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Liberté de la presse ou encadrement de l'information ?

Les médias, la pub, le conseil politique, la sondagite aiguë et la com' politique

Par Serge Gomond • Débat • Mardi 26/05/2009 • 7 commentaires  • Lu 2892 fois • Version imprimable


Avertissement: Il n’est pas question de mettre tous les médias dans le même sac, certains sont authentiquement indépendants, et les journalistes* de ces rédactions sont d’honnêtes et vrais investigateurs, (c-à-d, qu’ils font un travail d’enquête sans concession si ce n’est qu'à la vérité). Leur travail s’apparente à un authentique exploit, car pour exercer aujourd’hui ce métier il faut avoir une sacrée dose de courage ; les autres sont aux ordres et ne méritent aucune indulgence de notre part… …on peut citer au hasard, Berlusconi, Murdoch et consorts, qui se vantent grâce à leur "empire de presse" de faire ou de défaire respectivement, les gouvernements italien ou anglais. Et d'ailleurs Sarkozy se serait fait élire en partie grâce à ses relations avec des propriétaires de groupes médias (presse écrite, radio, télés etc.), qui sont aussi à la tête d’importantes sociétés internationales.

Note: *Il leur arrive d’écrire des livres sur des sujets brûlants et leurs enquêtes sont généralement assez honnêtes.

Quelles sont les méthodes utilisées ?

Les méthodes sont issues de la pub (via les agences d’opinions), et relayées par les médias aux ordres. Et l’on distingue nettement deux méthodes (deux types de vente, puisqu’il s’agit de vendre des infos et des images). La première, réservée aux professionnels bonimenteurs, qui vantent indifféremment tel ou tel produit, c’est du vent ! Elle correspond à une période qui se situe avant la seconde guerre mondiale (grosso-modo, l’entre-deux guerres).
La seconde est axée sur des techniques de persuasion (issues en grande partie de la propagande de masse, qu’on appelle parfois "bourrage de crâne"), on manipule l’opinion, et la méthode s’adresse prioritairement à une clientèle de femmes et hommes politiques (le contenu des messages est pour l’essentiel constitué de slogans et d’"images", et ces dernières peuvent être retouchées à l'infini) aux chefs d’entreprise et aux décideurs de toutes sortes. Une variante est directement tirée de cette méthode ; dans cette variante on ne persuade pas (il s’agit toujours de propagande, mais...) on suggère, nuance !

L’actualité, quelle actualité ?

Il s'agit d’infos de complaisance, d’infos bidons (infos décriées et en réalité des non-évènements), et les ordres des dirigeants ou des maîtres du monde. Des Techniques fondamentales, telles la Suggestion et l'autosuggestion, dont les marchands de soupe (1) croient détenir "la pierre philosophale" (un "produit" qui transformerait tout en or !), et dont l'usage pourrait laisser espérer de nombreux avantages, et même plus !

Mais quel est ce produit "miraculeux" ?

Il s’agit de "com’ politique".
Elle s’accompagne généralement de son pendant, le *sondage (2), et ce sont les entreprises étasuniennes qui ont été les premières à utiliser ces derniers pour connaître les attentes supposées des consommateurs et ainsi augmenter leurs marchés. Progressivement, la frontière entre marketing et politique s’est effacée, et en 1936 le journaliste G.H. Gallup (Gallup, (3) il s'agit de la seconde méthode non-sophistiquée "la persuasion") fonde l’American "Institute of Public Opinion" en vue de l’élection présidentielle.

*Notes techniques : Les sondages d’opinion concernant les sujets politiques sont nés du développement des techniques de marketing. Aujourd’hui encore, le sondage politique d’opinion est indissociable du marketing : ce type de sondage ne représentait que dix à vingt % du chiffre d’affaires (C.A.) des instituts de sondages (qui leur sert de "vitrine"), l’essentielle de l'activité commerciale concerne les études marketing commandées par les entreprises. À ce titre il serait plus juste de les qualifier "d’entreprise de marketing et d’opinion" plutôt que d’ "institut de sondages", terme laissant à penser qu’il s’agit d’organismes universitaires ou scientifiques. Tous les sujets sont évidemment traités, et en particulier les plus porteurs comme, la consommation, les jeux, le sexe, le sport, la santé, les faits divers etc.
Fini l'art de la rhétorique ! Aujourd'hui il faut faire place nette à la com' politique...

Mais quels sont exactement ces "produits" ?

On distingue plusieurs types de "produits".

Dans la première technique (grosso-modo la période de l’entre-deux guerres mondiales), il s’agit du bagout ; peu de moyen matériel, un bonimenteur (menteur professionnel expérimenté) pour vanter de supposés mérites à tel ou tel produit de consommation courante, et au final pour vendre à peu près n’importe quoi ; mais rapidement cette méthode ne sera plus adaptée aux nouveaux moyens de communication (les nouvelles technologies).

Dans la seconde technique, beaucoup plus dangereuse pour la sauvegarde du droit à l’information, car les "produits" sont d’une tout autre espèce.

Beaucoup plus sophistiqués que celui de la première catégorie, car il s’agit de manipuler l’opinion (certains diront pour nuancer le terme manipulation, "influencer").

La clientèle potentielle (ciblée) sera adaptée aux nouveaux "produits".

Cette clientèle est exclusivement composée de personnes influentes : des décideurs (chefs d’entreprises, les fameux "capitaines" d’industries etc.) ou de dirigeants politiques et syndicaux (toutes tendances confondues).

Les produits proposés auront la même finalité que le "produit" décrit dans la première catégorie, mais "le challenge" aura changé, il s'agira de vendre n’importe quoi, mais pas n’importe comment ! La différence est de taille, car les "produits" opèrent dans les deux sens ; on surajoute au "produit" décrit dans la première catégorie des effets beaucoup plus sophistiqués et normalement plus efficaces (leur efficacité stratégique n'est absolument pas prouvée, c’est aussi ça la pub !)
On vendra de l’"image", et cette "image" sera constamment retouchée pour adhérer à l’actualité, toujours dans le soucis permanent de plus d’efficacité, (une actualité/évènement fabriquée de toute pièce) et de la "com’ politique" (le "message" ). Elles composeront l’essentiel du discours politique dont l’orientation coïncidera merveilleusement avec les "préoccupations" du moment (et correspondant aux résultats de sondages effectués par des agences d’opinion). Leur contenu ainsi que la technique utilisée s’apparente au slogan publicitaire. Les thèmes sensés intéresser prioritairement les consom… les citoyennes et les citoyens, thèmes qui "ornent" les beaux discours de ces messieurs-dames.
Il s’agit bien d’un "produit" de consommation, à une nuance près, sa fonction première réelle est de prendre en compte la vie de nos concitoyens.

