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Les guerres de François Hollande

Lettre bernoise 52

Par Gabriel Galice •  • Mardi 09/04/2013 • 0 commentaires  • Lu 1407 fois • Version imprimable


Chère France,

Diantre ! Qui l’eût cru ? Pépère s’en va-t-en guerre. Nous autres Suisses sommes narquois, courtois toutefois. Nous ne nous hasarderions pas à surnommer votre Président « Hollandouille », à la manière d’inconvenants follicules français.

Après avoir enfilé les pantoufles de Sarkozy à l’Elysée, votre cotonneux François II chausse ses Rangers ! Le Mali ne suffit pas à sa martiale fringale, il lui faut, par surcroît, la Syrie. Comme au bon vieux temps du Mandat, Britanniques et Français s’immiscent dans les affaires syriennes. Armer les bons opposants syriens, les combattants modérés, pas les autres il va de soi, argue le chef des armées. Pas ceux que la France combat au Mali, certes non, prétend-il. Je gage que le fossé entre durs et doux ennemis est moins infranchissable qu’il y paraît.  Pour parler franc, m’est avis que cette poudre à canon est de la poudre aux yeux. Tant de balivernes m’accablent. Les mensonges gazettisés accréditent l’opinion selon laquelle n’existerait aucune autre issue que la guerre. Mandataire de l’ONU, Sieur Kofi Annan avait déjà rendu son tablier en protestant contre les livraisons d’armes aux belligérants. Son successeur, sieur Lakdi Brahimi, dit la même chose http://www.algeriepatriotique.com/article/lakhdar-brahimi-aux-francais-livrer-des-armes-aux-insurges-syriens-n-est-pas-la-solution Nos belliqueux journaleux, belles âmes sermonneuses à bâbord comme à tribord, n’en pipent mot.
 

En se rasant le matin, votre chef de guerre en escarpins doit se pincer la joue pour vérifier qu’il ne rêve pas. Ses bureaucratiques et boutiquières études ne l’ont pas rendu familier de la réflexion du sage Pindare, popularisée, latinisée par Erasme : Dulce bellum inexpertis (la guerre est douce aux inexpérimentés). Cinq soldats sont déjà tombés pour la France : laquelle ?

Napoléon, plus que Jaurès, inspire votre François II. Jean Jaurès mit son allant à défendre les mineurs de Carmaux, Hollande laisse choir les ouvriers de Florange, et bien d’autres tâcherons encore. Couard devant les puissants, Mittal, Barroso ou Merkel, il plastronne de loin devant les brigands du Sahel mitraillés par les avions et les hélicoptères Dassault, jactant et actant à la manière de George W. Bush.

 

Ses humanités ne l’ont pas davantage familiarisé avec le cauchemar des scandales d’argent au milieu desquels ses compagnons, piteusement, impitoyablement, le noient. Ce prince paie le prix de son impéritie : avoir choisi un entourage douteux, dont plusieurs eurent les faveurs des marchands ; à commencer par celui qui coupa vigoureusement dans les dépenses publiques, supprima des prestations et des emplois, suscita l’enthousiasme des banquiers autant que l’attention de la police financière, de la justice, avant de démissionner. Comment croire qu’ils ne savaient pas, vos marquis roses, ce que nos banquiers suisses connaissaient ? Le fonctionnaire des impôts Rémy Garnier avait, dès 2008, jeté le soupçon sur le compte suisse du sieur Cahuzac. Qui aurait bloqué son mémoire ? L’endogamie sociale, le copinage commun, est en cause, dont les passerelles entre public et privé facilitant compromissions et concussions. Tout s’achète, tout se vend, pourquoi pas les politiciens ? Pourquoi pas les socialistes ? Qu’on les mette aux enchères en place publique, si la transparence est de mise ! Cette téléréalité vaudrait les autres, n’en doutez point. La démocratie de marché peut-elle s’affranchir de l’économie de marché ? A quel prix ? Combien de temps ?

Votre président, chère France, livre les combats faussement les plus faciles. Il risque fort de perdre sur tous les tableaux, le front martial, le front social, le front politique et le front moral. La sécurité sociale, plus que la sécurité sécuritaire, importe aux citoyens, ici et là. C’est plus ardu, surtout sans toucher à l’ordre établi. La guerre stimule les ventes d’armes, sources de corruptions supplémentaires, de financement des politiciens, des partis. Que tout cela est bien réglé !  Ses conseillers lui font valoir que la guerre procure un surcroît d’autorité. Cela est malséant ; les peuples sont exempts de la sottise escomptée par les princes. Les peuples veulent d’abord sécurité, travail et dignité. Ils n’ont cure des marquis monétisés, roses ou bleus.

Le chef de votre Etat serait avisé de faire la guerre à la misère.

Affectueusement, chère France, je te souhaite un prompt relèvement. Nous autres, Helvètes, nous aimons votre pays, ses déboires nous affectent.

Ton Guillaume tel que tu le perçois : soucieux de votre bien, et qui, très franchement, aimerait se leurrer.

Berne, le 9 avril 2013

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