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La jeunesse contre la politique du gouvernement portugais

Par la-sociale • Internationale • Jeudi 17/03/2011 • 0 commentaires  • Lu 1370 fois • Version imprimable


Un de nos lecteurs nous transmets cet article que nous reproduisons bien volontiers.
LES MANIFESTIONS CONTRE LA PRECARITE' DE L'EMPLOI DES JEUNES DANS PLUSIEURS VILLES PORTUGAISES LE SAMEDI 12 MARS ONT REUNI 300.000 PERSONNES

 
  Portugal, le pays le plus arabisé de l'Europe?
  L’expression se veut légèrement provocatrice. Juste pour faire savoir ou rappeler que les manifestants de Lisbonne (estimation de 200.000), Porto (80.000), Coimbra et autres villes portugaises, se sont revendiqués (certains) des évènements qui se passent actuellement dans les pays arabes[1]. Le Financial Times de ce dimanche annotait ce fait, en interviewant une participante à la manifestation de la veille.

Il y avait même une pancarte : «Ici, c’est notre Place Tahrir !» (traduite, par ailleurs en arabe). Une autre pancarte en arabe disait «Basta».

 À part cet aspect anecdotique, rappelons que l’appel à la manifestation a été lancé par 4 jeunes qui l’auraient redigé d’abord sur une table de café et diffusé sur Facebook, « Geração à rasca » (différentes traductions possibles : «dans la galère», «fauchée», «à ne pas savoir comment s’en sortir », …). Cet appel- disent des sources journalistiques- a eu le soutien de quelques 45.000 personnes dans les jours qui ont précédé la manifestation.

 Le mouvement s’identifie (ou d’autres l’identifient à) également à une chanson du groupe Deolinda dont le titre est « Eu sou parva ! » (traduisible en «je suis conne», «je suis crétine» ….de se laisser précariser…)

 Presque tous les reportages, écrits ou video, font remarquer que les manifestants étaient de toutes âges. Et l’on peut observer que si Facebook a sans aucun doute été efficace, cela se doit bien plus au vieux « bouche à l’oreille » qu’au support internet.

 Le nom très important de participants s’expliquerait ainsi plus simplement par le fait que la précarité touche parents et jeunes, et touche un grand nombre de secteurs de l’économie. Bien que la question-des «recibos  verdes»[2] focalise les remontrances de beaucoup de précaires – ils concernent un demi-million de personnes-  les autres formes de précariat concernent une grande proportion de personnes, en touchant des jeunes (stages) et des moins jeunes (stages, CDD). En fait ce sont, selon des sources journalistiques, environ 2 millions d’actifs. Ce qui a fait dire, dans une pancarte, «Um povo à rasca» : un  peuple dans la galère» ;

 En ce qui concerne les jeunes, ils font remarquer que la génération la plus instruite et diplômée de l’histoire du Portugal, est bien celle qui subit la plus grande précarité

 Sur Facebook des appels furent aussi adressés aux «jeunes qui ont été obligés d’aller ailleurs, d’émigrer» (le chiffre de 11% est avancé pour donner une idée de leur proportion dans les nouvelles générations) , pour qu’ils manifestent dans les pays où ils se trouvent. D’ailleurs, à Paris trente manifestants se sont positionnées devant l’Ambassade du Portugal au moment de la manifestation à Lisbonne et dans les autres villes portugaises. Nous ne savons pas si d’autres rassemblements ont eu réellement lieu de la part de jeunes émigrés.

 Juste une remarque sur la nature de cette manifestation (réflexions révisables et à poursuivre)

 La manifestation ne semble pas avoir été une classique initiative politique visant un changement de gouvernement. Certes, le Premier Ministre en particulier, semble avoir été, comme d’habitude dans c es circonstances, objet de moqueries et d’appel à partir (P’rà rua, dehors). C ‘est bien le système qui régit le marché du travail qui était visé.

 L’absence de figures politiques médiatiques, l’aspect d’improvisation joyeuse et sérieuse au même temps, l’inventivité des slogans et des écrits sur les pancartes  personnelles rédigées à la main, baladées accrochées à un bâton, tout cela mène à penser que d’autres initiatives sont possibles. Mais cela ne peut pas rester à la simple répétition de rassemblement. La logique serait de prolonger la mobilisation du côté juridique : focaliser médiatiquement la question du droit au travail) ;

 Il faudrait tout de même rappeler que les syndicats –qui cette fois-ci ont été absents en tant qu’institution-  ne peuvent pas être indifférents, d’autant plus que la matière les concerne. D’ailleurs, dans le passé, les syndicats (en particulier la CGTP), ont organisé des manifestation contre la précarité, dont une, du 18 Octobre 2007, dont le nombre de participants a été donné entre 150 et 200 mille personnes.

 La manifestation  du 12 mars dernier a dépassé en termes de mobilisation celle d’Octobre 2007. Les médias la classent déjà comme  la plus grande manifestation depuis celle du 1er Mai 1974 après le coup d’état du 25 avril.
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Suites à cette manifestation

 Il va falloir suivre les possibles évolutions d’un mouvement qui pourraient persister sous d’autres formes, malgré que les voix qui prédisent que « rien n'en sortira ».

 Déjà, nous apprenons que des jeunes (et moins jeunes) ont l’intention de donner vie à un «Mouvement du 12 Mars»

Albano Cordeiro


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