Cette technique se substitue au discours "classique", fondés sur de réelles propositions et sur un programme en adéquation aux réelles préoccupations s’adressant à de vrais citoyens. Ces discours furent ringardisés (T.I.N.A. est passée par là) et remplacés par du slogan et de l’image.

Des "produits" éminemment politique, bien sûr, mais dont le rôle est d'aseptiser la politique, de la vider du réel et la rendre plus consommable !

Ceci permet de mieux comprendre le désintérêt grandissant de nos concitoyennes et de nos concitoyens pour la gente politique, de la décrédibilisation du personnel politique. Celui-ci est assimilé à un produit de consommation courante, dont on n’attend rien, et s’avère incapable de résoudre les problèmes quotidiens.

Les communicants ne sont pas à la hauteur, et n’ont aucune compétence politique, alors pourquoi sont-ils si utiles aux gouvernants en ce moment ? Aucune réponse claire ne sera apportée à la question, et vous comprendrez pourquoi.

Lorsque des spécialistes ou des conseillers (les agents d’agences de pub-communication-sondage-conseil en image (4), pensaient que les Françaises-Français donnaient l’impression de "mordre" (c-à-d, paraissaient être influencé par les nouvelles techniques de vente), et qu’il suffisait de transposer la "cuisine" (la technique) publicitaire au monde réel, en créant par exemple de l'"image" idyllique du candidat-dirigeant politique ainsi qu’un "discours-produit" (5) tiré de résultats d’enquêtes d’opinion, en imaginant que le tour serait joué, se sont lourdement fourvoyés !

Notes
(1) Il faudrait ajouter à la liste toutes les organisations et les organismes (plus ou moins secrets), qui gravitent dans les sphères du pouvoir et qui en tirent de nombreux avantages, en se faisant un maximum de fric.

(2) En France, le sondage d’opinion appliqué à la politique est apparu autour de la seconde guerre mondiale par l’entremise de Jean Stoetzel fondateur de l’"IFOP" (Institut Français d’Opinion Publique). Certains (les agents d'agences de pub par exemple) le situent juste après guerre.

(3) Il y a un fort décalage par rapport aux méthodes de "communication" actuelles, car il n’est plus question de persuasion mais de suggestion. Gallup c’est dépassé ! Gallup, c'était des techniques issue de la propagande de masse, des méthodes de persuasion et d’autopersuasion, qui étaient dans l’air du temps, et à cette époque la propagande sévissait partout dans le monde ( les nazis ont appliqué la propagande de masse via leur organisation la Reichs-Rundfunk-Gesellschaft (RRG), centrale de commandement de la radio national socialiste, la RRG, dont le siège était situé à Berlin, qui regroupait 38 stations et en composait les programmes de propagande, qui avaient un double objectif, diffuser la voix du Führer et « procurer la force par la joie ». Sous la République de Weimar, la RRG est une radio d'État dont la Reichspost a le monopole. Celle-ci, en pleine déconfiture économique due à la crise qui sévit dans les années 1920, prend l'initiative de créer des stations en faisant appel au privé). A présent, grâce aux nouvelles technologies, les techniques de marketing se sont transformées et la "com’ politique" aussi.

(4) Les agences de marketing et d’opinion ont discrètement ajouté une activité à leurs pratiques commerciales, le conseil (le "consulting" pour faire branché) et proposent des "produits" adaptés à cette nouvelle pratique (et dans cette nouvelle pratique, il est beaucoup plus clair qu’il s’agit de vendre du vent !) Il y a de grande chance que ce type de "produits", finissent de la même manière que les nouveaux produits financiers trop sophistiqués (se fut l’une des excuses avancées pour justifier les causes de la crise économique mondiale), par perturber et finalement faire crever la bête !

(5) Les thèmes abordés dans le discours des femmes et des hommes politiques seront en rapport direct avec les résultats d’enquêtes d’opinion, mais ne proposeront rien en réponse aux réelles attentes de nos concitoyennes et concitoyens. D'autre part, selon une étude récente, Il a été prouvé que de plus en plus de "sondés" refusaient de répondre aux questionnaires des enquêtes des agences d’opinion, et que ce pourcentage était tellement élevé, qu'il obérait la crédibilité de ces résultats d'enquêtes, et pouvait même remettre en cause la méthode ! Avis à la clientèle des consommatrices/teurs de résultats d’enquête d’opinion fournis par nos agences en marketing, les produits qui vous seront proposés n’auront peut-être pas la qualité de celui que vous êtes en droit d'attendre, méfiance camarades consommateurs de résultats d’enquête d’opinion !

Réécriture (rewriting) des évènements de l’histoire des peuples.

Quand les peuples se réfèrent à l’histoire réécrite, ils n’ont pas le sentiment qu’en réalité il s’agit d’une contrefaçon due à des décisions politiques (c'est aussi une grande partie de "l’information" qu'on nous est fournie aujourd'hui), il pense (à tort) qu'elle est authentique. Les seuls (1) qui pourraient émettre quelques doutes, se sont les étudiants, les chercheurs ou quelques érudits, mais que font-ils pour lutter contre ?

Les nouveaux encyclopédistes sont nos internautes !

Certains internautes, par pure provocation ou par malveillance, publient des contre-vérités sur tel événement, tel fait historique ou tel personnage, et tout le monde sait qu’il est (ou sera) de plus en plus difficile, sinon impossible de corriger (d’en corriger la portée) ces actes de malveillance caractérisée, et ces contre-vérités seront nos références de demain.

Déjà de nombreuses vraies-fausses références et informations circulent sur Internet, sans que grand monde ne s'en soucie réellement.

Dans le domaine de l’écrit, aux archives nationales ou locales (privées ou publiques), ainsi que les bibliothèques/médiathèques, font des choix pas toujours très clairs, et détruisent certaines archives dites "secondaires" ou des volumes que l’on jugent moins intéressants (puisque peu demandés et donc lus) selon des critères bien souvent fallacieux et avant tout politiques.

Certaines rééditions ne sont que des contre-façons manifestes, et bien souvent sans rapport avec les originaux. On aura compris qu'il s'agit de "compiles", dont le but réel est de faire des sous, et cette pratique n’a rien à voir avec le travail d’un honnête éditeur.

