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Lettre ouverte aux militants de Forces Militantes et de PRS.

Par Robert Duguet (militant de Forces militantes)

Par Robert Duguet • Actualités • Samedi 04/10/2008 • 11 commentaires  • Lu 2318 fois • Version imprimable


Chers camarades, Au moment où le mode de production capitaliste connait la plus grave crise qu’il ait connu depuis 1929, les positions de la direction actuelle du PS ainsi que la façon dont se met en place la mascarade du congrès de Reims, désarment les militants socialistes et particulièrement ceux qui se situent à la gauche du parti. Les dirigeants politiques de la classe capitaliste courent au feu, Nicolas Sarkozy en tête, convoquent des réunions d’urgence pour tenter d’enrayer les effets de la crise et éviter la perspective d’un effondrement total du système. Le même Sarkozy qui a fait depuis sa venue au pouvoir une politique ultra-libérale et de destruction de tous les acquis de civilisation obtenus par la classe ouvrière à l’issue de la seconde guerre mondiale, pose précipitamment la question de la régulation du capitalisme, promet des sanctions exemplaires contre les responsables de la crise, Fillon recule sur la question de la privatisation de la poste… Contrairement à la façon dont les médias présentent la situation, il n’y a plus de pilote dans l’avion, le capitalisme conduit à nouveau la civilisation à l’abîme et les effets sur l’économie réelle vont se développer maintenant : à partir du moment où les banques ne prêtent plus d’argent, ou prêtent à des taux trop élevés, un chômage de masse va se développer, notamment dans les petites entreprises. Beaucoup de gens de gauche se réjouissent que le pouvoir en revienne à l’intervention de l’Etat et que la régulation soit remise sur le métier. Dans le cadre du capitalisme en crise, c’est un cautère sur une jambe de bois. Les Etats vont socialiser les pertes et, lorsque de leur point de vue nous sortirons de la crise, ils privatiseront les gains. Celui qui va donner le la à l’orientation social-libérale défendue par la bande des trois Hollande-Delanoë-Aubry du PS, c’est Dominique Strauss Kahn, président du FMI, qui vient d’inventer la notion de « nationalisation provisoire ».

 

Dans la situation politique et sociale dans laquelle nous sommes entrés avec cette crise structurelle du mode de production, nous avons besoin que la gauche se rassemble sur une orientation clairement anticapitaliste. Il n’y a pas de solution pour le salariat, et au-delà pour la civilisation humaine, que des mesures radicales de nationalisation sans indemnisation pour les spéculateurs. Le congrès du parti se prépare t’il sur cette orientation, bien évidemment non, cela nous le savons depuis longtemps. Mais la gauche du parti ?

Le courant Forces Militantes avec Marc Dolez, député du nord, s’est adressé le 28/06/2008 aux militants socialistes en disant en substance :

« Notre tâche est de tout mettre en œuvre pour faire front contre la droite et le MEDEF, pour combattre leur politique de destruction totale, pour offrir un débouché aux luttes et à la colère sociale, pour créer dès que possible les conditions d’une véritable alternative à gauche, d’un gouvernement rompant enfin avec les logiques libérales. Notre tâche est de participer à la reconstruction d’un parti authentiquement socialiste, qui allie la protestation à la proposition, pour une gauche digne de ce nom… »

Depuis son intervention à la fête de l’Humanité en septembre 2007, suite à la publication de son livre « En quête de gauche », Jean Luc Mélenchon et son association PRS défendait la perspective d’un Linke à la française, courant socialiste de gauche en rupture avec le social-libéralisme, donc posant de fait la question de la sortie du PS, qualifié d’organisation se transformant en « parti démocrate ». 

A la fin de l’été un communiqué Dolez-Mélenchon, définissait un accord clairement à gauche, notamment pour l’abrogation des mesures anti-ouvrières appliquées par Sarkozy et son gouvernement et pour une VIème République, démocratique, laïque et sociale : on ne pouvait que s’en féliciter.

