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Grèce, dette des Etats et contagion

Par Denis Langlet • Internationale • Lundi 03/05/2010 • 6 commentaires  • Lu 2393 fois • Version imprimable


Auteur du livre « L’ECONOMIE EN RUINE, la finance et la fin d’une histoire », Denis Langlet nous a fait parvenir cet article sur la phase actuelle de la crise. Ecrit à partir des éléments rassemblés dans son dernier ouvrage, il aborde les derniers développements de la crise en cours.

Grèce, dette des Etats et contagion

 

L’examen de la succession des crises du système capitaliste permet d’établir un constat. Comme celles qui l’ont précédée, la crise financière a été le prélude à une crise de surproduction avec destruction massive d’emplois et de produits manufacturés. Les conséquences sociales sont aujourd’hui immenses et simultanées sur tout le globe. Le rebond d’activité constaté depuis le dernier trimestre 2009 ne peut et ne doit pas masquer la profondeur de la crise. Le déstockage, les centaines de milliards de dollars et d’euros injectés dans les circuits financiers et l’aide à la consommation sont à l’origine de ce rebond. Les millions de licenciements à l’échelle mondiale n’ont pas d’incidence économique immédiate sur le revenu disponible des ménages surtout dans les pays industrialisés. Il y a un décalage dans le temps dû aux acquis sociaux : caisses de chômage, durées des préavis, indemnités de licenciements. Mais ces millions de licenciements modifient déjà toute la situation sociale et vont peser de plus en plus sur la situation économique. De plus le renflouement des banques a un coût : l’endettement des Etats et, dans son sillage, le retour de l’inflation, les plans d’austérité et la relance de la spéculation sur les dettes publiques, les matières premières et les dettes des entreprises. Les investisseurs ont été renfloués de leurs actifs dits « pourris » et ont pu bénéficier de gains de productivité réalisés malgré la récession. La suppression massive des emplois à un niveau supérieur à la baisse des commandes, le blocage des salaires, la prise en charge par les Etats du financement des périodes de chômage partiel, les exonérations fiscales et sociales, les aides directes, tels les plans automobile en France et aux USA, les prêts à faibles taux pour l’amélioration de la trésorerie des entreprises ont fortement et dès 2009 contribué à faire baisser le coût du travail et augmenter la marge absolue. Encouragements à la surexploitation et à la spéculation, ces mesures sont elles-mêmes génératrices de relance de la crise. Elles répondent aux exigences des marchés. Ainsi, le journal Le Monde rapporte dans son édition des 8 et 9 janvier 2010 les propos suivants de Bill Gross, président de Pimco, un des plus gros fonds d’investissement au monde spécialisé dans les transactions d’obligations : « Les investisseurs internationaux ont la possibilité de choisir et privilégier des emprunts d’Etat et autres actifs là où l’inflation est stable et la rigueur budgétaire en place. » Mais selon Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision du centre de recherche en économie de sciences po (OFCE), la crise économique ne fait que commencer à cause de trois dynamiques négatives :la montée du chômage, la faiblesse de l’investissement et l’explosion des déficits publics. « La sortie de crise n’est ni pour 2010 ni pour 2011. » Les Echos des 23 et 24 avril 2010.
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Commentaires

par Anonyme le Lundi 03/05/2010 à 21:05

Bien utile votre article, merci.


par quent1 le Mardi 04/05/2010 à 08:06

Dettes et crise, guerres et faim, exil et retour ux sources, les usuriers du capital, leur plan d'enfer et la souffrance des Peuples une fois encore spoliés, c'est d'origine, rien n'a changé, communiqué de presse reçu ce matin et limité cette fois à une des 27 contrées rattachées à l'U.E. Grèce 2010, plan détaillé, tous dépouillés et à qui le tour bientôt ? Tout nu dans.. Au suivant, au suivant...
"La crise grecque est la démonstration grandeur nature de la triple dangerosité du FMI, de l’Union Européenne et des marchés financiers.
Le nouveau plan d’austérité annoncé dimanche 2 mai est une véritable catastrophe pour la population grecque , les salariés du privé comme du public, les retraités et les privés d’emplois.
 * Gel des salaires et des retraites de la fonction publique pendant 5 ans ;
 * Suppression de l’équivalent de 2 mois de salaires pour les fonctionnaires ;
 * Diminution de 8% de leurs indemnités déjà amputées de 12% par le précédent plan d’austérité du gouvernement dirigé par le PASOK
 * Le taux principal de la TVA qui, après être passé de 19 à 21%, est porté à 23%, (les autres taux augmentent aussi (de 5 à 5.5% et de 10 à 11%)
 * Les taxes sur le carburant, l’alcool et le tabac augmentent pour la 2 ème fois en 1 mois de 10%...
*  L’âge légal de départ à la retraite des femmes est porté de 60 à 65 ans d’ici 2013
*  Pour les hommes, l’âge légal dépendra de l’espérance de vie..."
suite du fond des réjouissances monétaires, des diaboliques restrictions et du communiqué ici http://www.cadtm.org/Soutien-a-la-resistance-du-peuple


Commentaire de Pierre Assante par la-sociale le Mardi 04/05/2010 à 11:01

En outre, la culture des peuples entre dans l'appréciation des maillons faibles. Et cette culture est consécutive aux différents modes de production et aux processus particuliers de ces modes de production que les peuples ont traversé.
Ainsi les résistances conscientes et inconscientes à une crise du mode de production issues d'une culture propre et leur résultante sur l'action populaire, ses "cadres" et ses orientations, peuvent contituer des éléments d'un, de, maillons faibles.
Mais évidemment la "faiblesse" et la crise et ses conséquences, et les réactions et solutions sont mondiales.
Merci encore pour ce beau site et tes articles.
Pierre Assante


par pm le Dimanche 09/05/2010 à 14:08

Merci Denis pour cet article. Ton analyse soignée décortique parfaitement les mécanismes de la crise et met bien lumière les relations entre crise économique et crise politique et sociale. Un article de fond plus que nécessaire dans le marasme ambiant!
Un point de débat cependant. Je ne pense pas que la circulation des capitaux doive être confiée aux représentants du personnel mais à ceux de la nation car il s'agit d'une question politique qui engage l'ensemble de la classe. C'est à la représentation politique, en association avec les représentants du personnel pour la partie technique de gérer les capitaux.


Re: texte "Grèce" par langlet le Dimanche 09/05/2010 à 17:37

Votre remarque est tout à fait pertinente. En effet, la politique monétaire et le contrôle des capitaux doivent relever de la représentation nationale ce qui d'ailleurs pose la question d'une véritable Assemblée souveraine et constituante. Il reste que les r^présentants du personnel des banques et assurances ont un rôle à jouer dans le contrôle de la circulation des capitaux et dans l'action actuelle contre la spéculation et le chantage pratiqué par les banques.


non chantage financier par David CABAS le Lundi 24/05/2010 à 04:10

Comme l'a dit Jacques Généreux l'esprit de Munich régnait sur Bruxelles, la nuit du 9 et 10 mai 2010, les responsables politiques européens avaient le choix entre le déshonneur et la guerre ! Ils ont choisit le déshonneur et ils auront la guerre !

Alors qu'il pouvait déclarer la guerre au intérêt financier, à la finance folle, à la spéculation! Ils ont choisi l'austérité pour rembourser un dette injuste !

Vous voulez connaitre le rôle des établissements bancaires et financier dans la crise financière alors rejoins moi mon groupe http://www.facebook.com/group.php?gid=104166076293247&ref=ts

Non à la soumission au chantage des intérêts financiers

David CABAS
http://www.davidcabas.fr



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