Dans le domaine de l’information ou des médias, les commentateurs actuels sont très souvent des courtisans-laudateurs, et l’interprétation de tel ou tel événement est souvent sujette à caution. Le journalisme n’a rien à voir avec ces mœurs déshonorantes.

De quels moyens disposent-ils pour asservir l’information ?

Tous les gouvernements mondiaux et les vrais décideurs de toutes les Nations, pratiquent de la sorte, mais on peut dire que les gouvernements étatsunien, chinois (2), israélien et russe (2) sont particulièrement actifs dans ce domaine, et sont sans conteste les mieux adaptés (et équipés) pour le "travail" de réécriture d'évènements de l’histoire des peuples.

Un exemple récent

Durant les derniers conflits "mondiaux" (3) en cours (rappel : il s’agissait d’anéantir en le détruisant un pays désigné à la vindicte mondiale, et pour commettre cette ignominie, une coalition de plusieurs pays (3) était formée à cet effet), et pendant toute la durée d’une période "exceptionnelle" (en fait les premières semaines du conflit) les médias étaient réduits à néant (bien souvent avec le consentement de leurs propriétaires, bien sûr), toutes les informations étaient canalisées puis filtrées, pour être ensuite substituées par d’autres, fournies par les agences de propagande gouvernementale et les officines officielles (ou officieuses) de toutes espèces, les évènements et les faits réels étaient ouvertement réécrits et adaptés à l’idéologie dominante.

Maintenant que les gens sont habitués aux conflits en cours, les gouvernants suppriment tous ce qui les dérangent et en premier lieu les images en provenance des théâtres d’opérations (là où se commettent les pires exactions).

Les pays occidentaux sont considérés comme en temps de paix (bien qu’ils se déclarent en guerre contre le terrorisme), imaginez-vous le contraire !
Suite à ces conflits (en Irak, en Afghanistan, au Pakistan etc.), le dispositif anti-terroriste et les décisions politiques qui accompagnent ce dispositif ont eu pour premiers résultats immédiats et visibles par tous de restreindre les libertés individuelles, de donnés aux juges anti-terroristes des moyens juridiques quasi illimitées, pour obtenir les résultats que l'on connaît... (lire à ce sujet "Le coup de Tarnac" de Marcel Gay, paru chez Florent Masso).

Très rapidement les dirigeants politiques et les propriétaires de puissants groupes médiatiques franchirent le pas, et prirent la mauvaise habitude de (au mieux) de tronquer ou de taire les faits réels et au pire de les transformer ( méthodes de réécriture, d’interprétation et de commentaires complaisants). Il s’agit là, d'une conception partiale de l’actualité (les médias consentent puisqu’ils sont entre les mains de financiers, le fameux "mélange des genres"). Cela ressemble de plus en plus aux méthodes développées et utilisées systématiquement par les anciens pays du "bloc communiste" et du régime nazi ou fasciste.

Notes
(1) les historiens furent à toutes les époques, soit complices, soit consentants pour des raisons de sécurité, de leur propre sécurité et de celle de leurs proches, de ces pratiques)
(2) En ce qui concerne la Chine et la Russie (ou d’autres pays), la presse y est très encadrée, ce qui ne veut pas dire qu’aux Etats-Unis où en Israël la presse ne l’est pas, mais les méthodes de contrôle des médias sont assez différentes, car il s’agit d’autocensure ou de persuasion (par exemple, si vous écrivez sur tel responsable ou telle société, au hasard, un groupe du BTP, et que (toujours au hasard) vous travaillez à télébouygues (TF1-LCI), on vous persuadera amicalement, bien entendu, qu’il n’est pas dans votre intérêt de critiquer ouvertement votre "protecteur" ou la main qui vous nourrit, sinon vous pourriez en subir rapidement les conséquences…)
(3) "mondiaux" n’est pas très approprié, car il s’agissait en majeur partie d’une coalition de pays occidentaux.

La presse et les médias :

Dans les salles de rédaction les priorités ne sont pas partout les mêmes ; tel journal ou tel hebdo tairait tel ou tel événement au prétexte qu’il n’intéressait pas les gens (Chabot, la cheftaine de l’info des chaînes publiques FR2 et FR3, en a fait une brillante démonstration (1) durant la campagne des élections présidentielles, elle en fut "récompensée" (n’a-t-elle pas le droit de faire la bise à Sarkozy ?)

Pas d’indulgence pour ce type de pratique !
Rien ne dit que dans le futur elle n’aura pas à le regretter amèrement.

Comment utilisent-ils ces moyens à la fois économiques et politiques pour "asservir" l’info ?

Un peu d’histoire, s.v.p.
Le conseil en stratégie managérial est un concept purement étasunien, c’est le système économique mondial (sauf évidemment pour les pays du "bloc communiste") qui domine à ce moment là (l’après seconde guerre mondiale et a perduré jusqu’au début des années soixante dix), il était directement issu des accords de Bretten Woods, et la France n’y avait joué qu’un rôle mineure ; le leadership étasunien était la seule référence en la matière et le suivisme politique était très répandu (aucun pays n’aurait pris le risque de l’isolationnisme), et ce, malgré de Gaulle et son goût très prononcé pour l’indépendance. Lorsque les dirigeants politiques et les maîtres de la finance nationaux, s’en attribuaient tout le mérite, on ne peut qu’être assez sceptique. Il était les vrais propriétaires de la France, certes, ils pouvaient éventuellement s’adapter (via un système de réseaux) pour mettre en relation les chefs d’entreprises (ou d’autres décideurs) avec les femmes et les hommes politiques français. Puisque ces derniers avaient d’énormes commandes à passer (entre autre, dans le cadre du plan Marshall), ils devenaient tributaires des uns et des autres (et par la suite les chefs d’entreprises devenaient leurs obligés...), et les gouvernants étaient des entremetteurs, moyennant une commission de X % sur toutes les transactions (en général elle tournait autour de 10%), et de ce fait les moyens économiques étaient évidemment énormes, rien n'est trop cher ni trop beau dans ce domaine (l’image et la com’politique), car il s’agit de pigeonner les gogos !

Quel est le rôle réel des femmes et des hommes politiques ?