Suite à de multiples tractations d’appareil, desquelles les militants ont été éjectés, une motion C a vu le jour autour des têtes de file suivantes : Emmanuelli, Hamon, Lienneman, Filoche, Mélenchon et Dolez. Le journal de PRS « A gauche » titre : « Une chance historique », se félicitant que la gauche du parti soit enfin rassemblée autour d’une motion commune. Le rédacteur de l’article François Delapierre dit « nous avons pris le vent hors du huis clos confiné » des  « vendettas obscures et autres batailles de groupuscules qui caractérisent le paysage éclaté des courants et sous-courants socialistes, gauche du PS incluse. » Ce qui est manifestement faux, puisque, comme nous le disions, les militants ont été exclus de ce qu’ont décidé les chefs. Mieux, une liste de camarades de Forces Militantes et Trait d’Union ont été portés signataires d’une motion qu’ils n’avaient pas lu. Et pour cause : sur le contenu du texte l’essentiel du contenu socialiste de l’accord Dolez-Mélenchon contre Sarkozy et son gouvernement a disparu, laissant les militants désemparés par rapport à ce qu’ils peuvent attendre d’une orientation clairement à gauche, d’autant que la crise structurelle du capitalisme est là et bien là. Elle commande une orientation anticapitaliste précise et que nous sortions des approximations floues d’un antilibéralisme qui ne fâche personne. Si Mélenchon et Hamon mettent pour l’instant une sourdine à une éventuelle synthèse avec Martine Aubry, Gérard Filoche lui est clair, il écrit : « … c’est l’heure de la gauche socialiste ! Cela inclut une vraie dynamique à gauche dans notre parti, à nous de la construire et cela devrait modifier la donne, ancrer la future majorité qui ne devrait pas pouvoir se faire sans nous à gauche(…) » Il s’agit donc de « peser » dans la composition de la nouvelle majorité qui sortira du congrès de Reims autour de Martine Aubry. 

A l’heure où la revue Marianne titre : « faut-il dissoudre le PS ? », nous estimons que la motion qui prétend rassembler la gauche du Parti, nous désarme au lieu de nous rassembler. La contribution « Debout la gauche », dont Marc Dolez est le premier signataire, déclarait : « l’enjeu du congrès n’est pas de peser un peu à gauche sur une ligne social-libérale ou de se livrer à d’obscures manœuvres d’appareil pour aboutir, comme au congrès du Mans, à une stérile synthèse… » En allant vers l’accord avec Hamon et les autres, c’est très exactement ce qui a été fait. Au regard de la gravité de la situation économique et sociale, comment peut-on penser qu’une telle démarche, ouvre quelque alternative que ce soit : dans tel et tel département des collectifs de militants syndicaux ou autres se forment pour préparer un « tous ensemble ». Le 30 septembre une manifestation de plusieurs milliers de travailleurs de la santé privée s’est déroulée à Paris et s’est terminée, face à un service d’ordre imposant de policiers, au cri de « sarko démission »…

Il y urgence. La crise est là et menace l’emploi, les petits épargnants…

Estimant que la motion C ne permet pas de rassembler des militants sur une base clairement anticapitaliste, nous refusons de la soutenir, nous retirons notre signature lorsque nos grands chefs ont pris la liberté d’utiliser notre nom, alors que nous n’avons ni participés à la rédaction, ni même lus le texte.

Aujourd’hui, nous lançons un appel, pour que les militants qui considèrent que le socialisme est la seule alternative possible à cette crise, se regroupent et s’organisent pour discuter de ce qu’il convient de faire dans la situation présente. 


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Commentaires

par Anonyme le Samedi 04/10/2008 à 13:28

Oui, bonne idée, surtout que, apparemment, ce n'est que le début de la crise ( enfin pour nous, le tiers monde lui crève depuis bien longtemps...)

Rejoindre le NPA ??


Re: par DIDIER le Samedi 04/10/2008 à 13:50

Il y a peut-etre une autre alternative avec le POI. Ne nous laissons pas guider par les média qui aujourd'hui mettent en avant Besancenot et son NPA. Il serait d'ailleurs intéressant de se poser la question: Pourquoi tant de publicité ?


Re: Quelle représentation? par Robert_Duguet le Samedi 04/10/2008 à 14:08

Je ne crois pas que les organisations issues du trotskysme, principalement le NPA de Besançenot et le POI lambertiste, puissent être en mesure de définir le cadre d’une représentation politique nouvelle anticapitaliste. Il faudra bien que les militants qui sont issus des organisations de la IVème Internationale et qui l’ont quitté, dont moi et bien d’autres, du moins ceux et celles qui ne sont pas intéressés par un plan de carrière, tirent le bilan de cette histoire. Je me reconnais dans la tradition de la 1ère Internationale, c'est-à-dire d’une organisation qui rassemble en son sein les courants qui rompent avec le capitalisme, mais qui n’a pas une doctrine achevée dans tous les domaines, pour permettre précisément cette libre confrontation des points de vue. Bref, un vrai PT… Réponse succincte mais à développer.

RD


Re: Quelle représentation? par Anonyme le Samedi 04/10/2008 à 18:09

Bon, d' accord, mais on fait quoi alors ? Une autre chapelle de plus, pourquoi pas ? Vraiment, en face, ils doivent bien rigoler, et ils ont bien raison :  ils sont unis et bien organisés pour nous entuber et piller la planète.


