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L’Italie du 13 juin 2011

Par Jean-Paul Damaggio • Internationale • Lundi 22/04/2013 • 0 commentaires  • Lu 1110 fois • Version imprimable


Ce ne fut pas un rêve, juste un référendum, un référendum que le peuple italien a gagné contre les dirigeants de la classe politique, un référendum pour rappeler que les idéaux démocratiques faisaient le cœur de l’Italie. Parmi ceux qui se sont mis au travail il y avait le juge di Pietro dirigeant du petit parti, Italie des Valeurs. Aujourd’hui ce parti est au bord du gouffre, au bord de la disparition. Comment les temps peuvent-ils changer si vite ? Parmi les dirigeants il y avait Stefano Rodota, figure emblématique de la politique honnête, il y avait…
 

Parmi les dirigeants de la classe politique, il y avait la colère de Berlusconi, colère mémorable, un Berlusconi qui perdait pied, même le syndicat patronal lui préparait un cercueil, et son allié Fini pensait que son heure était venue. Aujourd’hui le parti de Fini, président sortant de l’Assemblée nationale, est au bord du gouffre, au bord de la disparition. Comment les temps peuvent-ils changer si vite ?
 
Parmi les dirigeants de la classe politique, il y avait la gêne de Bersani, le dirigeant du parti démocratique. Il ne pouvait que se féliciter du résultat… auquel il avait cependant pris une modeste part. Bersani, c’est le premier dirigeant politique d’un parti élu par un appel au vote de TOUS les citoyens ! C’était en 2009. Sa victoire a surpris surtout Massimo d’Alema, l’homme qui tire les ficèles du parti, dans l’ombre, l’homme de toutes les ouvertures à droite or Bersani penchait pour les ouvertures à gauche. Aujourd’hui Bersani vient de démissionner de son poste, aujourd’hui l’homme qui, pour la première fois, a proposé que comme lui, les candidats aux législatives soient choisis par des primaires, se trouve avec une vague d’élus nouveaux, dont une bonne partie est pire que les précédents ! Les formes de la démocratie ne font pas la démocratie ! Déjà suite à un voyage en 2011 j’étais plus que pessimiste.
 
En 2009 Beppe Grillo voulait tenter sa chance comme candidat au poste de secrétaire général du parti démocratique et Bersani lui a dit : « crée d’abord ton propre parti et on verra ce que tu pèses ! ». Aujourd’hui, des millions d’Italiens ont vu Beppe Grillo s’exciter sur une estrade, exultant, levant le point à l’annonce de la démission de Bersani, et criant : « L’abbiamo fatto fuori. ». Oui, Bersani est au tapis et Berlusconi chante victoire ! Le cri de joie de Grillo ne trahit-il pas le fond de son projet : écraser le PD pour être seul face à Berlusconi ? Sauf que face à Berlusconi, le M5S ne suffira jamais, sauf à continuer sa politique !
 
Le parti démocratique paie aujourd’hui le prix lourd, très lourd, d’une dérive constante depuis vingt ans. Cette dérive n’est pas celle du parti lui-même puisque nous savons à présent que même son secrétaire général Bersani n’était qu’une marionnette ! Entre les mains de qui ? Pour Bersani, tout était possible même après les élections de février. Après avoir marqué des points pour élire le président du Sénat, il proposa un accord impossible à Berlusconi avec le candidat Marini, puis Romano Prodi allait devenir président de la République au quatrième tour, le seul tour sérieux car à la majorité simple. Sur le papier il lui manquait 8 voix… et il lui en manqua… plus de cent, comme si tout d’un coup Romano Prodi était devenu un révolutionnaire à arrêter ! Un député PD sur quatre n’a pas suivi la consigne ! (voir en note la démission de Bersani). Massimo d’Alema pensait pouvoir obtenir le poste et il a peut-être fait jouer quelques ficèles ! Non, ce n’est pas une guerre interne au parti car celui-là, comme les autres, n’est plus que le décor de la politique. Le M5S a gagné les élections sans être un parti ! Mais alors la démocratie citoyenne c’est quoi : de voter aux primaires, aux secondaires et aux tertiaires ?


Depuis 50 ans, pour la première fois un président sortant est réélu à la présidence de la république italienne, un président qui a promulgué sans broncher toutes les lois berlusconiennes, un président dont tout le monde comprend qu’il va faire de la figuration jusqu’à sa prochaine démission quand le gouvernement se sera stabilisé. Une union entre le parti de Berlusconi et une frange du PD ce n’est pas une stabilisation, c’est un rapt quand on se souvient qu’en février, tout d’un coup, 25% des votants ont mis en avant Beppe Grillo pour dire non aux combines. Aujourd’hui même, les électeurs du Frioul sont convoqués pour élire le président de la région. Le M5S espère que ça sera la première région italienne à devenir 5 étoiles. A suivre. Pendant ce temps l’Italie patauge dans la crise sociale.


 

Jean-Paul Damaggio

1°Sur le site du PD la démission de Bersani : « Pour moi, trop c'est trop. Je remets ma démission à l'Assemblée. Elle prendra effet une minute après l’élection du Président de la République ». C'est ce qui a été annoncé par le Secrétaire du parti démocratique, Pier Luigi Bersani, à l’assemblée des grands électeurs du PD.

"Nous avons provoqué un événement d’une gravité absolue, les mécanismes de responsabilité et de solidarité, ont été bafoués, ce fut une journée nettement pire que celle d'hier ».

« Nous avons pris une personne, Romano Prodi, fondateur de l'Olive, ancien Président du Conseil envoyé au Mali et nous l’avons mis dans de telles conditions. Je ne peux l'accepter. Je ne peux pas accepter que mon parti ait empêché cette solution. C'est trop ».

« Parmi nous, une personne sur quatre a trahi. Il existe des instincts de destruction du Pd »

« Au scrutin de demain matin pour l'élection du Président de la République, le parti démocratique votera blanc » a dévoilé Bersani.

« Après la situation qui a été créée, nous devons reprendre contacts avec d'autres forces politiques pour définir la solution pour l'élection du Président de la République ».

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