Les techniques d'escamotage : Ce fut de tout temps une priorité permanente qu’exécutèrent fébrilement (dans l’ombre à l’abri des regards indiscrets) les vrais décideurs et les maîtres du monde, la pratique de ces techniques d'escamotage s'opère par petites touches successives et continues (on mêle des mensonges aux faits réels), de la réécriture d’évènements historiques (les évènements fabriqués n’entrent pas dans cette catégorie, puisqu’il sont "fabriqués" de toutes pièces), où les faits réels sont revus et corrigés pour correspondre à l’idéologie du moment (l’idéologie que choisissent les maîtres du monde, bien entendu). Les gens du commun n’ont pour référence que cette réécriture permanente de leur propre histoire (les étudiants, les chercheurs etc. peuvent à loisir se documenter dans les bibliothèques misent à leur disposition, mais la "réalité" réécrite ne colle pas aux résultats de leurs travaux).

Ainsi va le peuple dit "souverain" (peuple alibi) (2), vers un oubli total de sa propre histoire.

Et les vrais décideurs, discutent de ce que seront les évènements à venir (ils s’agit des ordres qu’ils donnent), et surtout quelle idéologie sera la mieux adaptée à leurs propres intérêts. Le peuple n’aura rien à redire, il devra s’exécuter sans rechigner. Tel est son avenir.

Qui sont les acteurs de cette mascarade mondiale ?

En France, c’est "le tout Paris", des femmes et des hommes politiques, des journalistes, des stars, les barons des grandes entreprises ou des sociétés multinationales. Ce fut durant les "trente glorieuses" (pas "glorieuses" pour tout le monde, loin de là), que se développèrent à l’échelle mondiale les réseaux d’obligés et les méthodes affinées pour mettre en relation le monde de la finance et le monde politique, via les lobbyistes (des groupes très structurés, des agences de pub, des agences d’opinion ou autres officines).

Ils se réunissent en organisant des "fêtes" ou plus discrètement dans des endroits privés. C’est durant ces rencontres que se construisent ou reconstruisent (et aussi déconstruisent) les "contacts", réseaux d’"amitiés" et d’influences (multiples, diverses et variées) se rendant indispensable (on peut ajouter les réseaux d’obligés) les uns des autres, du grand patronat, des membres du gouvernements, des politiques (toutes étiquettes confondue) etc.

Ils (les méthodes décrites ici et les résultats escomptés) sont plus que jamais les ingrédients de la vie politique actuelle, et sont importés directement des Etats-Unis. Pour illustrer ces lignes, on peut citer cette phrase : «… ils (les dirigeants politiques et les décideurs) contribuent à faire entrer la France dans le siècle de la communication… », tout est dans le "ils contribuent"…

Quel est le mode de fonctionnement ?

Là même où le modèle de direction (centres de décision, structures et organisations) bien que surannés, perpétue l’emprise sous le commandement d’un chef, d’un leader etc. On déresponsabilise les personnes dépendantes des décisions d’un leader, elles obéissent et rendent des comptes, mais en aucun cas ne contestent les ordres ! (en complément lire ou relire l’article : « Axiome de base. "Le centre directeur est devenu maintenant occulte : on n'y place jamais plus un chef connu, ni une idéologie claire." (axiome extrait de « Commentaires sur la société du spectacle »), paru sur ce site.

(1) Il s’agissait de taire une affaire concernant le maire de Neuilly (Sarkozy), dont le sujet était l'octroi de certains avantages sonnants et trébuchants via une manœuvre illicite avec la complicité d'une promoteuse immobilière locale. A l’époque elle avait déclaré à des journalistes travaillant dans ses rédactions et un peu plus scrupuleux qu'elle : « ça n’intéresse pas les Français ! »
Un candidat aux élections présidentielles commet un détournement, et ça n’intéresserait pas les Français !
(2) On peut tout aussi bien dire "peuple virtuel", puisqu’il n’est sollicité qu’un jour tous les cinq ans, par exemple lors des élections présidentielles.

PS : Sous le règne sarkoziyen, l’indépendance de la presse est largement remise en cause, et le contrôle permanent de nominations de responsables médias publiques et de journalistes (qu'elles soient dans les rédactions publiques ou privées) se multiplient, et Sarkozy s’implique directement dans ce jeu de dupes. (les dupés ne sont pas toujours ceux qu’on croit !)


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Commentaires

Appel du 7 juin par Anonyme le Jeudi 28/05/2009 à 11:40

L’appel du 7 juin

 

Après le 7 juin il est aisé de deviné ce qui va se passer. Suite à leur déconvenue électorale les partis politiques, vont s’empresser de faire cause commune, en faisant l’impasse sur ce fiasco prévu par les plus clairvoyants. Les nouveaux théoriciens de la défaite vont se multiplier et feront florès avec presque rien, du vent, et déclareront qu’il n’y a pas grand chose à faire, qu’hélas l’ordre établi s’en est encore une fois sorti indemne etc. Discours lénifiant teinté de marxisme pour les uns, de penseurs merdiques et de philosophes sur le retour pour les autres. L’ignorance sait qu’elle n’a rien à dire ! Nous, nous savons ce qu’il nous reste à faire !


Re: Appel du 7 juin par Anonyme le Jeudi 28/05/2009 à 11:55

errata :
première ligne, il faut lire : Après le 7 juin il est aisé de deviner ce qui va se passer. et non : deviné


Re: Appel du 7 juin par Serge_Gomond le Dimanche 07/06/2009 à 21:49

Sarkozy fait passer sa défaite pour un plébiscite, l’arrivée de son parti en tête du peloton des perdants ne peut évidemment pas donner le change, alors ils (les dirigeants de l’ump) appellent les autres perdants à faire front commun pour sauver les institutions républicaines ; en fait il s’agit de sauver les apparences.

C’est ce qu’on appelle une fuite en bon ordre, pour sauver la face.

C’est un signe excellent, leur 5e République ne s’en remettra pas !

bravo à tous les abstentionnistes, c’est un sans faute !

Passons vite à la suite…


Il est possible d'etre plus précis par c_berthier le Lundi 01/06/2009 à 18:14

Dans ces colonnes, nul ne contestera que l'emprise du capital financier est totale sur le capital usinier et qu'il dispose d'un accès privilégié aux réseaux financiers des états. 
Supposons un pays P du sud-est asiatique, sortant d'une longue guerre, victime d'un exode rural vers les metropoles et disposant d'une main d'oeuvre nombreuse, bon marché et alphabétisée par son régime socialiste. Ce pays est peu endetté et semble disposer de réserves petrolieres.
Un plan financier "macro" est élaboré par la Banque Mondiale. Ce plan comprend un volet media pour attirer les investisseurs, les touristes, les fournisseurs d'equipements. Des "protocoles" de financement sont répartis entre les principales puissances politiques et financieres.
Ce volet media inclut le financement, la production et la diffusion mondiale de plusieurs films avec des acteurs de bonne renomée.
Ce plan prévoit la rénovation des infrastructures de telecom, aéroportuaires, hotelières, énergétiques...Les principales agences de presse y renforcent leurs réseaux, Cimenteries, sucreries...et raffineries ( of course) , etc sont construites .

