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Vous avez dit « souveraineté » ?

par Denis COLLIN, le 26 juin 2020

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La sou­ve­rai­neté réside essen­tiel­le­ment dans la nation : voilà ce que dit notre texte fon­da­men­tal. La sou­ve­rai­neté est indis­so­cia­ble des droits des citoyens, les­quels sup­po­sent au moins qu’ils sont égaux en droit. Tout se tient.
Il parait qu’il s’est fait un grand ras­sem­ble­ment de sou­ve­rai­nis­tes der­rière un homme qui se veut giron­din et proud­ho­nien. L’affaire fait grand bruit. Si on est proud­ho­nien, on est contre l’État, et je vois mal com­ment l’antié­ta­tisme peut coha­bi­ter avec l’idée de sou­ve­rai­neté qui sup­pose un pou­voir au-dessus duquel il n’est aucun pou­voir.
Mais pas­sons. Peut-on être « sou­ve­rai­niste » et accep­ter l’union euro­péenne ? Que je sache le sou­ve­rai­niste Chevènement ne demande ni la sortie de l’euro, ni la sortie de l’UE. C’est un sou­ve­rai­niste d’opé­rette, ce que confirme son sou­tien réi­téré à Macron.
Pourquoi au lieu de créer un nou­veau média — qui n’est qu’une com­pi­la­tion d’arti­cles sans projet poli­ti­que — pour­quoi ne pas appe­ler plutôt à un mou­ve­ment pour la sortie de la France de l’UE et de l’euro, avec des comi­tés de base dans chaque ville de France ? Parce que, sur un tel projet, les « vedet­tes » média­ti­ques n’accour­raient pas. J’ai des amis qui croient qu’ils seront mieux enten­dus parce que leurs écrits parais­sent dans la revue de Michel Onfray et Stéphane Simon. C’est une erreur : pour être entendu, il faut s’adres­ser au peuple, aux gens « d’en bas », dans des comi­tés de base, pas dans des revues et sites inter­net faits pour accueillir des stars poli­ti­ques vieillis­san­tes et qui ne feront qu’inté­res­ser les médias en mal de « bêtes iden­ti­tai­res » à pour­chas­ser. Se reven­di­quer du popu­lisme sans le peuple, c’est assez étonnant.
Pour être sou­ve­rai­niste, pas seu­le­ment en parole mais en acte, il faut aujourd’hui défen­dre les droits démo­cra­ti­ques et donc mobi­li­ser le peuple de ce pays contre la sup­pres­sion du droit de mani­fes­ter que pré­pare le gou­ver­ne­ment Macron (qui a, rap­pe­lons-le, le sou­tien de Chevènement). Il faut se mobi­li­ser aux côtés du per­son­nel soi­gnant, contre la pour­suite de la réforme hos­pi­ta­lière. Il faut se mobi­li­ser pour la rup­ture avec la dis­ci­pline bud­gé­taire de l’UE et agir pour un front unique pour la défense des sala­riés et des indé­pen­dants. Bref agir pour l’unité dans l’action avec les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les telles qu’elles sont.
Faute d’orga­ni­ser ce lien entre mou­ve­ment social et reven­di­ca­tion de la sou­ve­rai­neté, le pré­tendu sou­ve­rai­nisme lais­sera, comme d’habi­tude, le champ libre aux euro­péis­tes quand vien­dra l’heure des échéances.
En jan­vier 2019, nous avions fait une pro­po­si­tion de col­lec­tif natio­nal pour la sou­ve­rai­neté et la jus­tice sociale qui com­men­çait à ras­sem­bler des mili­tants et notam­ment des mili­tants « gilets jaunes ». Plusieurs des par­ti­ci­pants ont pré­féré conti­nuer leur petite cui­sine dans leurs peti­tes cas­se­ro­les. Dommage. Un ami écrit qu’il est bien monté sur le bateau de Michel Onfray mais avec son propre sac. Mais dans un bateau, ce n’est pas le sac du pas­sa­ger qui déter­mine la direc­tion et le pro­chain port, mais l’homme qui tient la barre… et l’arma­teur.
Répétons donc : il faut un ras­sem­ble­ment popu­laire, sur les reven­di­ca­tions popu­lai­res, avec les orga­ni­sa­tions popu­lai­res pour orga­ni­ser la rup­ture avec l’UE, la sortie de la France de ce « machin » et le reprise du droit de battre mon­naie.
Le vieux Caton ter­mi­nait chacun de ses dis­cours par « Carthago delenda est ». Prenons l’habi­tude de répé­ter : « L’Union euro­péenne doit être détruite ».
Denis Collin. le 25 juin 2020

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