ "ouverture" à la Sarkozy,  assimilable au "coup politique", et n’a pas d’autre intérêt que ce pour quoi elle a été faite par le spécialiste du "coup de génie", souligner la veulerie de certains caciques du PS. (Sa "marque" dans l’Histoire, sera de l’ordre d’une tâche (crottes de mouche) souillant ses pages…)

Je réécris ce que j’avais déjà écrit auparavant, les gens du peuple d’un certain âge (plus rarement chez les jeunes), l’on assimilé à leur langage (il est inclus dans leur culture, et plus généralement dans la culture populaire), quand ils disent qu’ils votent pour un candidat de gauche (ou malheureusement de droite), c’est que dans leur esprit cela signifie qu’ils sont réellement pour le peuple et qu’ils défendent réellement les intérêts du peuple. Les autres, sous-entendu ceux qui sont contre les intérêts du peuple, sont de la droite.

Leurs intérêts : c’est l’intérêt collectif, en opposition à l’intérêt d’un groupe d’individus minoritaires (ou ultra minoritaire, par exemple les 358 milliardaires qui se partagent plus de la moitié de la richesse mondiale et dont Mme Ockrent avait pris courageusement la défense), ou d’une fraction politique, dépositaire des intérêts d’individus ou groupes d’individus, dont il est question un peu plus haut.
Voilà pour la glose, comme l’auront remarqué les copains qui écrivent sur ton site, j’écris avec le cœur, c’est moins bien ciselé que toutes vos belles phrases, mais ça a l’avantage d’aller droit au but. J’ai lu ton livre qui sera bientôt publié, là dedans il y a des idées qui m’ont époustouflé, comme on dit qui "décoiffent", et c’est bien comme ça. Jacques lui, a l’habitude du monde, et je reconnais ça façon d’écrire entre mille. Tout ça pour te dire, que ce qui se passe en Grèce en ce moment, ce sont des gens du peuple qui ont décidé de foutre leur gouvernement en l’air, et si tout marche comme ils l’espèrent, Caramanlis devra plié bagages, et le peuple Grec, nous aura rendu un grand service à tous. On ne se posera pas (plus) la question de savoir, si c’est de gauche, ils l’auront fait, c’est tout. Ils en faut des gens comme vous, qui réfléchissent à tout ça, ça nous aide à comprendre, mais parfois l’action c’est indispensable pour que ce putain de monde change. La belle Rosa, quand des salauds l’ont embarqué de force pour aller faire un tour ailleurs, et lui ont cassé la tête, elle pensait que même si elle ne voyait pas le bout du tunnel pour tous les gens qui souffrent d’injustice sociale, elle leur aurait donné de l’espoir. En Grèce c’est l’espoir de tout un peuple qui est en cause, pas seulement pour eux, mais aussi pour nous. Ils sont debout et nous donnent de l’espoir, à tous ces Chinois qui sont en ce moment massacrés par la dictature communiste, de
l’espoir. J’ai envie que tous sur ce site vous compreniez que cette espoir, ils est précieux, et il ne faudrait qu’il soit gâché, même avec de belles phrases. Il serait temps d’agir.

Amicalement

PS: plus tard j'aimerai si possible complété avec le rôle qu'aurait le peuple dans un système politique réellement démocratique 


Re: L'Espoir par Pierre Delvaux le Samedi 20/12/2008 à 12:20

Dans les périodes de repli, le meilleur moyen de ne pas tomber dans la désespérance c'est de comprendre, y compris en tirant les leçons du passé. C'est ce que nous essayons de faire sur ce site. Cela nous semnble prioritaire car il n'y a rien de pire pour les peuples que de renouveler l'expérience de l'échec (nous parlons ici de politique sociale). On sait dans quels dangerss politiques le désabusement des peuples peut les faire basculer. De là, je ne partage pas l'approche de Besancenot et de quelques autres sur la Grèce. Le facteur préféré des médias a déclaré qu'il "ferait tout pour" que se produisent des émeutes comme en Grèce. Je ne vois aucun signe d'espoir dans cette approche. Si j'éprouve de la sympathie pour la majorité des manifestants grecs, je ne vois malheureusement aucune alternative politique dans cette ébulition. Je ne pense pas qu'on puisse se saisir de ces événements tels quels. Il s'agit d'un signe de crise sociale et politique à prendre très au sérieux mais nullement d'un mouvement porteur d'alternative, donc d'espoir. Ce qui peut aider ici n'est pas de voir comme exemple à reproduire une succession d'émeutes mais de chercher à comprendre les causes précises de ces événements et pourquoi elles ne trouvent pas de débouché politique. C'est une fois que nous l'aurons compris que nous pourrons imaginer les justes stratégies et les initiatives dont sont privés les Grecs comme nous-mêmes.

Amicalement.

Pierre Delvaux 


Restons simples ! par Pingouin094 le Dimanche 21/12/2008 à 20:46

 On peut couper les cheveux en quatre à disséquer le sens cacher de chaque virgule d'un texte, comme tu le fais, où on peut rester simple.

 Concerntant le "Front de Gauche", il faut d'abord rappelé que c'est une proposition du PCF. Et sa ligne est clair : rassembler sur une même liste aux européennes ceux qui partagent une même ligne politique concernant l'Europe. Et quelle est cette ligne politique ? Une ligne antilibérale, dont les contours sont dessinés par ceux qui ont appelé à voté "non" au TCE et se positionnent à gauche.
 On peut couper les cheveux en quatre, mais ça me semble facile à comprendre. Que le traité de Lisbonne soit adopté ou pas, n'empêche pas de rassembler une liste aux européennes qui aient une vision politique, celle que je viens de rappeler plus haut.

 Concernant le Parti de Gauche lui même, là encore, pas besoin de couper les cheveux en quatre pour le positionner. L'appel à fonder le PG et les discours suivants parlent de "tourner la page du capitalisme", mais ayant vocation à gouverner : anticapitaliste, donc pas à la place du PS, ayant vocation à gouverner, donc pas à la place de la LCR, cela le place dans le même espace que le PCF. Sauf qu'il ne fait pas référence au communisme, mais à la "république sociale", un modèle encore à inventer, en chemin.

 Franchement, tout ce positionnement est limpide et clair si on arrête de chercher la petite bête dans le fond des discours...


Re: Restons simples ! par regis le Dimanche 21/12/2008 à 23:36

Oui, soyons simples : que signifie être « antilibéral » ? de « gauche » ?

1er terme : beaucoup s’affichent contre le libéralisme, notamment, depuis la crise. Peut-on, pour autant, les classer dans notre camp ?

2ième terme : recouvre des partis depuis le PRG, PS  jusqu’à la LCR (100% à gauche !).

Même question.

Que peuvent gagner (je parle CONCRETEMENT) les salariés avec un tel cartel aux européennes alors que, comme le dit Denis Collin, ce que l’on subit aujourd’hui découle

de décisions européennes prises antérieurement ( à Barcelone Chirac et Jospin ont aussi souscrit à un allongement concerté de la durée de travail de 5 ans) pris parfois par des majorités européennes de gauche qui n’auraient pas répudié à se dire antilibérales.

Pourquoi, alors le PG, le PCF et d’autres sont si discrets à ce sujet qu’ils font l’impasse sur Barcelone, Maastricht (les critères de convergence, la BCE…) ?   



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