Il ne s'agit pas de Madagascar dont un projet de financement de 5 milliard de dollars avait eté "monté"...et auquel il a toujours manqué quelques signatures. 
Espoir : de petites sociétés pétrolieres "défrichent" le potentiel pétrolier de la Grande Ile. A quand un film "malgache" avec Catherine Deneuve?

Le "monde politique" et le lobbying sont des marchés pour les agences de communication telles que Publicis, Havas, etc. Ce marché est "segmenté", des "plans media" ( business plan) sont construits et les personnalités approchées en fonction de ceux-ci. 
Si des patrons français se plaignaient dans un récent hebdo à bon tirage de ne plus avoir de "communication" avec les dirigeants socialistes, parions qu'ils ont été concurrencés par des influences plus puissantes et plus internationales, plus européennes ou autres. Pure hypothèse.


nouvelles des premières lignes par Serge_Gomond le Jeudi 03/09/2009 à 07:30

Article paru dans « le Canard enchaîné » à la date du – mercredi 2 septembre 2009, dans la rubrique  « VITE DIT », en page 8. 

Au Bristol, « annexe de l’Élysée », « hôtel du pouvoir », Sarkozy, qui peut vite faire le déplacement à pied, ne vient pas seulement déguster son plat favori, « les macaronis fourrés artichaut, truffes et foie gras » « La nouvelle Pravda /Le Figaro », 27-O8-09) : il « reçoit aussi régulièrement, dans les salons privés, son mystérieux " premier cercle", nom donné depuis la présidentielle de 2007, aux 400 plus gros donateurs ump. Grâce à leur généreuse cotisation annuelle (entre 3000 et 7500 euros), ils ont le privilège d’avoir Sarkozy "rien que pour eux" le temps d’un dîner. Le 17 juin dernier, ils étaient encore là, comme au temps de la campagne. Les Dassault, Bolloré, Pinault, Bouygues, les pdg d’Andersen Worlwide ou de Montpensier France. »

On se pince pour se convaincre que ce n’est pas un gag. Ou une caricature.  


Re: nouvelles des premières lignes par Serge_Gomond le Vendredi 04/09/2009 à 22:39

Cet article (les commentaires ne sont pas tristes non plus) de Marie Bénilde paru sur le site du "Monde Diplomatique"et qui vaut son pesant de cacahuètes !
A lire donc.

Intermarché, préfet raciste, grippe A : les rouages de l’info-communication

11 commentaires Version imprimable

mercredi 2 septembre 2009, par Marie Bénilde

Retour sur un été d’intense communication gouvernementale où l’on a pu voir le président de la République présenter un plan anti-bonus de moralisation du capitalisme, le ministre de l’éducation, Luc Chatel, se rendre dans un hypermarché pour dialoguer avec de fausses clientes, un ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, se refaire une virginité médiatique en suspendant un préfet et une ministre de la santé, Roselyne Bachelot, multiplier les discours de prévention contre le grippe A pour se vacciner contre toute contamination médiatique...

Table des matières

  • La démission du reporter devant le communicant
  • Le spectacle de la moralisation des banques
  • Le préfet raciste et le panache blanc du ministre
  • La vaccination par la surcommunication contre la grippe A

Est-elle tout à fait terminée cette affaire de figurants à Intermarché appuyant, en vue de la rentrée scolaire, la communication du ministre de l’Education nationale, Luc Chatel ? C’est à craindre. Malgré les propos du porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, le 23 août à Frangy-en-Bresse, accusant Intermarché et Luc Chatel de « complicité » et de « magouilles », la page semble bel et bien tournée pour la plupart des médias. Ne saura-t-on donc jamais la réalité à propos de cette claque organisée de toute pièce par une douzaine de figurants arrivant ensemble en voiture à l’hypermarché et repartant de la même façon ? Tout, pourtant, inviterait à enquête et à reportage.

Mais, non, il faudrait sans doute se contenter d’une vérité de façade, d’une info-communication en quelque sorte.

Rappelons brièvement les faits : le 17 août, le porte-parole du gouvernement qui se trouve être aussi ministre de l’Education, se rend dans un Intermarché de Villeneuve-le-Roi (94) en compagnie d’Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au commerce, pour mettre en avant « Les essentiels de la rentrée ». Si vous n’avez jamais entendu parler de cette opération, rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e). Il s’agit d’une pure manœuvre de communication montée par le ministère pour tenter de faire passer dans l’opinion l’idée que le gouvernement contrôle les prix, mieux qu’il agit pour faire baisser ceux des articles essentiels au cartable de l’écolier. Ca ne vous dire toujours rien ?

Eh bien, ça évoque quelque chose à cette cliente apparemment hélée au passage par le ministre :

 Luc Chatel : « Est-ce que vous connaissez l’opération les Essentiels de la rentrée ? »
 La cliente : « Il y a les essentiels et aussi les avantages de la carte au niveau d’Intermarché... C’est vrai que l’ensemble fait des prix intéressants. » (voir la vidéo sur Rue 89)

Au passage, le téléspectateur peut constater que cette séquence s’apparente à une double publicité clandestine : pour le gouvernement et pour Intermarché.

On connaît la suite. Libération a révélé que la cliente en question était en réalité une conseillère municipale d’une commune UMP de Vulaines-sur-Seine, située à 47 kilomètres de là et qui se trouve être parallèlement comptable à Intermarché. Le groupe de distribution s’est donc empressé de venir au secours du ministre ou de son cabinet accusés d’avoir organisé de toute pièce cette opération de manipulation de l’information (une opération de recours à figurants du même type avait coûté son poste à Olivier Stirn, le ministre du tourisme en 1990). Dès le 19 août, Intermarché affirmait donc publiquement par voie de communiqué « avoir pris l’initiative d’inviter un certain nombre de (ses) salariés à l’occasion de la venue des ministres dans l’un de ses magasins à Villeneuve-le-Roi ». Ce qui permit aussitôt à Luc Chatel de se dédouaner en « condamnant fermement » le « procédé » du distributeur. Une initiative qui, ajoutait-il, « me choque car elle est à l’opposé de mes convictions et de mes pratiques ».

