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28 ans après Malik Oussekine, Rémi Fraisse victime du régime...

...Autoritarisme politique, social et policier… Hollande, Valls et parti socialiste, dernière béquille de la cinquième république

Par Jacques Cotta • Actualités • Mardi 28/10/2014 • 1 commentaire  • Lu 1881 fois • Version imprimable


L’histoire est terrible. Elle rappelle Creys-Malville et la mort de Vital Michalon ou encore la rue Monsieur le Prince et l’assassinat de Malik Oussekine. L’histoire parfois se répète en farce. Parfois en tragédie. Ici ce sont les ingrédients du drame qui dominent. Alors qu’il manifestait sur un terrain où rien ne justifiait le moindre affrontement, Rémy Fraisse est tombé sous le choc d’une grenade de la gendarmerie nationale, faite pour tuer. On partagera ou pas les raisons pour lesquelles ce jeune de 21 ans est allé manifester. Là n’est pas la question. Ce sont les conséquences, les réactions politiques, les postures et l’orientation qui en découlent qui méritent notre attention.

Du président de la République au premier ministre en passant par le parti socialiste, le pouvoir actuel s’affirme comme un concentré de toutes les tares de la cinquième république. Plus rien ne sépare dans les faits les gouvernements passés de celui qui aujourd’hui sévit. Comme ceux d’hier il n’y a d’issue sans rejeter celui d’aujourd’hui !

Il y a d’abord la politique d’ensemble qui est menée, au détriment de tout respect de la souveraineté populaire qui a voté pour l’inverse de ce qui est fait. De « mon ennemi c’est la finance » prononcé dans la campagne présidentielle par François Hollande on est passé au « socialisme de l’offre » qui privilégie sans vergogne le capital au détriment du travail.

Il y a ensuite les scandales à répétition dont la cinquième république est friande.  Avec le gouvernement Hollande Valls on innove. Les socialistes nommés à des postes de responsabilité, notamment dans le domaine économique et financier, se succèdent au hit-parade de la fraude du fisc. Après Jérome Cahuzac il y a eu Thomas Thévenoud. La rivalité est engagée avec l’autre pilier de la cinquième république moribonde, l’UMP, en la personne du président de la commission des finances à l’assemblée nationale, Gillez Carrez qui a « oublié de déclaré l’ISF » auquel il devrait être assujetti « depuis 2011 ». Les mêmes évidemment tombant d’accord pour réclamer « plus de discipline budgétaire » et « plus de rigueur » au détriment de la grande masse des français. Ainsi sur les « retraites », sur les allocations familiales, sur la pression fiscale dont ils s’exonèrent et qu’ils réservent aux citoyens sans retenue…

Il y a enfin la gestion totalement anti démocratique de l’état, le déni de démocratie et la négation de la souveraineté populaire. Depuis 2005, depuis que le peuple français a dit « non » au référendum sur la constitution européenne, depuis que le parti socialiste et l’UMP ont fait rentrer par la fenêtre ce que le peuple avait rejeté par la grande porte, pas un jour sans que la majorité socialiste ne se prosterne devant l’union européenne, allant jusqu’à accepter de soumettre les décisions qui relèvent de notre seule souveraineté au bon vouloir de Bruxelles et de conditionner l’adoption de notre budget par exemple à l’autorisation de l’Union Européenne.

Il manquait au gouvernement Hollande-Valls un drame emblématique d’une politique rejetée par la grande majorité. Avec Rémy Fraisse ce manque est tragiquement comblé. Et le drame actuel s’inscrit dans la grande lignée de ceux qui ont marqué la cinquième république.

Répondant à la presse, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve a laissé entendre dans un premier temps que ce manifestant avait peut-être bien recherché ce qui lui était arrivé. Qu’allait-il faire dans cette galère ?

