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Crise totale

samedi 15 janvier 2022, par Jacques COTTA

Emmanuel Macron a donc décidé « d’emmerder les non vaccinés jusqu’au bout ». Cette petite phrase ne peut être assimilée à un écart de langage, un emportement incontrôlé. Publiée dans une ITV lue et relue par l’Elysée, elle exprime une volonté qui dépasse de loin le premier degré.

  • → Concernant des millions de français, elle indique les valeurs profondes qui animent le président de la république : autoritarisme, mépris, violence, vulgarité. Il est un semeur de trouble, un organisateur de conflits, de pagaille...
  • → Il résume ainsi sa conception selon laquelle « le devoir prime sur le droit », et expose sans retenue le point de vue commun à toute dictature.
  • → Il indique que tout ce qui n’est pas avec lui, obéissant, discipliné, soumis doit être rejeté, quitte à liquider la citoyenneté.

Mais cela, c’est l’écume visible au dessus de la marée Covid. Et Macron aimerait bien que le débat soit cantonné notamment à la gestion de l’épidémie, histoire de transformer si possible l’élection présidentielle en élection covidentielle.

Macron est en si mauvaise situation qu’il préférerait un débat sur le déni de la loi, sur les limitations de libertés, sur les atteintes à la démocratie, sur ses incohérences, plutôt que sur les questions qui touchent directement les Français dans leur vie quotidienne. Car cela est explosif.

Alors que l’épidémie Omicron se développe et que les pouvoirs publics tentent de dramatiser toujours plus pour poursuivre sur le registre de la peur, préalable à la servilité et la soumission recherchée, le moment de faire les comptes approche.

  • → La générosité du « quoi qu’il en coûte » va se révéler être une arnaque de grande ampleur.
    En effet pour des milliers de PME ou de TPE, l’heure du remboursement d’un nombre d’aides importantes va sonner. Ce qui a été accordé aura juste permis de différer une échéance impossible qu’entrepreneur, petits patrons, artisans ou simples salariés vont être appelés à honorer. Macron aura évité lors des « premières vagues » une cascade de faillites , même si un nombre important d’entreprises dans plusieurs secteurs ont déjà mis la clé sous la porte. Mais la souffrance liée non au Covid seulement, mais au système lui-même, n’aura été que différée.
  • → La question du pouvoir d’achat est centrale.
    Bruno Lemaire pour donner l’impression que le gouvernement s’en occupe devrait annoncer un relèvement du taux d’intérêt du livret A de 0,5 % pour atteindre à partir du mois de février 1 %. Mais avec une inflation à 3 %, c’est une perte de 2 % qu’il entérine. Et il ne sert à rien de prendre les Français pour des cruches, ils voient, comprennent et savent compter… 
  • → Le pouvoir craint la situation au plus haut niveau.
    Les reculades de Blanquer face aux enseignants et aux parents qui allongent les queues devant les pharmacies pour faire tester à répétition leurs bambins en témoignent. Ce gouvernement est incompétent, incohérent, et pleutre dés lors qu’un affrontement se dessine.

Les sondages n’ont qu’une valeur relative, mais donnent une tendance. Les derniers publiés indiquent une baisse très importante de la confiance accordée à Macron, notamment dans son électorat traditionnel et dans la tranche des 40-50 ans. La faiblesse du pouvoir n’a d’égal que celle de ses opposants. Un climat d’incertitude s’installe.

Dans cette situation, ce qui manque à notre pays est le rassemblement de citoyens décidés à construire une nouvelle formation politique authentiquement socialiste, capable de mener le combat pour une France républicaine, démocratique, sociale, laïque et souveraine, engagée sur un programme permettant de conjurer la catastrophe en marche.

Jacques Cotta
Le 15 janvier 2022

Messages

  • "Dans cette situa­tion, ce qui manque à notre pays est le ras­sem­ble­ment de citoyens déci­dés à cons­truire une nou­velle for­ma­tion poli­ti­que authen­ti­que­ment socia­liste, capa­ble de mener le combat pour une France répu­bli­caine, démo­cra­ti­que, sociale, laïque et sou­ve­raine, enga­gée sur un pro­gramme per­met­tant de conju­rer la catas­tro­phe en marche." dites-vous, mais comment réaliser tout cela dans le carcan de l’UE.
    La Souveraineté (nationale, monétaire, populaire, etc.) est la première condition (pas la seule bien sûr !) pour qu’un peuple puisse choisir de mettre en oeuvre les mesures qu’il estime bonnes pour son avenir.
    Vous savez bien que le "droit européen" limite fortement notre Souveraineté sauf bien sûr dans les domaines accessoires et surtout qui ne touchent pas au "grisbi" de l’Oligarchie.
    Ceux qui, candidats à la magistrature suprême, ne nous proposent pas clairement la sortie de l’UE, de l’Euro, de Schengen, de la CEDH, de CJUE, de l’OTAN et autres carcans sur lesquels le peuple français n’a jamais été consulté, sont bien des imposteurs.
    Ne nous laissons plus duper ou alors tant pis pour nous !

  • Je ne prétend pas avoir suffisamment de connaissance de l’histoire et de la politique pour argumenter sur vos positions, que je partage souvent d’ailleurs.
    Cependant, à 3 mois des élections, je ne pense pas qu’il soit contestable que le seul candidat « de gauche » qui ait une chance d’accéder au second tour est Mélenchon.
    Je pense aussi qu’après la crise sanitaire, la crise des gilets jaunes, une bonne partie de la France est au bord de l’explosion, et qu’une nouvelle mandature du capital serait désastreuse à bien des égards.
    Il me semble que si l’on est de gauche, en avril, avec enthousiasme ou à contrecœur, il faudra voter JLM.

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