Dont acte. On se retrouve donc avec un ministre outragé, une enseigne de distribution penaude et des médias se satisfaisant, pour la plupart, de cette version.

La démission du reporter devant le communicant

Il reste pourtant à relever que cette histoire soulève encore pas mal de questions. Pourquoi d’abord, pas un média audiovisuel privé n’a pointé les cafouillages de cette opération de communication sur les prix qui sautaient pourtant aux yeux des reporters (des figurantes bien habillées investissant le rayon « fournitures scolaires » avant de repartir aussi sec en remettant en place les articles) ? Peur de déplaire à l’annonceur Intermarché ? De déjouer les rouages d’une communication politique ? Panurgisme devant le « prêt à communiquer » ? Pourquoi ensuite prendre la version d’Intermarché, fruit d’une contre-offensive sans doute conjointe entre le ministre et le distributeur, pour argent comptant ? Le New York Times qui a consacré la Une de son site et un article à cette affaire semble plus circonspect.

Pourquoi in fine accepter qu’on ensevelisse cette opération de communication clandestine démasquée par quelques reporters de France Inter et de France Info sous une autre forme de manipulation assurée par Intermarché ? Pourquoi exclure la piste politique alors que tout porte à croire qu’Intermarché et le cabinet de Luc Chatel ont agi main dans la main pour cette entreprise médiatisation des « Essentiels de la rentrée » ?

D’autant que le recours à des militants UMP n’est pas exceptionnel chez Sarkozy. Le 6 juin, à l’occasion de la commémoration du débarquement avec Barack Obama, le public scandait devant les caméras "Nicolas, Nicolas" et conspuait le maire socialiste de Caen, Philippe Duron. Normal : il avait été drastiquement sélectionné dans un espace sécurisé auquel donnait accès… la carte de l’UMP. En atteste un tract de la Fédération du Calvados qui remercie 500 militants qui s’étaient déplacés ce jour-là.

On connaît la propension du Président à maîtriser l’agenda médiatique. Elle consiste le plus souvent à mettre en scène son action en réagissant à l’actualité. Ce qu’on ne savait pas encore, c’est que cette super-production incessante nécessite désormais le recours à des figurants.

Le spectacle de la moralisation des banques

Un exemple de cette scénarisation en a encore été donné cet été avec l’intervention du chef de l’Etat sur les bonus des banques, qui faisait suite à la révélation d’une provision d’un milliard d’euros réalisée par BNP-Paribas pour rémunérer ses traders. A la fin août, la parade était toute trouvée : les banques devront étaler sur trois ans les versements, les deux tiers de la somme étant payée en différé pour tenir compte des résultats ; ce qui permet l’instauration de malus en cas de contre-performance. Mieux, BNP-Paribas accepte de diviser par deux sa provision pour bonus. C’est ainsi que Sarkozy a pu à nouveau brandir sa posture de moralisateur du capitalisme. Avec le soutien apparent des grandes banques françaises.

Mais quelle crédibilité accorder à cette théâtralisation de la puissance de l’Etat ? Les banques s’aligneront parce que celles qui ne joueront pas le jeu seront évincées des mandats publics ? On sait bien que cette situation n’est pas tenable dans un système financier mondialisé : il peut être plus intéressant pour les banques de retenir des traders qui leur assureront des profits en conservant les règles actuelles. Sarkozy se fait donc fort d’imposer une improbable réforme du fonctionnement du capitalisme au G20. Mais après tout, qu’importe s’il n’y arrive pas : il a aura quand même pris au passage son gain d’image. C’est tout bonus...

Le préfet raciste et le panache blanc du ministre

Autre épisode d’info-communication cet été. La suspension du « préfet raciste » Paul Girot de Langlade. A l’origine, une sombre affaire de portique de sécurité à Orly où l’homme aurait déclaré « On est où là, on se croirait en Afrique » et « De toute façon, il n’y a que des Noirs ici ». Depuis, il nie cette version et affirme au Parisien que les caméras de sécurité attestent qu’il n’a « rien dit sur la couleur de peau des agents » et qu’il aurait déclaré « Avec une gestion pareille on se croirait en Afrique ». Comme dans l’affaire des paillotes brûlées du préfet Bonnet, il y a dix ans, il convient sans doute de ne pas s’arrêter au micro-événement et de regarder ce que cache cette médiatisation en forme de lynchage.

De même que l’affaire Bonnet marquait en réalité la démission de l’Etat en Corse, cette histoire insignifiante qui ne révèle au pire qu’un habitus plein de morgue et d’arrogance - sociale ou raciale – dissimule une vérité politique plus dérangeante : comment Brice Hortefeux, un ancien ministre de l’immigration, qui a accepté de remplir ses quotas de traque aux sans papiers, veut se refaire une virginité médiatique à la Place Beauvau. Car on sait aujourd’hui que Paul Girot de Langlade n’a été « suspendu » que pour la forme après avoir terminé sa mission pour les Etats Généraux de l’Outre Mer. L’ébullition médiatique entretenue autour de cette histoire est surtout venue de la célérité avec laquelle le ministre de l’Intérieur l’a récupérée en se montrant d’une sévérité exemplaire estimant qu’il ne tolèrerait « jamais que des propos racistes soient tenus dans notre pays ». Rappelons que le préfet a déjà été relaxé en appel pour des propos véhiculant des clichés hostiles aux gens du voyage quelques années plus tôt.

La vaccination par la surcommunication contre la grippe A

Enfin, comment ne pas voir un effet d’« info-com » dans les multiples annonces faites autour de l’épidémie de la grippe A (lire « Psychose de la grippe, miroir des sociétés » dans Le Monde diplomatique de septembre). Si on ne sait pas au juste quelle sera l’ampleur de la maladie, on sait aujourd’hui quelle restera gravée dans les annales comme une grande opération de communication. La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, ne se contente pas d’ouvrir son parapluie pour se prémunir contre tout scandale d’impréparation façon sang contaminé. Elle entretient aussi l’idée que le gouvernement sait faire face, qu’il a pris les devants face à une éventuelle pandémie. Ce dernier « en fait-il trop ? » s’est interrogé la presse.

