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Depuis plus de trente ans, un consensus mortifère contre les services publics…

Par Jacques Cotta • Actualités • Samedi 19/02/2011 • 1 commentaire  • Lu 1420 fois • Version imprimable


Article paru dans L'Humanité du 16 février 2011
Pour mon dernier livre, Qui veut la peau des services publics ? j’ai parcouru la France et pu faire partout le même constat. Éducation, justice, police, transport, communication, etc. Dans tous les domaines, les services publics vont mal ! Premières victimes, les citoyens. La « réforme territoriale » qui menace les 36 000 communes au nom des grandes régions européennes risque de sceller définitivement le sort de notre bien commun et mettre à mal nos droits fondamentaux – se soigner, s’éduquer, se loger, se déplacer, etc. Mais il y a plus. La République elle-même est visée. Les services publics en constituent en effet les fondements, assurant entre autres, même si cela est imparfait, les principes d’égalité, de solidarité, de laïcité là où ils demeurent en activité. Avec la mise à mal des services publics, c’est la continuité de l’État qui est remise en question. « Faire mieux avec moins », telle est la règle présidentielle appliquée aux enseignants malgré l’augmentation du nombre d’élèves, aux magistrats qui voient s’accumuler leurs dossiers, aux policiers toujours plus sollicités, aux infirmières, aux postiers, aux cheminots… Et lorsqu’il y a des ratés, le président cherche des coupables… Mais que ne se penche-t-il sur la politique qu’il a décidée et appliquée, faite de directives européennes ratifiées, de RGPP, etc. Soyons justes ! Nicolas Sarkozy a aggravé une situation, mais n’a rien inventé. Un consensus mortifère contre les services publics a impliqué toutes les majorités et tous les partis depuis plus de trente ans, sur l’Union européenne, sur les directives ouvrant la voix aux privatisations, sur la chasse aux déficits, sur la concurrence libre et non faussée, sur ces « satanés » fonctionnaires… Pour regagner la confiance populaire, la gauche prend des engagements. Mais que valent les promesses hors d’un bilan affiché de ses propres responsabilités dans la politique menée par le passé ?

 

(*) Auteur de Qui veut la peau du service public ? Éditions J.-C. Gawsewitch.

 

Jacques Cotta


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Commentaires

par Anonyme le Samedi 19/02/2011 à 15:09

Enfermés dans leur petit monde politico-germanopratin, les membres de la direction du PS refusent de voir que c'est leur consensus avec la droite sur la décentralisation, la RGPP, les directives européennes, la stratégie de Lisbonne et sa concurrence libre et non faussée (sur lesquelles ils se sont soigneusement abstenus à Versailles...), qui les décrédibilise et les rend complices de la désespérance du peuple travailleur français qui est en train de se tourner vers une Marine Le Pen qui, même si c'est de la démagogie, leur dit clairement qu'elle veut rompre avec cette politique. Ils disent redouter un nouveau 21 avril ; qu'ils proposent alors une alternative non-européiste s'ils ne veulent pas cela...



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