Re: Quelle représentation? par Robert_Duguet le Samedi 04/10/2008 à 19:34

pour ma part j'avais défendu l'accord Dolez-Mélenchon depuis l'été 2007. Ils ont choisi d'aller à Canossa devant Hamon, voir le compte rendu de la discussion relatée par "Trait d'Union" et la façon dont ils se sont rendus aux conditions d'un accord inacceptable. Tu ne peux pas évacuer la question que je pose: la motion se prépare t'elle à être la caution gauche de Martine Aubry? Il faut répondre à cette question! Personnellement je suis resté sur la position de Jean Luc dans son livre par ailleurs lumineux sur la nécessité d'aller vers un courant socialiste de gauche, un LInke à la française, c'est toujours ma position, au regard de l'évolution des partis sociaux-démocrates et socialiste français. Faire une chapelle de plus, non!. Il faut une représentation résolument socialiste au salariat, c'est impératif avec la crise financière qui inéluctablement se transformera en crise et émeute sociale. Il est tout de même attristant que Sarkozy monte en ligne pour défendre l'Etat-régulateur, remettre en cause Maastricht et faire du TCE de 2005 et du Traité de Lisbonne des chiffons de papier... pour tenter naturellement de sauver le système. Le PS est tétanisé. Que dit sa gauche? Défend-elle des mesure de nationalisation définitive contre les spéculateurs et fauteurs de crise? Contre Strauss Kahn qui défend la "nationalisation provisoire"?
Il faut un courant socialiste de gauche...
RD


Re: Quelle représentation? par Anonyme le Samedi 04/10/2008 à 20:14

LInke à la française / Il faut un courant socialiste de gauche... OK, mais encore une fois, on fait quoi ??


Re: Quelle représentation? par c morel darleux le Jeudi 09/10/2008 à 21:46

@Robert Duguet

 

Robert,

Nous avons été nombreux à nous sentir interpelés par ton message. Tu appelles à « 
une organisation qui rassemble en son sein les courants qui rompent avec le capitalisme, mais qui n’a pas une doctrine achevée dans tous les domaines »

 

Aujourd’hui, la motion F déposée par UTOPIA est la seule au PS à se prononcer clairement pour un dépassement du capitalisme, comme en témoigne le communiqué que nous avons envoyé aujourd’hui : « Les 5 autres motions déposées entretiennent l’ambiguité, le « flou » dans leurs textes : elles parlent de capitalisme financier, néo-libéral, de libre échange, de « capitalisme d’aujourd’hui »… UTOPIA demande un positionnement clair : OUI ou NON vous positionnez-vous pour un dépassement du système capitaliste ? »

 

A Utopia, nous avons beaucoup échangé avec les courants dits de la « gauche du PS » cet été, notamment celui de Jean Luc Mélenchon avec qui nous avons de fortes convergences. Et puis, nous avons soumis la possibilité d’une motion commune aux militant-es d’Utopia. Notre processus démocratique a finalement abouti à la décision d’aller à la motion de manière autonome, sans pour autant couper les ponts avec ces autres sensibilités d’ailleurs, mais pour ne pas rentrer dans le jeu des alliances ni renoncer à aucune de nos convictions. Le présent semble nous donner raison...

 

Il y a déjà quelques semaines, nous dénoncions dans nos interventions en section exactement ce que tu dénonces dans ton appel : « Quand on constate qu’à quelques jours du Conseil National du 23 septembre, qui doit entériner le dépôt des motions, les militants ne savent toujours pas qui s’allie avec qui, ni surtout sur la base de quelles orientations politiques... »

 

Le texte de la motion UTOPIA est le seul à avoir été amendé par tous les militant-es d’UTOPIA, la seule motion, donc, à avoir circulé deux semaines avant le dépôt des motions, à avoir recueilli ses signatures sur la base d’un texte consultable par tou-te-s !

 

Pour toutes ces raisons, je t’invite au nom d’Utopia à lire notre motion « socialistes, altermondialistes, écologistes » et à nous rejoindre, avec tous les camarades désireux-ses de changer de système de manière radicale, démocratique et sincère.

 

Amitiés socialistes

 

Corinne Morel Darleux, pour Utopia

Corinne..AT..distilled-art.com


Re: Quelle représentation? par Robert_Duguet le Samedi 04/10/2008 à 14:07


Je ne crois pas que les organisations issues du trotskysme, principalement le NPA de Besançenot et le POI lambertiste, puissent être en mesure de définir le cadre d’une représentation politique nouvelle anticapitaliste. Il faudra bien que les militants qui sont issus des organisations de la IVème Internationale et qui l’ont quitté, dont moi et bien d’autres, du moins ceux et celles qui ne sont pas intéressés par un plan de carrière, tirent le bilan de cette histoire. Je me reconnais dans la tradition de la 1ère Internationale, c'est-à-dire d’une organisation qui rassemble en son sein les courants qui rompent avec le capitalisme, mais qui n’a pas une doctrine achevée dans tous les domaines, pour permettre précisément cette libre confrontation des points de vue. Bref, un vrai PT… Réponse succincte mais à développer.