On pourrait tout aussi bien poser la question aux médias qui, à écouter les médecins, se font les fidèles relais d’un plan anti-catastrophe alors que la perspective d’un sinistre majeur est encore à démontrer face à un virus qu’il paraissent pouvoir maîtriser. En attendant, la grippe A a bon dos : elle permet d’éviter de braquer les feux de l’actualité sur une rentrée où manqueront les enseignants – 13 500 suppressions de postes – comme les personnels de santé. Quant aux entreprises, elles sont invitées à se prémunir contre la grippe A en explorant de nouveaux champs qui pourront se révéler féconds par la suite : télé travail, prêt de main d’œuvre, assouplissement des conditions de travail dans la prise de congés et de RTT… Voire plans sociaux si les perspectives de reprise économique tant augurées par les médias pendant l’été - au nom de la spéculation boursière – ne se confirme pas... Ce sera la faute à la grippe A !

Pendant ce temps, alertée par le virologue américain Tom Jefferson [1], la presse allemande nous apprend que l’OMS a changé sa définition de la « pandémie » et elle s’interroge pour savoir si ce ne serait pas dû aux laboratoires pharmaceutiques qui la financent. Le 28 août, une note de l’OMS révèlent en effet que la grippe A a tué au « moins 2185 personnes » dans 177 pays alors que 5000 Français meurent chaque année, directement ou non, de la grippe classique. Mais désormais, il ne suffit plus de « nombreux morts » pour déclencher une pandémie. De grosses ventes de vaccins sont dans la balance...

Notes

[1] Voir à ce sujet Arrêt sur Images du 28 août 2009

11 commentaires sur « Intermarché, préfet raciste, grippe A : les rouages de l’info-communication »

Chataîgne :

2 septembre @14h19

grippe A : les rouages de l’info-communication

Sur ce sujet de la grippe A, je suis surpris de voir avec quel manque de discernement les médias nous en parlent à longueur de temps. Cela me fait penser à la grippe aviaire, à la vache folle, au SRAS et autre peurs millénaristes...

Les journaux, la presse, la télévision, ou le Web... on a l’impression d’être surinformé sur la grippe A, et au bout du compte on se rend compte qu’on ne sait rien. C’est comme si les médias avaient intérêt à entretenir une crainte irrationnelle et irréfléchie qui, comme un protège-bouche, masque d’autres peurs véritables (chômage, insécurité, appauvrissement...)

Nobo :

2 septembre @15h47  

Il manque à votre recension l’Affaire de la Burqua et la non-affaire, au sens où elle n’a pas fait les gros titres, de l’Aftonbladet...

Yvan :

2 septembre @16h45  

Nous en sommes revenu là où était une France qui essayait de percevoir une parcelle de vérité au travers de la censure vichyssoise, là où étaient les pays du bloc de l’est quand ils essayaient de lire les non-dits de la Pravda.
Nous regardons les JT à l’affût des accidents de discours, comme la litanie sur les casseurs de Pujada, cassée par Xavier Matthieu, dans une sous-préfecture encore fumante, ou comme ce passager qui au sortir d’un avion se jette sur un micro pour dire que la grippe A c’est une grippe comme une autre, devant les caméra et surtout un ministre médusé (Dominique Bussereau), venu pour montrer la détermination sans faille du gouvernement français pour lutter contre cette "catastrophe planétaire", ou encore plus récemment Ségolène Royale, qui de Poitiers, a su se jouer du décalage de son du direct, en interdisant au présentateur intérimaire de poser les habituelles questions de personnes, et continuant imperturbable à délivrer le message qu’elle désirait faire passer.

Dr Maboul :

2 septembre @17h07  

Les peurs irrationnels sont des avatars divins qui ont toujours servis à manipuler les masses.

Hier, on avait peur que le ciel ne nous tombe sur la tête, heureusement on avait nos druides pour nous protéger.
Aujourd’hui, on a peur de chopper la grippe A, heureusement on a Roselyne pour nous sauver.

A propos de l’Info-Com’ de Sarkozy sur les Banques. Un fait qui moi me choque particulièrement et montre à quel point la chanson de Dalida ("Paroles, paroles, paroles") décrit bien la politique de notre président :
L’état pour sauver la BNP a pris 17% du capital de la banque, en en devenant le principal actionnaire, mais n’a pourtant envoyé personne le représenter au conseil d’administration (source : http://www.etiennefillol.fr/blog/in...). L’état possède des moyens capitalistes (capitalisme d’état certes) de faire quelque chose, mais il s’en abstient.

Alors, elle où la volonté de moraliser le capitalisme là ????

Et pour le plaisir, on pourra revenir sur la censure d’Hadopi par le conseil constitutionnel à la suite de laquelle Albanel a déclaré un peu partout que le conseil avait validé 90% de la loi... Totalement faux, le conseil constitutionnel avait analysé 10% de la loi qui lui ont suffit à la rejeter et n’a pas regardé le reste. Pour continuer en chanson, comme dirait Zebda : "Il ment, il ment, le gouvernement".

Plus récemment un petit mensonge de Bockel sur l’occupation des prisons en France qui pourrait passer pour une erreur de calcul (article du nouvel obs. subtilement modifié par le journal qui n’a gardé que le pourcentage et pas trouvable dans le cache google... mais je les avait noté alors je vous les donne ) :
"62.420 détenus pour 51.000 places soit 106% de taux d’occupation"...
Si on calcul ça fait 122% . Il aurait pu truquer plus subtilement quand même, là c’est hyper facile à vérifier.

En tous cas, félicitations, bonne article. Je regrette juste que n’ait pas été évoquée la comm. faite autour du malaise présidentiel qui elle aussi vaudrait le coup d’être analysée par un oeil critique.

 

2 septembre @17h28  

La nullité à la une ! Comme il ne se passe rien que l’insipide quotidien du fascisme ordinaire franchouillard, mesquin, cupide et gavé de suffisance stupide, on invente des intrigues minables qui n’intéressent que ceux qui en encaissent les droits d’auteur ... Morne époque, triste spectacle, ennui profond qui voudrait cacher la vraie misère d’un monde en décomposition : REVOLUTION !

Jean-François :

3 septembre @12h43  

Avez-vous remarqué le maquillage de Roselyne quand elle vient nous parler de la méchante grippe à la télé ?

douard :

3 septembre @17h15  

tout d’abord je tiens à souligner la justesse des propos de Dr maboul concernant la représentation de l’Etat dans les CA des banques sauvées il y a quelques mois. Ensuite je envie de commenter une des phrases de l’article : Pourquoi d’abord, pas un média audiovisuel privé n’a pointé les cafouillages de cette opération de communication sur les prix qui sautaient pourtant aux yeux des reporters.
La réponse est évidente et se résume en deux questions :
A qui appartiennent les groupes de presse privés ? Amis ou ennemis du gouvernement en place ?