Là encore, l’histoire se répète, et si l’évènement n’était si tragique, ce serait en farce. Après la mort de Malik Oussékine, en 1986, j’étais parvenu à m’introduire dans la caserne de CRS qui se soir là, rue Monsieur le Prince, était chargée « d’assurer le maintient de l’ordre ». Pour le tournage d’un document qui sera diffusé un peu plus tard à « Edition spéciale » sur France 2, je rencontrais plusieurs membres de cette compagnie, assistais à leur entrainement, et recueillais le témoignage d’un des acteurs principaux de cette soirée macabre qui déclarait : « Après tout ce jeune, il avait de l’asthme, il était malade, alors qu’est-ce qu’il faisait dehors ? Il a bien cherché ce qui lui est arrivé… ». A la finesse prés, le propos rappelle celui du ministre de l’intérieur actuel.

En réalité la cinquième république acculée n’a d’autre ressort pour résister et se maintenir que celui de la « fermeté ». Aujourd’hui à l’encontre de manifestants contre le barrage de Sivens, hier contre les ouvriers de Peugeot qui refusent les licenciements et la misère, demain…

Dans la continuité de la cinquième république, le parti socialiste s’affirme comme le parti godillot du régime. Il y a les frondeurs bien sûr. Mais dans leur fronde, ils permettent à la politique de Manuel Valls d’être votée en se contentant de s’abstenir. Après le pacte de compétitivité, après le budget de la sécurité sociale? La fin du CDI, la précarité généralisée, la destruction des services publics, les coupes sombres dans les salaires, les pensions, la politique inaugurée par la Troïka dans le laboratoire grec…

Autoritarisme social, autoritarisme politique, autoritarisme policier dégagent une cohérence qui donne toute sa signification aux faibles réactions qui aujourd’hui se font jour au sein du parti au pouvoir. Le président du conseil général du Jura par exemple, Christophe Perny, qui appelle à la « désobéissance » face à la politique « inefficace » de Manuel Valls soulignant à juste titre que cette politique « inefficace économiquement et politiquement installe comme alternative possible le front national et marine Le Pen ».

Tel est bien le risque. Il ne servira à rien de chercher dans « la mentalité française » les causes du désastre. Ce sont les partis traditionnels, le parti socialiste en tête, par la politique qu’il mène, qui prépare la catastrophe.

 

Jacques Cotta
Le 28 octobre 2014

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Commentaires

L’Etat est violent, sinon il n’y a soit-disant plus d’Etat ! par Serge_Gomond le Mercredi 29/10/2014 à 16:03

L’Etat est violent, sinon il n’y a soit-disant  plus d’Etat ! (La droite l’exprime différemment, quand par exemple elle cite le non-respect des lois, des groupes ultra-violents, etc., etc., etc. … Sinon ce serait "la chienlit" bien sûr, cette chienlit si chère "à mon général") l’Etat tue, et deux fois plutôt qu’une les guerres de l’ex (le mafieux hyper-actif) les rétro-commissions (en fait de vulgaire pot-de-vin) de l’affaire Karachi-Balladur-Sarkozy, (qui ont coûtées la vie à quatorze personnes (11 employés et 3 accompagnateurs) pour gaver Balladur-Sarkozy) et la liquidation du clan Kadhafi par barbouzes interposés, la guerre en Côte d’Ivoire pour placer les intérêts des amis de l’ex, les guerres du Mali et (énième) d’Irak (mais la liste n’est hélas pas exhaustive !…), personnellement je n’ai pas voulu traité ce "sujet", (beaucoup par respect à la famille pour ce crime d’Etat, ou assassinat assumé par la clique au pouvoir) parce que des pourris s’en sont servis pour surfer sur la mort d’un juste (les pires de tous étant "le normal" et "l’ex"), qui avait dédié sa vie à une cause autrement plus juste que toutes les peccadilles qui se vautrent de manière obscène derrière ce qualificatif !… Alors cher Jacques, j’avais peur quand tu as décidé de traiter le sujet, mais tu as su ramener les choses à leurs justes valeurs et éviter cette immonde récupération politicarde… bien à toi serge gomond  



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