RD


Re: Quelle représentation? par c_berthier le Mercredi 08/10/2008 à 17:40

Cher camarade, 
tu sais bien que le je suis pour le parti multitendance que tu souhaites. En effet, il plongerait ses racines dans les statuts des sections de la premiere internationale . Qu'il faut marier unité de front et celle des débats, mieux que dans les partis dont nous avons hérités, fruits des divisions et des batailles d'appareils. L'appel "Politis" peut être une voie dans ce sens. Cela reste à prouver. Par ailleurs, la croissance de nouveaux partis "ouverts" ou l'ouverture des anciens ne semblent pas être fulgurante. La sueur, plus que les miracles semblent au rendez vous.
En plagiant Rafarin, il semble que les routes empruntées, pour droites qu'elles paraissent, montent beaucoup! 

 ce débat se poursuit dans la préparation de la réunion nationale des signataires de l'appel "Politis".
Citation:
"Parmi les composantes signataires, d'aucuns comme Gayssot, Vieu, les huistes, Coquerel, expliquent que l'enjeu est de redresser toute la gauche, PS compris et. en conséquence, nient l'existence de deux gauches. Cela revient à dire que le PS est redressable.
Et bien, bonne chance !"
Ce n'est pas mon point de vue:
Pour moi, ni le PS, ni le PCF dans leur ensemble ne sont "redressables" dans leur ensemble - Je crois que c'est le cas de beaucoup d'autres mouvements...et même d'individus.
C’est la même dualité qu'entre valeur d'échange et valeur d'usage : la dualité du capital vivant- capital mort, etc.
Du bureaucrate et de la starlette qui doivent garder la ligne pour manger:
Il y a une ligne de classe sur chaque question, par exemple entre le OUI et le NON.
Une chose est claire, depuis Marx, il y a une classe salariée, ses intérêts, ses revendications et en face et contre elle, une classe capitaliste qui vit sur le dos de la précédente, en achètent le travail le moins cher possible, si possible pour rien, par la force des armes, des institutions, du droit, des idées.
Il y a des socialistes et des communistes des gauchistes d'un coté et d'autres "socialistes", "communistes", "gauchistes" de l'autre.
Cela a été décrit par Marx dès la création du SPD.
En rester au niveau des mots ( valeur d'échange) ne mène à rien; parlons unité d'action contre le gouvernement et pour la défense du peuple contre ses "réformes", pour les revendications ( valeur d'usage). On verra bien qui est vraiment pour lutter contre Sarko...et  seulement si une perspective d'action unitaire pour gagner est avancée.

Au sujet de "l'anticapitalisme": très tôt, nos deux barbus Marx et Engels ( non, pas Spencer!) ont dénoncé l'extrême ambiguïté du terme "anticapitaliste", lui préférant "socialiste" ou "communiste" : le petit patron ruiné, le fournisseur mal payé, le petit commerçant contre la grande surface, etc . sont et se disent volontiers « anti-capitalistes » et surtout contre le « grand capital »... et dénoncé avec raison, car ensuite, tous les mouvements fascistes se sont déclarés "anti-capitalistes", pour le capital "fécond" contre le capital "rapace", etc.
Tout "anticapitalisme" n'est pas socialiste ni communiste, voire même démocratique.
j'aurai tendance à dire qu'il en est de même du mot "altermondialisme", encore pus riche d'ambiguités car étant revendiqué par les partisants "d'autres mondes", religieux ou psychotropes.



forces militantes par vandevyvere le Mercredi 22/10/2008 à 10:13

bonjour

je ne suis pas d'accord avec votre analyse

il est grand ttemps que le ps retrouve ses pensées de gauche

ett je trouve que forces milittantes et utopia sontt dans le vrai

utopia devraitt même s'allier avec la mottion c

il n'y a aucune manipulation chez marc dolez  ; il estt sincère

c'estt dommage que vous ne les soutteniez pas

bizarre

j'ai du mal à comprendre

monique


Lien croisé par Anonyme le Lundi 23/05/2011 à 17:54

Pas de collectivistes au PS « La Bataille socialiste : "Voir la Lettre ouverte aux militants de Forces Militantes et de PRS sur le site La Sociale, se concluant par:"



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