Je laisse chacun se faire sa propre idée (sic)

Sam de Lyon :

4 septembre @03h12  

Concernant cette fameuse grippe A, je rejoins entièrement l’avis général. On nous désinforme plus qu’on nous sur-informe cependant. En effet, tout est dit, n’importe quel idiot du village pourrait se questionner autour d’un sujet : le journaliste lambda est-il pertinent en tant que scientifique ou médecin ?

La somme des informations que je qualifierais de médicales autour de la "pandémie" (qui n’en aurait pas été une l’année dernière au même mois, dixit Jefferson) est gavée d’erreurs. Lisez l’article de Jefferson dans Der Spiegel, il vaut vraiment le coup :

http://www.spiegel.de/international...

A savoir aussi, le Tamiflu, est souvent nommé anti-viral ce qui est une autre aberration puisqu’un anti-viral est, à mon sens, le traitement qui empêcherait le virus d’agir. Faux, le Tamiflu agit sur une protéine et réduit, en théorie, la progression du virus dans l’organisme. A savoir aussi que le labo qui le produit est un labo Suisse, de là à ce qu’il y ait un lien fort avec l’OMS, à vous de vérifier. De plus, le Tamiflu est considéré par de nombreux scientifiques comme inutile et même dangereux en comparaison aux effets secondaires. A lire, l’article suivant :

http://www.mondialisation.ca/index....

Avec ça, on comprend une chose, ce traitement a été créé pour lutter contre la GRIPPE AVIAIRE, et il est précisé qu’il ouvre la possibilité à des recherches sur de futurs anti-viraux pour d’autres grippes, donc, sous entendu, il ne fonctionne que pour le H5N1...de là à penser qu’on nous vend du vent, il n’y a qu’un pas !

Tout ça pour dire qu’il y a là un gros coup médiatique, mais aussi financier de la part du labo qui possède le brevet, des fabricants de matériels type gants, masques, sur-chausses, etc. ...

A cela j’ajouterais la propension des médias à se délecter de tels sujets, sans vérifier la moindre information, sans aller chercher ailleurs. On ne nous a pas parlé des révélation de Tom Jefferson en France dans les grands médias. Bref, il y a une véritable jouissance des médias dans la création d’un sentiment collectif de peur et dans la proposition d’une offre rassurante par la suite. on nous promet de la peur mais on nous vend du réconfort et des certitudes.

Allez, moi je vous laisse, il faut que j’aille me laver les mains !

David :

4 septembre @13h46  

Le gouvernement, ne pouvant plus, dans une époque où l’hyper présence des médias et des nouvelles technologies de communication est manifeste, cacher la vérité comme pouvaient le faire les gouvernements d’un autre temps, s’efforce avec plus ou moins d’habileté de remplacer la vraie réalité par une réalité artificielle. Je dirais que c’est la spécialité de ce gouvernement et du président Sarkosy, qui ne peut exercer le pouvoir autrement étant donné son incapacité à obtenir un consensus réel dérivant d’une action politique sérieuse, efficace, au service de l’ensemble des citoyens (et non d’une minorité).
Quand on fait de la politique de pacotille, il est normal de communiquer en maquillant la vérité pour la faire paraître plus belle. Ajoutons à cela le pouvoir de l’image relayé par les écrans de télévisions qui sont de formidables prismes déformants du réel, on comprend pourquoi la politique est un perpétuel plateau de cinéma. Nous le savons, et nous continuons à plébisciter les acteurs qui ont le plus de talent (quoi de plus normal au cinéma !) aux dépens de ceux qui ne jouent pas et dont on entend point parler.

Un autre point intéressant que vous relevez est l’hyper communication des membres du gouvernement, notamment sur le cas de la grippe A. Tous les jours, en ce moment, et depuis que l’épidémie a fait son apparition, il y a quelque chose à dire sur ce sujet, ce qui a pour conséquence de détourner une partie de l’esprit des suppressions de postes en l’occupant en permanence à penser à autre chose.
Quand il n’y a pas de cas d’épidémie, l’autre technique est de bombarder le citoyen d’informations, d’occuper en permanence la scène médiatique en entretenant les potins journalistiques. Et malheureusement ce sont ces potins-là qui occupent outrageusement les principaux médias, et non pas l’information sérieuse traitée par des journalistes sérieux (je parle de ceux qui traitent de politique et/ou de sujets de sociétés graves et qui ne confondent pas objectivité et neutralité, cette dernière devant être dure à supporter à la longue) tels que ceux du Monde diplomatique ou autres.

Afshin :

4 septembre @14h00

Intermarché, préfet raciste, grippe A : les rouages de l’info-communication Afshin

À lire sur le sujet sur le site du quotidien helvète “Le Temps” un papier intitulé :

« Le G20 bégaie face aux banques

Les coups de gueule de Nicolas Sarkozy sur les bonus et les admonestations de la chancelière Angela Merkel aux banques si grosses « qu’elles peuvent faire chanter les Etats » cachent mal la réalité : un an après la faillite de Lehman Brothers, les Etats ne sont guère avancés dans leurs travaux pour éviter une répétition de la crise. [°°°] »

Ainsi que dans la foulée l’éditorial intitulé “Le G20 joue sa crédibilité face aux banques”.

Jeune pas content :

4 septembre @18h55

Trop d’années à analyser ces gouvernements, ces médias, ces banques, cette oligarchie, on sait comment ça marche... mais nom de dieu, faut un plan d’action maintenant, et les foutre à terre


Lien croisé par Anonyme le Mardi 06/04/2010 à 22:44

Un journaliste Anglais:”Il faut à tout prix stopper le groupe Bilderberg “ - Vig : "n ou anglais. Et d'ailleurs Sarkozy se serait fait élire en partie grâce à ses relations avec des propriétaires de groupes médias (presse écrite, radio, télés etc.), qui sont aussi à la tête d’importantes sociétés internationales.Note: *Il leur arrive d’écrire des livres sur des sujets brûlants et leurs enquêtes sont généralement assez honnêtes.Lien : http://la-sociale.viabloga.com/news/liberte-de-la-presse-ou-encadrement-de-l-information"



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