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Charte d'Amiens où es-tu donc passée ?

un portrait cruel du syndicalisme français ...

Par quent1 • Actualités • Dimanche 29/08/2010 • 4 commentaires  • Lu 1462 fois • Version imprimable


à méditer à la veille des énièmes journées d'"action"programmées pour honorer comme il se doit la saison des soldes automne-hiver 2010, je passe le tout aussi amusant texte extrait d'Il Giornale pour laisser place à Die Zeit, Rando de Randow, petite marche d'avril 2010 avec la "Reprise", non celle de 1968 mais celle traduite en août 2010 par le Courrier international :

"Courrier International, n° 1034 bis daté du 25 août 2010 reprise d’un article paru dans DIE ZEIT (extraits) Hambourg « France SYNDICATS - Peu d’adhérents, beaucoup d’argent
Le modèle syndical français ne laisse pas d’étonner l’hebdomadaire libéral allemand Die Zeit. Comment peut-on si mal représenter les salariés français et réussir à cogérer la crise avec l’Elysée ? Explications. 29.04.2010 | Die Zeit | Hebdo n° 1017
Journée nationale d'action. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue le 23 mars. Dans ce genre d'occasion, on voit le soir à la télé les défilés avec banderoles et drapeaux rouges, la fumée des feux de Bengale et les pneus enflammés. Ensuite, on voit le président de la République recevoir les leaders syndicaux à l'Elysée, puis tonner contre les délocalisations et les gros salaires. On pourrait alors facilement croire que le pouvoir en France est entre les mains des syndicats.

Eh bien, pas du tout! Les syndicats français peuvent peut-être organiser des manifestations, mais ils ne sont "pas en mesure d'organiser des grèves dures et longues dans un secteur économique", comme le précise Raymond Soubie, le conseiller pour les affaires sociales de Nicolas Sarkozy. Cet homme est le maître des tables rondes et, jusqu'à présent, il est parvenu chaque fois à mettre d'accord syndicats, patrons et responsables politiques. Ce qui lui est d'autant plus facile actuellement que ces trois partenaires ont tous des points faibles. Le parti au pouvoir, conservateur, vient de recevoir un camouflet lors des élections régionales. Les patrons ont besoin de soutien en ces temps de crise, d'autant qu'ils sont divisés. Et les syndicats français comptent parmi les plus faibles d'Europe. En France, seuls 7% des salariés sont syndiqués, contre 25% en moyenne dans l'UE. Les syndicats dans leur ensemble ont vu leur nombre d'adhérents baisser des deux tiers depuis les années 1970, pour passer à 1,8 millions, pendant que, dans le même temps, le nombre de leurs cadres quintuplait. Ce phénomène s'est accompagné d'une modification profonde de leur économie. Auparavant, les membres actifs allaient de site en site pour encaisser les cotisations.. Or, en 1982, l'Etat a obligé les entreprises à cofinancer le travail syndical, et les cotisations ont perdu de leur importance. Les syndicats font en outre appel à une armée de salariés dispensés de travailler-tantôt officiellement, tantôt grâce à des artifices juridiques - et à qui l'on oublie pas de fournir téléphone et voiture de fonction, tout en les gratifiant de primes spéciales. L'Etat paie les syndicats pour qu'ils participent à la gestion du système social et du Conseil économique et social, un organisme ruineux et parfaitement inutile, qui a été imaginé jadis comme une troisième Chambre aux côtés de l'Assemblée nationale et du Sénat. Les syndicats reçoivent beaucoup d'argent des entreprises publiques, et même des municipalités et des groupements de communes, bien qu'aucune loi ne leur en donne le droit.

« LES SYNDICATS ONT DU MAL À PRENDRE PIED DANS LES PME

Comme les règles comptables ont été renforcées il y a peu, Michel Donnedu, le trésorier de la CGT, a dû avouer que seuls deux tiers des 114 millions d'euros de revenu annuel du syndicat étaient documentés — le reste reposait sur des estimations. Il n'en reste pas moins qu'il fait partie des responsables qui souhaitent davantage de transparence, car ils comprennent que leur organisation doit changer. Nombre d'entreprises comptent toujours deux CGT, une pour les ouvriers, une pour les employés. Mais, lorsqu'on fait un petit boulot dans un centre commercial et qu'on livre des pizzas le soir, on n'a rien à attendre d'un syndicat. Si l'on parvient à avoir quelqu'un au téléphone, celui-ci remplit une fiche et la classe à la rubrique des "membres isolés".

Les syndicats ont du mal à prendre pied dans le monde des petites entreprises et des services. D'autant qu'ils s'y heurtent au phénomène des "sans papiers". La restauration, les entreprises de nettoyage et de sécurité des grandes villes françaises ne s'en sortiraient pas sans cette main-d’œuvre bon marché. Comment défendre les intérêts de ces travailleurs ? C'est une tâche pénible, politiquement délicate et, de plus, ces derniers sont peu nombreux dans chaque petite entreprise. Les grandes organisations syndicales les ont tout simplement oubliés.
Définir la politique industrielle avec Sarkozy, est-ce l'horizon sociopolitique de la CGT ? "Nous maintenons l'idée d'une société au-delà du capitalisme", assure Michel Donnedu. Et la stratégie ? "Pour ce grand bouleversement, nous n'en avons pas." Le Parti communiste, auquel la CGT était jadis liée, n'existe plus que sous forme résiduelle. Culturellement, les syndicats sont aujourd'hui plus proches du Parti socialiste. Celui-ci n'a aucun potentiel de transformation sociale. La CGT est donc politiquement orpheline. Ne serait-il pas temps de s'unir ? Doucement, il n'y a pas urgence : l'argent continue d'affluer, la base peut aller et venir, mais l'appareil, lui, demeure. Gero von Randow. "



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Commentaires

par sinziana le Mercredi 01/09/2010 à 15:39

cruel mais tellement vrai!


Charte d'Amiens par Nicole ROGER le Dimanche 05/09/2010 à 21:06

Rappelez-nous ce que c'était que cette Charte d'Amiens


Re: Charte d'Amiens par quent1 le Dimanche 05/09/2010 à 21:42

Si c'est bien ce que vous souhaitiez voici un des liens qui permettra de pouvoir lire le texte de la Charte d'Amiens, les professions  exercées, etc. --) http://www.marxists.org/francais/cgt/works/1906/10/cgt_190610000.htm
en savoir plus = ---) http://www.marxists.org/francais/cgt/index.htm


Re: Charte d'Amiens par Nicole ROGER le Lundi 06/09/2010 à 07:17

MERCI !
1906 !!!! même mon père n'était pas encore né !
Je fais suivre cette info.



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